Découvertes de fin d’année…

29déc17_07_écomusée CabanacRêver d’ici et d’ailleurs… aujourd’hui, ce sera ici. Car si j’aime aller flâner dans d’autres pays proches ou plus lointains, je sais aussi flâner dans ma campagne ! Et il n’est point besoin d’aller courir bien loin de chez soi pour faire des découvertes. Pour peu que l’on se donne la peine de chercher, nos régions recèlent des trésors. Et il fallait bien chercher des nouveautés à découvrir, car les ami-e-s qui arrivaient pour passer les derniers jours de 2017 et débuter 2018 avec nous, connaissaient déjà pas mal notre coin de campagne… Nous avons commencé vendredi 29 décembre par une journée étonnante, intéressante, pittoresque. Dès le matin, rendez-vous à Cabanac-Séguenville, tout petit village perdu dans la campagne, pour une visite de l’écomusée. Sur le papier donné à l’Office de Tourisme de Grenade, quelques lignes : « L’association « C’était Hier », avec le concours des communes du canton de Cadours, propose dans les locaux de l’ancienne école restaurée, une exposition « 150 ans d’école ». Chacun a retrouvé des archives familiales et de nombreux documents se rapportant à l’école allant de l’époque de la loi Guizot en 1833 à nos jours. » . Visites sur rendez-vous, et un numéro de téléphone.

Temps gris, pluie fine, froidure, un vrai temps d’hiver… mais quel accueil ! Un guide de 93 ans, fier de cette école, de tout ce que ces anciens murs contiennent : cartes de France, cartes postales, souvenirs des soldats du village pendant les guerres, salle de classe aux vieux bureaux en bois avec la place des encriers (enlevés, car ils disparaissaient lors des visites… 😦 ), tableaux pédagogiques, écriture à la plume d’oie, oui, une vraie… mais surtout les souvenirs riches d’émotion de ce monsieur, nous racontant ses déboires d’écolier, heureux de faire revivre ce bâtiment l’espace de quelques heures. Alors, oui, les vitres des fenêtres cassées laissaient passer l’air froid, et la « restauration » annoncée sur le papier n’était pas tout à fait vraie, mais nous nous sommes laissés embarquer dans cette classe unique avec un vrai plaisir, tellement monsieur Ducassé nous a subjugués ! Il serait vraiment dommage que la municipalité actuelle ne soit pas intéressée par tous ces trésors, ce que malheureusement nous a laissé entendre notre guide. Ces « petits » musées sont l’âme d’un village, sont notre Histoire, tout autant que les grands musées de nos villes.

L’après-midi, une autre visite. Dans un autre registre, mais tout aussi fabuleuse humainement parlant. Quand la passion est au rendez-vous… Nous avions rendez-vous à Grisolles, chez monsieur Coulom, le dernier fabricant de balais de Grisolles. Ce village fut pourtant la capitale du balai, depuis le milieu du XIX ème siècle… mais voilà, la modernité, l’arrivée de l’aspirateur… Allez découvrir l’hisoire du balai, des balais sur le site : https://balaispaillecoulom.com/ , ou allez faire un tour au musée du balai de Grisolles. Ce jour-là, période de vacances, le musée était fermé… et voilà comment nous avons rencontré, dans son atelier, Jean-Marc Coulom .

Anecdotes, souvenirs, tout en nous fabricant deux balais et une balayette, rires, bonne humeur et bavardages… nous avons, là encore, passé deux merveilleuses heures ! Bon, d’accord, la machine à coudre les balais n’avait pas assez chaud pour fonctionner, alors il nous a démontré comment on faisait sans la machine ! Nous sommes repartis avec de vrais beaux balais, faits en France, à l’ancienne, bien fournis, solides, « qui vous durent toute une vie »… mais pour cela, exigez la marque « Grisolles J-M Coulom » !

Il ne nous restait plus qu’à rentrer, et continuer nos découvertes avec la gastronomie régionale de Lorraine : tourte lorraine au menu du soir !29déc17_45_repas lorrainLa suite du programme demain… ou après-demain… bonne soirée !

une rando, des totems, une omelette = lundi de Pâques à Galembrun

Je suis certaine que vous l’attendiez avec impatience, l’histoire de cette journée à la campagne… Je profite donc de ce dimanche pluvieux19avril15_5713 (ça fait bizarre, d’ailleurs, de retrouver la pluie et le gris, je m’étais bien habituée au soleil !) pour enfin vous parler de cette tradition (dans les mots croisés, on dirait « us ») inaugurée il y a bien bien longtemps dans notre village.

Oui, je sais, d’autres l’avaient fait avant nous, et nous ne sommes ni les premiers ni les derniers à proposer une omelette pour le lundi de Pâques.

Oui, je sais, maintenant (et depuis longtemps) nous ne faisons plus le tour des fermes avec les enfants pour récolter des œufs… nous les achetons.

A Galembrun, nous y avons ajouté une matinée d’activités pour les enfants, qui ont fabriqué au fil des ans, coquetiers, masques, chanson et CD, animaux d’argile, mobiles, et autres très jolies choses pleines d’imagination. Cette année, c’était le modelage qui était au programme, avec Sylvie Laurens (les Bidouilleurs de terre, de Saint Paul sur Save, un village voisin), et les enfants ont bien bidouillé et fabriqué totems, pendentifs et animaux avec joie et enthousiasme. (merci à Guillemette pour les photos de l’atelier, prises pendant que j’essayais 😉 de mener la randonnée).

Depuis l’an dernier, nous avons ajouté au programme de la journée une randonnée dans les environs, la première d’une série de trois sur l’année. Randonnée de printemps. Au milieu des champs de colza en fleurs, de leur odeur entêtante, des verts nouveaux du blé débutant, de l’herbe revenue, du mimosa finissant et des cardamines des près ou des stellaires étoilées. Heureusement que j’avais pris mon temps lors du repérage, car ce lundi 6 avril, la cinquantaine de randonneurs venus profiter du soleil avait décidé de ne pas prendre le temps de regarder et/ou respirer les fleurs nouvelles… un départ à 4,9 km de moyenne, pour terminer sur une moyenne de 4,6 km/h !!!!! J’avais beau essayer de freiner, rien à faire, nous avions trop de sportifs, pas assez de randonneurs tranquilles 😉 . (merci à Didier pour les photos de « derrière » le groupe !)

Mais nous étions à l’heure pour le moment crucial de la journée : casser et battre les 1 200 œufs, pendant qu’Alain préparait le feu, que Patrick vérifiait la poêle, et que Franck, Michel, Henri et d’autres installaient les tables.

C’est qu’ensuite, il ne fallait pas perdre de temps, car juste après l’apéritif il fallait cuire l’omelette, et avec le super feu la cuisson était rapide, même bien touillée.

Installés sous les tentes, sur la place au soleil (les visages étaient un peu rouges en fin d’après-midi…), les 205 personnes présentes ont pu goûter à cette omelette pascale. Un peu de repos ensuite, jeux de cartes, de société, pétanque, ou tout simplement papotages avec l’un avec l’autre, échanges de souvenirs devant les vieilles voitures venues elles aussi profiter du grand air de Galembrun…

03avr15_5711Vers 18 heures, notre hameau avait retrouvé son calme et sa sérénité, et les grenouilles de la mare pouvaient recommencer leurs chansons !

Epouvant’ail ? ou épouvant’aulx ?

Ou aussi : l’été à la campagne, 3 !Lachapelle21août14_3483

Quelle belle journée, ce 21 août… un grand, un énorme « merci » à Corinne et Philippe. Comme lorsqu’on nous dit « venez nous voir, cet été », nous n’avons pas pour habitude de résister longtemps… nous voilà donc partis à Saint Clar de Lomagne (32, le Gers). Saint Clar, nous connaissions : le musée de l’école, les couverts un peu partout dans le village, la plaçote, la halle, les maisons en belle pierre blanche. D’accord, hors saison, pas très animé, ce gros village… Mais hier, ouh la !, que de monde ! C’était jour de fête, la fête de l’ail. Comment ?, vous ne connaissez pas l’ail de Saint Clar ? Grande lacune. Mais on va réparer ça, car l’ail, je vais vous en montrer sous toutes ses formes. Peau, épluchures, tête, gousse, tresse, compositions, l’ail est l’occasion dans notre région (Cadours, Saint Clar, Beaumont de Lomagne, et autres villages gersois) de belles fêtes, avec bandas, concours, grande bouffe ou repas gourmand (l’un n’excluant pas l’autre d’ailleurs), marché festif, bref, l’occasion de rencontres et de sourires.

Je commence par le village : la halle et son « beffroi », les couverts, l’église, la médiathèque, les maisons, le musée de l’école…

Et comme ce 21 août était jour de fête, il y avait du monde, des couleurs, une banda, et… de l’ail ! Il y avait même, sur un coin de marché, une belle troupe d’oies .

Ail blanc, ail violet, en tresses, en vrac, en sac, et surtout en compositions époustouflantes… regardez bien, ces œuvres sont faites uniquement avec l’ail, sa peau, ses épluchures, des mois de travail, et au bout, peut-être, une récompense, un prix. De « Léa se brosse les dents » à la reproduction de la halle de Saint Clar avec son marché du jeudi, en passant par l’illustration d’un conte « Jean de l’ail » (créée par des enfants), le pont du Gard, ou la découverte de l’Amérique…

Saint Clar, voilà déjà un joli bourg à découvrir. Mais il y a aussi les alentours, petits villages perchés au sommet d’une de ces collines à l’arrondi si doux, anciens châteaux cachés dans les arbres, plus ou moins remis en valeur… Et en faisant le tour de ces villages, en été, vous pourrez découvrir « la ronde des épouvantails ». Rivalisant d’imagination, d’ingéniosité… Sur la place de Saint Clar, c’est le groupe des notables du village qui vous attend. Dans le joli village d’Avezan, un robot vous accueille, et au bord du chemin, vous rencontrerez un jardinier, un pêcheur, une cueilleuse de pommes, et… le château, comme un théâtre, avec sa scène, ses coulisses, et une belle pelouse pour vous assoir… imaginez, un soir d’été, la chaleur se fait douce, les projecteurs s’allument, et un troubadour chante sous la fenêtre d’une dame… et soudain, la grande porte du château s’ouvre, et….

… et ce n’est pas fini ! Mais je continuerai plus tard, avec une merveilleuse découverte pas très loin de Saint Clar, et croyez-moi, il est des trésors bien cachés dans les plus petits de nos villages. A nous de savoir les trouver, les faire découvrir, comme l’ont fait hier Corinne et Philippe pour nous. Avezan21août14_3495Alors… suite sur une prochaine page ! Ce magnifique chat « avezien » ou « avezanais » (?) vous invite à un peu de patience…

Vacances au Pays

Ciboure_2476

 

Une semaine de vacances au Pays Basque, c’est une semaine riche en découvertes, en trésors, en grand bol d’air, en rencontres.

Une semaine au vert… aux verts, même, puisque c’est toute une palette de vert qui s’offre à nos yeux dès qu’on quitte le bleu de l’Océan et de la côte Basque. Quand j’étais petite, j’aimais beaucoup associer le vert et le bleu, mais dans les Landes ça ne se faisait pas, et j’entendais souvent « vert e blu, qu’em fouti de tu » (orthographe non garantie, purement phonétique, n’ayant plus entendu cette phrase moqueuse depuis fort longtemps, et ne l’ayant jamais lue, qui plus est). Et pourtant, le vert et le bleu sont souvent associés par dame Nature, et le Pays Basque est un des plus merveilleux tableaux en vert et bleu qui soit offert ! Que ce soit le long de cette belle route de la corniche, de Socoa à Hendaye, côté Océan avec les falaises vertigineuses plongeant dans l’Océan ou côté montagne avec la Rhune à l’horizon, cette montagne mythique du Pays Basque, que ce soit dans l’intérieur du pays, montagnes et champs opposant leurs verts au bleu du ciel, les amoureux du vert sont comblés !

Oui, bon, d’accord, il y a une raison à tant de verts… c’est que le ciel n’est pas toujours bleu…

Mais le pays est si généreux en beautés de toutes sortes, les Basques si passionnés par leur culture, si fiers de leur Histoire (et ils ont bien raison)… Les églises rivalisent de statues, de dorures, de boiseries bien cirées, Ciboure, Aïnhoa, Arcangues, Saint Jean de Luz, Zugarramurdi, Sare, Bayonne, et beaucoup d’autres qui n’étaient pas au programme de ces journées de vacances ou dans lesquelles nous ne sommes pas entrés…

Villages pimpants aux murs blanchis à la chaux et aux couleurs « basques », rouge sang de bœuf, vert, parfois bleu. Bayonne et ses maisons bien alignées le long de la Nive. Par moments, le touriste a un peu l’impression d’être dans un village-musée… a du mal à se croire dans un pays qui vit, et pourtant !

Les paysans, les artisans, sont fiers de leur métier, veillent à garder une agriculture à taille humaine et raisonnable, à conserver leur patrimoine pour les générations futures.

Par exemple la famille Tambourin à Saint Etienne de Baïgorry qui fabrique du fromage de brebis « ardi gasna », le vrai Ossau Iraty, celui qui a une belle tête de brebis sur sa croûte ( http://www.fromagetambourin.fr ), un très bel accueil, un fermier passionné par son métier, soucieux de faire partager son amour pour son Pays, ses convictions, j’ai vraiment beaucoup apprécié l’engagement de cette famille. Par exemple l’atelier de makhila de Larressore, fabrique familiale, dont les fenêtres (grandes baies vitrées) donnent sur la place du fronton, vous laissant tout loisir de regarder les artistes artisans travailler ( http://www.makhila.com ). Par exemple l’atelier du piment à Espelette, où le jeune Julien vous ferait croquer sans sourciller un piment entier tellement son enthousiasme est communicatif ( http://www.atelierdupiment.com ). Par exemple la chocolaterie Laia, à Saint Etienne de Baïgorry, qui « se contente » de la clientèle du village et de la vallée, mais vous fait déguster des chocolats dignes des plus grands ( http://www.laia.fr ). Par exemple la découverte du cochon Kintoa, dans la vallée des Aldudes, revenu enfin dans ses montagnes et ses pâturages, où la dégustation à la fin de la visite pourrait à elle seule suffire à vous rassasier ( http://www.pierreoteiza.com ), et vous empêcher de faire quelques belles découvertes gastronomiques dans un petit restaurant sur la place du village, entre l’église et le fronton…

Et tous les guides rencontrés, visiblement heureux (ou alors ils cachaient bien leur mauvaise humeur !) de nous aider à découvrir les trésors de leur région, l’Histoire et les histoires du Pays Basque. Le moulin de Bassilour, discrètement caché dans la campagne de Bidart. Le Musée Basque rénové à Bayonne, superbe, riche de tableaux, d’Histoire. Le château d’Abbadia à Hendaye avec ses kyrielles d’animaux, ses curiosités, ses pièces à vivre époustouflantes. La belle maison basque Ortillopitz, à Sare, où l’on s’attend (merci au guide si vivant et intéressant !) à croiser le jeune maître en descendant l’escalier, à converser avec les vieux maîtres au coin de l’âtre ( http://www.ortillopitz.com ). Zugarramurdi, la grotte et le musée des Sorcières, pas celles des contes, non, mais celles des personnes trop différentes des autres, celles qui font peur aux autorités, et que l’on brûlait au nom de la morale. Dommage, photos interdites dans les grottes d’Oxocelhaya, aux beau drapés multicolores. Interdites aussi dans celles de Sare, magnifiquement mises en valeur (trop peut-être ?), au parcours initiatique étonnant.

Et toutes ces petites curiosités rencontrées au fil des visites, sculptures, heurtoirs de porte d’entrée, chardon protecteur…

Curiosités naturelles ou traditionnelles, personnalités soucieuses de partager et de protéger « notre » avenir, des montagnes et vallées jusqu’à l’océan, décidément quel beau pays que mon pays, en bleu, en vert, en rouge, en blanc !

Photos interdites aussi, dans la belle villa de la famille Rostand, Arnaga à Cambo… tant pis pour vous, il vous faudra y aller ! mais j’ai volé pour vous ces deux roses, dans le jardin…