Surprise !

Je vous avais promis une petite merveille découverte dans un minuscule village de Lomagne, merci de votre patience, mais je pense que vous avez bien fait d’attendre. tournesols

Bon, j’ai compris, la Lomagne, vous ne connaissez pas… un petit coin de notre France, où les vallons sont tout en douceur, les tournesols ensoleillent le paysage en été (et cette année, nous en avions bien besoin !), des champs, des prés, des bois, et des villages perchés, ici un château en ruine, là un autre en restauration, de vieilles halles superbes dans les villages. En gros, la Lomagne est une région du nord-est de la Gascogne, entre Gers et Tarn et Garonne. La « capitale » historique en est Lectoure. Voilà pour les curieux qui cherchent toujours des précisions, et ne se contentent pas de leurs yeux… quoique, j’avoue, ce n’est pas vraiment de la précision ! Or donc, entraînés par des amis un bel après-midi d’août, nous voici arrivant dans un de ces villages perché sur sa colline : un château, bâti sur des rochers, et autour quelques maisons, beaucoup de fleurs, le tout bien joli mais un peu endormi en ce jeudi après-midi.

Accueillis par un (gentil) épouvantail qui nous montrait la direction de l’église, nous contournons les murailles du château, jetons un coup d’œil dans la cour, et arrivons sous le porche de l’église.

Jusque là tout va bien, pas de surprise, juste la belle pierre blanche, quelques briques, des travaux de restauration, une grande porte en bois, usée, mais solide, et là…

… là, le choc ! Nous nous retrouvons au milieu de dorures, de marbres en trompe-l’œil, dans une église qui ressemble davantage à un théâtre à l’italienne qu’à un lieu de culte, s’il n’y avait pas ces statues, la chaire, ce lutrin, cet harmonium… une belle bannière de Saint Quiterie dans l’étage, et tout autour de nous ce décor baroque époustouflant. L’histoire dit qu’elle existe depuis le XIII° siècle, qu’elle était réservée aux Templiers, donnée ensuite aux seigneurs vicomtes de Lomagne et d’Auvillar, qu’au XV°, lors de la guerre de 100 ans, le village a été détruit puis reconstruit autour du château dont la chapelle devient l’église paroissiale, et en 1761, les frères Goulard, l’un curé, l’autre vicaire, décident de doter leur église d’un décor baroque, et ce, grâce à un important héritage paternel.  Ils confient la direction et l’exécution des travaux à Maraignon dit Champaigne, menuisier ébéniste de Lectoure. Décor terminé en 1776. Les deux frères sont d’ailleurs toujours présents (mais je ne sais lequel est le curé et lequel le vicaire) :

N’est-ce pas que le détour valait la peine ? Et que vous avez bien fait d’attendre ? Comment ? Je ne vous ai pas dit le nom de ce merveilleux village ? Tout simplement Lachapelle. Et c’est dans le Tarn-et-Garonne. Je vous donne même un lien, beaucoup plus précis que toutes mes explications : http://tourisme.malomagne.com/fr/a-voir/sites-et-patrimoine/eglises-chateaux/documents/eglise-lachapelle.pdf . Lachapelle_3562C’est une association qui a sauvé cette église, qui la restaure, « les amis de l’église de Lachapelle », et il y a toujours quelqu’un pour répondre à vos questions, ou tout simplement pour se réjouir de votre surprise devant cette découverte ! Si un jour vous y emmenez des amis vous aussi, ne leur dites rien de ce qui les attend, et vous continuerez à être heureusement surpris ! On se retrouve bientôt, pour d’autres découvertes de mon été à la campagne… (merci à l’office de tourisme de Lomagne, sur le site duquel j’ai « volé » trois photos, mais merci, un graaand merci, à Corinne et Philippe de nous avoir fait découvrir ce lieu !)

Epouvant’ail ? ou épouvant’aulx ?

Ou aussi : l’été à la campagne, 3 !Lachapelle21août14_3483

Quelle belle journée, ce 21 août… un grand, un énorme « merci » à Corinne et Philippe. Comme lorsqu’on nous dit « venez nous voir, cet été », nous n’avons pas pour habitude de résister longtemps… nous voilà donc partis à Saint Clar de Lomagne (32, le Gers). Saint Clar, nous connaissions : le musée de l’école, les couverts un peu partout dans le village, la plaçote, la halle, les maisons en belle pierre blanche. D’accord, hors saison, pas très animé, ce gros village… Mais hier, ouh la !, que de monde ! C’était jour de fête, la fête de l’ail. Comment ?, vous ne connaissez pas l’ail de Saint Clar ? Grande lacune. Mais on va réparer ça, car l’ail, je vais vous en montrer sous toutes ses formes. Peau, épluchures, tête, gousse, tresse, compositions, l’ail est l’occasion dans notre région (Cadours, Saint Clar, Beaumont de Lomagne, et autres villages gersois) de belles fêtes, avec bandas, concours, grande bouffe ou repas gourmand (l’un n’excluant pas l’autre d’ailleurs), marché festif, bref, l’occasion de rencontres et de sourires.

Je commence par le village : la halle et son « beffroi », les couverts, l’église, la médiathèque, les maisons, le musée de l’école…

Et comme ce 21 août était jour de fête, il y avait du monde, des couleurs, une banda, et… de l’ail ! Il y avait même, sur un coin de marché, une belle troupe d’oies .

Ail blanc, ail violet, en tresses, en vrac, en sac, et surtout en compositions époustouflantes… regardez bien, ces œuvres sont faites uniquement avec l’ail, sa peau, ses épluchures, des mois de travail, et au bout, peut-être, une récompense, un prix. De « Léa se brosse les dents » à la reproduction de la halle de Saint Clar avec son marché du jeudi, en passant par l’illustration d’un conte « Jean de l’ail » (créée par des enfants), le pont du Gard, ou la découverte de l’Amérique…

Saint Clar, voilà déjà un joli bourg à découvrir. Mais il y a aussi les alentours, petits villages perchés au sommet d’une de ces collines à l’arrondi si doux, anciens châteaux cachés dans les arbres, plus ou moins remis en valeur… Et en faisant le tour de ces villages, en été, vous pourrez découvrir « la ronde des épouvantails ». Rivalisant d’imagination, d’ingéniosité… Sur la place de Saint Clar, c’est le groupe des notables du village qui vous attend. Dans le joli village d’Avezan, un robot vous accueille, et au bord du chemin, vous rencontrerez un jardinier, un pêcheur, une cueilleuse de pommes, et… le château, comme un théâtre, avec sa scène, ses coulisses, et une belle pelouse pour vous assoir… imaginez, un soir d’été, la chaleur se fait douce, les projecteurs s’allument, et un troubadour chante sous la fenêtre d’une dame… et soudain, la grande porte du château s’ouvre, et….

… et ce n’est pas fini ! Mais je continuerai plus tard, avec une merveilleuse découverte pas très loin de Saint Clar, et croyez-moi, il est des trésors bien cachés dans les plus petits de nos villages. A nous de savoir les trouver, les faire découvrir, comme l’ont fait hier Corinne et Philippe pour nous. Avezan21août14_3495Alors… suite sur une prochaine page ! Ce magnifique chat « avezien » ou « avezanais » (?) vous invite à un peu de patience…

Dans mon jardin d’été…

Même si cette année l’été c’est un jour oui un jour non, le calendrier l’affirme, nous sommes bien en été ! Et dans le jardin, l’herbe est bien verte pour un milieu de mois d’août, mais c’est plus agréable, reconnaissons-le, qu’une herbe presque sèche et marron-beige. Après un petit temps d’hésitation, comme si elles aussi se demandaient si on était bien en été, les fleurs ont finalement décidé que oui, et se sont remises à éclairer tout ce vert… de la véronique bleu foncé presque violet aux roses roses ou jaunes, de la sauge de Jérusalem au « soleil » annonçant le prochain automne, des fuchsias à l’ombre du rosier refuge des oiseaux à la nouvelle véronique rose mauve, des framboisiers aux althæas,

… des insectes butinant et parfois saupoudré de la tête aux pattes de pollen à celui caché, allez savoir pourquoi, sous les aigrettes d’un pissenlit, de la discrète coccinelle au papillon colibri ou au criquet prenant son bain de soleil dans l’althæa, chacun s’ingénie à apporter sa couleur, son bourdonnement, sa vie tout simplement dans notre petit univers…

sans que pour autant notre nouvelle pensionnaire en soit dérangée pendant sa sieste au soleil !10août14_3406

Même l’orchidée dans mon bureau resplendit, et m’offre son bouquet !16août14_3412

L’été à la campagne, 2

L’incontournable visite pour les hôtes vacanciers de notre Mathusine, c’est bien sûr le château de Laréole (« l’été à la campagne, 1 »). Mais pas seulement ! En repartant de Laréole, par exemple, vous prenez la direction de Brignemont, petit village perché sur sa colline. Et si vous venez de Toulouse, vous suivez une belle route de crête, avec (si vous avez de la chance…) tout au fond de l’horizon, au-delà de la campagne gersoise, les Pyrénées ! Si, si, ça m’est déjà arrivé de les voir, et elles sont superbes… il est vrai que cet été, c’est difficile, vu ce temps en zig zag. Donc, écrivais-je, vous allez vers Brignemont.moulin de Brignemont_3354 Et avant le village sur votre droite (si vous venez de Toulouse), ou après et donc sur votre gauche (si vous venez de Laréole), surprise, un moulin, un vrai, avec ses ailes, ses voiles, son toit qui tourne, son meunier qui vous explique (avec le bon accent, pas celui des présenta-trices/teurs de la télé) le pourquoi, le comment, quand, où, et quand vous repartez, au bout de plus d’une heure car on a du mal à partir, vous n’aurez plus qu’une envie : trouver un vrai vieux moulin, le remettre en état et partager votre passion avec les heureux vacanciers qui vous rencontreront ! Parce que c’est de passion qu’il s’agit, et c’est sa passion que vous fait partager (et avec quel enthousiasme, quel humour, quel bonheur !) le meunier.

Je ne vais pas essayer de rivaliser avec le dépliant que vous pourrez trouver dans tout bon office de tourisme de la région… mais, pour celles et ceux qui ne sont pas ici, sachez que c’est d’un monument historique qu’il s’agit. Non, pas le meunier, le moulin ! Car ce moulin est là depuis 1740, rénové en 1856 par Favarol et fils l'ancienne roue_3374, classé en 1991, il a été restauré par son actuel propriétaire. Et  depuis 1996, le moulin tourne au gré du vent, écrase le blé, et produit une farine à l’ancienne, non pas pour la vente, mais pour le bonheur des touristes qui ont osé s’arrêter pour regarder cette merveille : un vrai moulin, dans une vraie campagne !

Des ailes, sur l’armature desquelles, dès le matin, le meunier grimpe pour hisser les voiles. Et regrimpe le soir pour les baisser, les rouler, et les empêcher de tourner pendant la nuit… Souvent, les visiteurs participent à cet exercice, et les enfants ne sont pas les derniers ! Avant, bien sûr, il aura regardé d’où vient le vent, pour faire pivoter le toit (plus de 10 tonnes) avec le gouvernail et le cabestan, et orienter les ailes (16m d’envergure, 4 tonnes…) face au vent. Aujourd’hui, avec ce beau vent d’ouest, tout cela doit joyeusement tourner, et la farine doit couler bien rapidement dans le bac…

Mais on ne se contente pas de regarder « du dehors ». Non, à Brignemont, on visite tout, du sol au plafond, et on participe à tout ! Bon, vous n’aurez pas à monter les sacs de farine jusqu’à l’étage… mais vous devrez grimper les 27 marches taillées dans du chêne, des marches de 1740, c’est dire si le bois est solide ! Et là haut, c’est un ouvrage spectaculaire qui nous attend : le rouet, l’énorme arbre des ailes, la meule courante, la meule dormante, tout cela entrainé, tournant dans de beaux craquements parfois inquiétants, surtout les jours de grand vent…

Et le petit cheval, redécouvert sous un tas de sacs, de paille, lors de la restauration du moulin rythme tout cela au pas, ou au trot, ou encore plus vite, selon la force du vent. Et la farine tombe dans son bac… vous n’avez plus qu’à remplir votre sac en papier, recopier la recette du pain, rentrer chez vous les yeux et les oreilles éblouis, et faire votre pain !

C’est ainsi, il est des lieux bien cachés, dans nos campagnes, qu’il faut savoir trouver, qu’il faut vouloir découvrir, des hommes passionnés qui vous feront aimer d’anciens métiers, devenus de nos jours tellement aseptisés que l’on en oublierait l’odeur du blé, de la farine… Si vous venez dans ce coin, tout proche du Gers mais encore en Haute-Garonne, je vous en prie, faites le détour, allez à la rencontre du moulin de Brignemont, ( www.moulindebrignemont.com ) et je suis certaine que vous ne le regretterez pas !

L’été à la campagne, 1

Me revoici… la folie du mois de juillet est passée : le festival est fini pour cette année ( http://www.festivaldansespourtous.fr , et aussi sur Face Book ),  la maison familiale s’est peu à peu vidée de ses vacanciers « juillettistes », peut-être que quelques aoûtiens auront la bonne idée de venir, on verra bien ! Ces passages sont pour nous, pour moi, l’occasion de faire découvrir les richesses de notre campagne à la famille, aux amis. Et parfois l’occasion de nouvelles découvertes ! Il est un lieu que je ne me lasse pas de visiter, de faire visiter, c’est le château de Laréole, à quelques kilomètres de notre maison. Oh, il n’a pas la grandeur historique des châteaux de la Loire, ni leur majesté ! Mais depuis notre arrivée ici il m’a attirée, émerveillée, même lorsqu’il était en ruine ou presque. Les enfants y ont joué, alors qu’il semblait complètement abandonné, envahi d’arbres, de taillis. Et puis, un jour… des travaux ont commencé. Classé à l’inventaire des Monuments Historiques, restauré par le Conseil Général, ce n’était plus « notre » château secret, mais… il était sauvé ! Tant pis pour les folles histoires imaginées, nous avons dû revenir à l’Histoire. Que l’on se promène dans le parc désormais civilisé ou dans les salles rénovées, l’imagination n’a pourtant pas disparu, car il reste encore beaucoup de pièces à ouvrir… les sous-sols, les cuisines, le deuxième étage… Et même dans le château, ce cabinet de travail continue à m’intriguer, malgré les explications des jeunes guides érudit-e-s qui désormais vous proposent des clés pour connaître le pourquoi et le comment de ce monument.

le château_3205

Château de Pierre de Cheverry, lieu de villégiature, construit par l’architecte Dominique Bachelier de 1579 à 1582, c’est à l’origine un château Renaissance, en forme de bastion, un grand carré, quatre tours, château de défense, dont l’aspect sévère est adouci par l’alternance de brique rouge et de pierre blanche. Défensif, peut-être, mais dès qu’on entre dans la cour, on oublie les bouches à feu et les canonnières pour admirer le logis, et surtout la coursière, d’où devaient rêver les dames en regardant les spectacles donnés dans la cour…

En été, d’ailleurs, des spectacles ont lieu chaque samedi et dimanche, cirque, théâtre, danse, musique, dans la cour, sur les espaces verts, dans le bois attenant, dans les fossés recouverts de gazon où les enfants roulent dans de grands cris de joie… Des expositions « meublent » les salles du château, les chambres de monsieur et de madame, les antichambres, les galeries, chaque année apportant une nouveauté. Cet été, c’est une exposition retraçant « un siècle d’art en Haute-Garonne (1880-1980) », peintures, sculptures, tapisseries.

Spectacles gratuits, visites et entrée libres ou guidées, ce petit bijou mérite vraiment une halte sur le chemin des vacances. Dans la salle de réception la cheminée grandiose vous surprendra, dans les chambres et antichambres les plaques de cheminées retrouvées attendent dans un âtre une nouvelle flambée…, les carrelages des sols, récupérés dans le château et remis en état, les vues sur la coursière ou sur le parc au travers des vitres incitent à la tranquillité, dans l’antichambre de madame de Cheverry les statues se lovent sous un cadre renaissance, et l’escalier monumental espère retrouver sa fonction d’escalier emmenant les amis dans les pièces à vivre familiales…

Et lorsqu’on sort de ces salles (on ne visite que le premier étage, l’étage de réception), lorsqu’on quitte le château par son beau portail où l’on devine les chaînes du pont-levis, on retrouve la nature, domestiquée mais pas trop, le verger, les grands espaces plongeant vers le Gers avec les Pyrénées tout au fond, le superbe platane plus que centenaire… on ne peut qu’avoir envie de prolonger la visite en se promenant tout autour de ce château accueillant, en dépit des vestiges des couleuvrines ici et là !

Plaisir d’autant plus multiplié que, pour venir jusqu’au château, au hasard de votre route, dans les champs, vous avez eu les yeux tout ensoleillés par les couleurs des tournesols…

Aujourd’hui, on a rêvé d’ailleurs…

Entre deux orages, nous sommes allés faire un tour en Afrique, au festival « Wassa’n Africa » dans le parc de Launac. La pluie avait un peu fait fuir le public, les commerçants avaient pour la plupart plié boutique…
Quand nous sommes arrivés, les Arts SonneuRs frappaient leurs tambours, et les touareg semblaient étonnés des tenues style « ethnico-tribal » du groupe, tout droit sorties d’un film de SF genre après fin du monde ! Il faut avouer qu’il y avait de quoi être étonné, raphias pendouillant, cornes de vache sur le chapeau, les trois filles tapant sur des os (en plastique…), cuirs, bois et plumes en veux-tu en voilà, colliers de toutes tailles, bref, ça faisait vraiment Afrique de BD

Dans un coin tranquille, un tisserand faisait son métier de tisserand, à ses côtés un joueur de cora grattouillait pensivement ses cordes en discutant avec lui, petit moment de nostalgie…

Chez les commerçants qui n’avaient pas eu peur de l’orage, les bijoux de pacotille, perles, bois, s’amoncelaient, les vêtements avaient là aussi un air « ethnicotribal », et j’ai cherché en vain un vrai vieux bon boubou pour remplacer un des miens qui commence à rendre l’âme… visiblement, ce n’est plus la mode, quel dommage, on y est si bien ! La prochaine fois que je vais à Paris, je vais faire un tour au marché St Pierre acheter du tissu africain pour le coudre moi-même. Par contre, les tenues bleues des touareg sont toujours aussi lumineuses, même sous le ciel gris !

Finalement, nous sommes rentrés sans avoir entendu Lamine Cissokho, qui s’installait sur l’estrade, mais vraiment un orage s’annonçait à nouveau et nous n’avons pas eu le courage de le braver…
dans le parc de Launac_6-07-2014

Un moment un peu magique, des images dépaysantes, mais tout ce petit monde africain n’a pas troublé la sérénité du parc et de son petit ruisseau…

festival estival…

« Vous chantiez, j’en suis fort aise. Eh bien, dansez maintenant ! »… C’est l’été, les cigales crissent dans les acacias, et même si ce ne sont pas les mêmes que celles de Provence, c’est  bien le signe que l’été est là. Et bien souvent, qui dit été dit festival. Bon, d’accord, cette année, les festivals risquent fort d’être très (ou pas très mais un peu tout de même) perturbés. Et sincèrement, je comprends. Mais point n’est besoin d’aller courir les gros festivals pour que les vacances soient belles et bien faites côté découvertes ! Déjà, pour les familles, il est difficile, à moins d’écorner de façon honteuse son budget, de pouvoir assister à pas mal de spectacles, concerts, que ce soit du classique ou du contemporain, du théâtre ou de la musique. Mais il y a tout de même, dans nos campagnes, des festivals où tout le monde trouve sa place, en famille, en bande, entre amis, ou seul, et qui vous offrent la qualité, le plaisir des découvertes, sans vous bousculer. Tenez, cette fin de semaine, dans le superbe parc de Launac (31330), le festival Wassa’n Africa, vous parle de l’Afrique comme si vous y étiez ! Dépaysement assuré ! Et pour… des spectacles, des ateliers et jeux en accès libre ! Seuls certains stages sont payants (2 stages de percussions). Surtout n’hésitez pas à venir, c’est près de Blagnac, de Toulouse, de Montauban.

Et à partir du 14 juillet, jusqu’au 20 juillet, les danses et musiques du monde seront à l’honneur à Galembrun (31330 Launac), avec le festival « Danses pour Tous ».

Depuis 2010, le festival a grandi… Les Oignons ont participé à la première édition, puis Sarah Avril, Alexia Martin, Maria Robin, les Smocky Eyes, La Chispa, Azulenca et Marie-Soledad Del Cerro, Zou, OC 3, Gustavo Gomez, Guillemette Silvand-Baffert, Lawa Aboubacar, Samara Hilal, Antoine Depuychaffray, (et je dois certainement en oublier, qu’elles/ils me pardonnent) ont participé à ce festival.

Cette 5° édition vous propose de venir rencontrer Simona Jovic, Chahera MC, Julien Vardon, Caroline Achouri, Valérie Romanin, Esmii, Valding, Les Oignons, Ibtissem, Kamel Bala, qui vous aideront à découvrir danses du monde, derbouka…

Du lundi au samedi, danses tziganes avec Simona Jovic ( http://www.simonajovic.com ), mais aussi du lundi au dimanche, chaque après-midi vous propose une nouvelle danse : la danse Gwo Ka, la danse Kalbélia, les claquettes, les danses tribal fusion, le flamenco aux pieds nus, les danses orientales, et un stage de découverte Derbouka.

Chaque soir sera une nouvelle fête, avec des spectacles en entrée libre : deux séances de cinéma, du jazz New Orleans et claquettes, des rencontres en danses du monde, des danses et musiques tziganes, des danses orientales.

Des animations chaque jour pour les enfants (et les parents, s’ils le souhaitent !) avec Julia Bock de « Designers en herbe », des moments bien-être avec atelier de Qi Gong (S. Santa Cruz) et massages (Mon Heure à Moi). Restauration tous les jours (midi et soir le lundi 14, soir du 15 au 19, midi le 20) sur la place. Les pâtisseries des soeurs Bala, pour le plaisir des yeux et du palais, sans oublier les superbes tatouages au henné. Et bien sûr, comme chaque année le concours « Beaux-Arts », sur le thème des tziganes cette fois.

Et comme le premier jour de ce festival est le 14 juillet, ce sera un « bal trad » ce soir-là sur la place avec Valding ( http://www.myspace.com/valdingbaltrad ), bal pour lequel vous pourrez apprendre quelques danses au stage de 19 heures (1 € le stage !!!!!).

Une nouveauté cette année : deux marchés de créateurs, lundi 14 et dimanche 20 juillet, avec des artisans venus de la région, parfois d’un peu plus loin, pour exposer (et vendre) leurs créations.

Un beau festival, cette année encore !

Alors oui… nous n’avons pas un beau barnum, ni un vrai plancher de bal, quand l’orage s’invite l’eau traverse parfois la « salle »… mais nous avons le plaisir, la joie, l’envie de partager des moments conviviaux, des moments de bonne humeur, de vous faire découvrir d’autres mondes, d’autres musiques, d’autres danses, et de faire de vraies rencontres dont le souvenir réchauffera votre année… et vous reviendrez l’été prochain refaire le plein d’énergie, à Galembrun !  Ah… vous voulez davantage de précisions ? http://www.festivaldansespourtous.fr . A la semaine prochaine ?

Vivement la retraite !

Oui, je suis déjà retraitée, « jubilada » comme on dit en espagnol, et avouez que c’est tout un programme, et bien plus joli que retraitée qui ressemble un peu à une fin de bataille 😉 ! Mais c’est terrible, j’ai l’impression d’être encore plus bousculée que lorsque je partais travailler… Même pour une « jubilada », croyez-moi, les fins d’année scolaire sont bien occupées. Quand, en plus, s’ajoutent des dates impératives « pour raisons familiales », les jours défilent défilent, et même pas le temps de sortir l’appareil photo ! Tenez, dimanche dernier, pour la fête du village, je n’ai pas fait une seule photo du spectacle proposé l’après-midi… d’accord, j’y participais un peu, mais j’aurais tout de même pu garder l’appareil pas trop loin, et ben non, le stress du spectacle, peut-être… ah non, tout de même, je ne vais pas recommencer à perdre les pédales pour quelques pas de sévillanas pas totalement « enregistrées » … surtout que là, l’essentiel, c’était le plaisir de danser. Ben oui, j’aime le flamenco, les sévillanes, et ce n’est que depuis que je suis retraitée que j’ai osé m’inscrire aux cours. D’accord, pour le flamenco, c’est un peu tard, et en plus mes genoux ne tiendraient certainement pas le coup ! Mais pour les sévillanas, quel bonheur. Surtout quand on est beaucoup à danser ensemble, comme lors des deux dernières éditions de « Toulouse l’espagnole », sur les bords de Garonne.Toulouse l'espagnole-23jun12_2906 Donc, écrivais-je, dimanche dernier, c’était la fête au village, une fête bon enfant, avec un repas sur la place du village, un bal et le feu de la Saint Jean le samedi soir, et plein d’animations le dimanche, mais pas de ces grosses animations avec musique à fond la caisse, non, des jeux, le spectacle « de fin d’année » des élèves des cours de Guillemette, et une course de brouette pour terminer la journée ! Super ambiance, familiale, conviviale, un moment de plaisir tranquille. Sauf que, quand on est dans les bénévoles qui organisent ça, c’est par moments un peu de « bousculade ». Qui est donc arrivée, cette bousculade, à m’en faire oublier l’appareil photo lors du spectacle !

Mais je m’égare, je m’égare. Or donc la bousculade du retraité, disais-je, fait que j’ai l’impression d’être complètement dépassée par le temps, en permanence. Heureusement, de temps en temps, ces « raisons familiales » évoquées au début permettent de coincer deux ou trois jours qui ouvrent une parenthèse, une pause obligatoire. Pour nous, pour moi, ce furent ces deux journées bisontines, et les deux journées de route qui les ont encadrées. Moment avec la famille, moments avec les amis, balade en ville pendant que les uns et les autres étaient occupés à des choses très sérieuses. L’occasion de retrouver le calme (relatif, avec les jeux des enfants et le manège) du parc Micaud au bord du Doubs, de guetter un échassier (héron ? grèbe ?) en train de pêcher dans la « chute » du Doubs, de découvrir encore de nouvelles curiosités sur les façades des immeubles gris-bleu, de visiter la maison de Victor Hugo et de me dire que mon père avait bien raison de dire que ce type était extraordinaire. Alors, si pour une fois je n’ai pas rapporté des centaines d’images, en voici tout de même quelques unes. Je n’avais pas oublié l’appareil.

Et, sur la route du retour, un petit arrêt au-dessus de Clermont-Ferrand. Une ville que j’aimerais bien aller redécouvrir, aussi ! Les photos sont prises de très loin, mais cette cathédrale noire au milieu de la vieille ville est tellement étonnante.

Voilà. Maintenant, en vue, le dernier spectacle de « fin d’année », dimanche à Grenade sur Garonne, où je vais essayer une fois encore de ne pas mélanger les pas… Puis ce sera la dernière ligne droite avant le festival « Danses pour Tous » ( http://www.festivaldansespourtous.fr ), à Galembrun : il ne nous restera plus que 16 jours avant l’ouverture.

Mais vous verrez, ça vaut vraiment la peine de venir jusqu’ici, du 14 au 20 juillet !!!!!

Entrez donc !

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C’est ainsi : j’aime les portes. Je n’aime pas les clefs, je n’aime pas les portes fermées, les grands portails bardés d’électronique que l’on trouve aujourd’hui… ils étaient plus beaux (et tout aussi dissuasifs je pense), ceux qui étaient bardés de ferrures, avec de belles serrures dont la clef tenait à peine dans la main…

Oui, c’est amusant, les trousseaux de clefs qui tintinnabulent, mais bon, à part montrer qu’on a quelque part des choses précieuses à protéger, à quoi ça rime ??? J’aimais bien, j’aime bien, les maisons entourées d’espace, ouvertes sur la rue, sur l’invitation à entrer.

Je trouve triste de voir que la première chose que fait un nouveau propriétaire c’est s’entourer d’un grillage bien haut, bien voyant. Refus, rejet des autres, s’enfermer, se protéger ? De quoi, de qui ? La semaine dernière, le chien de notre voisin s’est glissé sous la haie pour poursuivre un chat, mais le pauvre n’arrivait pas ensuite à revenir chez lui par le même chemin. Notre voisin restait derrière notre petit portail a appeler son chien… je peux vous assurer que notre vieux portail (datant du temps où nous avions deux gentils chiens que nous ne voulions pas voir disparaître quand nous allions travailler) n’a rien d’un portail dissuasif, et que beaucoup d’habitants du village le savent, mais le voisin n’osait pas le pousser… je crois que maintenant il sait, lui aussi, car il a bien fallu qu’il entre pour récupérer son joli Filou qui ne voulait pas que je l’approche ! Bref… Personnellement, j’ai du mal à résister à l’invite d’une porte ouverte. Je sais, ce n’est pas toujours bienvenu, et peut être considéré comme une intrusion à la vie privée plutôt que comme l’envie de faire connaissance, de partager… un joli jardin, une petite cour fleurie… Alors souvent, je me contente de photographier ces portes, agressives, tendres, lumineuses, accueillantes, tristes, abandonnées, leurs vieux heurtoirs, leurs décorations comme on n’en fait plus, parfois semblant refuser toute intrusion, parfois au contraire invitant à frapper et entrer.

Entrées de palais, d’hôtels, de maisonnettes, Parisiennes, Toulousaines, Islandaises, Chinoises, Ecossaises, de France, d’ailleurs, ouvertes ou fermées, elles sont une tentation à l’imagination, un pied de nez à la logique (comme la porte de cette maison de Mc Intosh à Glasgow), une invitation vers les grandeurs passées, une ouverture sur la douceur présumée d’une maison, un souvenir d’autrefois, une entrée vers la découverte d’un autre monde…

Il y a aussi celles qui ont décidé de se faire remarquer… pour faciliter les recherches des usagers… mais aussi juste pour le plaisir d’éclairer la rue, de faire pétiller les yeux des passants !

Voilà, ce sont « mes » portes, et je n’ai pas fini d’en rencontrer, comme elles n’ont pas fini de me surprendre, me questionner, m’inviter. Lac Mouriscot_2829Mais je ne pense pas vous étonner si je vous dis qu’aux grilles monumentales de palais je préfère cette entrée découverte au bord d’une maison de ma Basquaisie .

Enfin, plutôt que de jouer à l’indiscret lorsqu’une porte est entr’ouverte, faisons nôtre ce proverbe tunisien : « la politesse est une clef d’or qui ouvre toutes les portes », et peut-être les occupants de la maison nous ouvriront en grand leur chez eux ? Nous découvrirons alors peut-être non seulement des trésors d’architecture, mais aussi des trésors de convivialité et d’amitié ?

L’origine d’un monde

Simili plagiat… mais comme c’est à Ornans que je voulais vous inviter, c’est en tout bien tout honneur ! Ornans, Courbet, les paysages du Jura, l’enfant au trident, une ville, oh, pas bien grande… avec de beaux monuments, des sculptures inattendues, de belles arcades, et les maisons qui se mirent dans la Loue.

Tout en haut, au-dessus de la ville, le château, dont Courbet a peint les maisons…

Après la visite du musée Courbet tout nouvellement et magnifiquement rénové dans la maison où vécut le peintre et sa famille, un petit tour à Flagey où la ferme de la famille Courbet vous ouvre ses portes, et plus encore.gustave-courbet-chene-de-flagey Si vous aimez les petits villages, les grandes fermes comtoises, le comté (dans le village, la fruitière fabrique un comté extra…), les grands espaces, et les maisons où l’on se sent bien, c’est là qu’il faut aller : les chambres d’hôtes (trois chambres) de la ferme de Flagey vous permettront de rêver tout à côté de la chambre de Courbet, ce qui n’est pas donné à tout le monde, avouez-le !Et vous pourrez ensuite randonner comme si vous étiez dans un tableau de Courbet, de la « fontaine aux vipères » (les lavandières du village) à la grotte de la Loue, ou aux sources du Doubs, vous vous promènerez sur le pont de Nahin, ou dans ces paysages de campagne aussi verdoyant que ceux de ma Basquaisie…gustave-courbet-view-of-ornans-1864ils ne seront peut-être pas aussi bucoliques que du temps de Courbet, mais je suis sûre que l’imagination arrangera ça…

Un lien pour en savoir plus ? Bien volontiers : http://www.musee-courbet.fr .

Bonne balade !