Paris, l’ailleurs est ici…

Une journée et demie à Paris… c’est toujours bon à prendre !

Signé Denise-27avr14_2329Surtout quand, une fin d’après-midi de dimanche, vous avez la possibilité d’assister à un spectacle délirant, complètement déjanté, de chanson française trèèèès humoristique, humour parfois grinçant, parfois mélancolique, spectacle porté par cinq hurluberlus qui ne reculent devant rien… Les « Signé Denise » faisaient le concert de sortie de leur premier disque. ( http://www.signedenise.com/#Bonjour.A )

Et donc ce lundi, programme défini, plan en poche, me voilà partie à la découverte : 19° arrondissement le matin, puis 13° l’après-midi. Pas de chance, le Centre 104 est fermé le lundi… j’aurais dû mieux étudier mon programme 😉

Petite pluie, en plus… mais je me console avec les reflets des trottoirs.

Et pour ce Centre que je voulais découvrir, installé dans d’anciens entrepôts de Pompes Funèbres magnifiques, je dois me contenter de la vue des statues en terre cuite depuis la grande grille d’entrée, et tant pis pour tout le reste.

Alors, je vais au hasard dans ce quartier pas spécialement beau architecturalement, mais qui cache quelques endroits accueillants, passages, petites rues où de vieilles maisonnettes se mêlent aux immeubles, avec des vestiges (peut-être) des métiers qu’elles ont abrité ?, entre deux immeubles, un plaquiste ? un marbrier ? avec dans son entrepôt une treille ombrageant un ancien abri, et ces lignes droites, arrondies, brisées, de nouveaux immeubles où pour une fois ce n’est pas moi qui fais des photos « penchées » mais les immeubles qui proposent de nouvelles perspectives ! J’aime bien aussi retrouver, sur les murs d’anciens petits immeubles, ces marques des cheminées, toutes n’ont pas été masquées, et cela donne un air de faux tag à ces vieux murs de briques…

De là, j’ai eu envie de belles maisons anciennes, d’un peu plus d’espace, et me suis dirigée vers l’île Saint Louis. Oui, pas terrible comme idée, bien « touriste de province » 😉 , mais de temps en temps, faire le tour de l’île au-dessus des quais de la Seine, c’est bien agréable. Un peu de ciel bleu pour agrémenter la balade (et faire oublier le genou qui tire de plus en plus… mais c’est bête, quand je démarre une journée dans Paris, j’ai du mal à me poser, envie toujours d’aller voir plus loin…), et le long de ce quai d’Anjou, que de belles demeures !!! Dont l’hôtel de Lauzun aux luxueux conduits de descente des gouttières (il paraît qu’on peut visiter, mais je n’ai rien vu sur place qui l’indiquait). Les boutiques de la rue Saint Louis en l’Île sont magnifiques à regarder, bien sûr, les chimères de l’hôtel Chemizot font courir l’imagination… et, au hasard des portails ouverts, décorations fastueuses ou petites cours dévoilent le quotidien des habitants de l’île, pas toujours aussi extraordinaire que les façades le laisseraient supposer !

De Saint Louis à Notre Dame, il n’y a qu’un… pont. Que j’ai franchi, mais je ne me suis pas attardée, trop de monde (oui oui, bien plus que sur l’île Saint Louis) ! J’ai pu remarquer qu’il n’y a pas que sur le pont des Arts que les cadenas s’attachent, ils se bousculent aussi sur le pont de l’Archevêché, et les graffitis se multiplient sur les parapets du jardin.

Re-métro… c’est certain, ce moyen de transport est infiniment pratique, mais qu’il est triste ! et là, j’avoue, je commençais à en avoir ras-le-bol de l’air des couloirs et des tunnels du métro. Mais pour traverser Paris, il faut avouer que c’est le plus rapide. Donc, me revoilà dans le 13°, où j’avais décidé de m’offrir un grand moment de dépaysement, en tout cas, c’était promis par les pages trouvées dans un vieux guide. Et de grand dépaysement, point ! D’abord, un lundi, beaucoup de magasins sont fermés, zut ! Ensuite, pourquoi m’attendais-je à me trouver au milieu du film « Chinatown » ? En fait de Chinatown, les immeubles ressemblaient à ceux du 19° vus le matin, bon d’accord certains étaient franchement plus hauts voire plus moches… Les toits en forme de pagodes annoncés par le guide étaient un peu ridicules quand on a vu des pagodes, même simplement en photo, il faut beaucoup d’imagination, et je vous assure que je n’en manque pas, mais je n’y ai vu que des toits vaguement « pagodés ». Une grande fresque  à côté de l’église Saint Hippolyte, proclame « De tous pays viendront tes enfants », belle prophétie pour notre capitale ! Et j’ai raté la visite de Notre-Dame-De-Chine, un peu désorientée par sa proximité avec l’église, j’ai raté le temple de l’amicale des Teochew, désorientée par les travaux sur la place, bref : circuit à revoir (et mieux planifié) pour une autre journée !

Par contre, pas de déception dans les magasins : côté décoration et maison, le kitsch le plus démentiel voisine avec de belles lignes modernes de vaisselle, côté nourriture l’amateur de découvertes exotiques est au septième ciel, les couleurs flashent, longanes, rambutans, durians, autant de noms évoquant un « ailleurs » qui, ici, n’est plus imaginaire, mais bien réel lorsque vous entendez le cliquetis des caisses à la sortie de ce paradis extraordinaire.

J’avoue ne pas avoir arpenté de long en large toute cette partie du 13°, mais après cette immersion dans l’exotisme alimentaire, j’ai fini par rencontrer un autre dépaysement. Il se trouvait dans un coin de parking, plutôt bien caché, les alentours n’en sont pas spécialement accueillants, mais lorsque vous y entrez, plus d’hésitation, vous êtes ailleurs. Et ici.

 

Une après-midi à Toulouse

Les vacances en famille se terminent bientôt, sur un bilan « globalement positif » 😉 ! Après la tradition pascale, la visite de quelques villages, la visite à la ferme, restait la visite « à la ville », la grande, Toulouse.Toulouse_2251 Galembrun est finalement idéalement situé, ni trop loin ni trop près de la ville mais suffisamment éloigné. D’accord, la circulation y est tellement calme qu’à peine arrivé à la périphérie de la grande ville on a l’impression d’étouffer, mais tout de même l’habitude n’est encore pas totalement perdue, et on arrive à destination sans trop stresser !!! Et donc, hier, nous voici partis pour une mini visite de Toulouse. D’autant que, qui dit visite d’une ville dit non seulement Histoire, bâtiments et musées mais aussi… les magasins rencontrés sur le chemin d’un monument à un autre. Et on aura beau prendre les ruelles les plus petites, on débouche toujours un moment ou un autre sur une plus grande rue bordée de magasins. Je ne sais pas si vous avez remarqué, que l’on soit à Paris, à Toulouse, à Rome, ou même à Moscou, on retrouve les mêmes marques de magasins, je trouve ça complètement idiot. Les pays n’ont plus aucune identité. Non, non, je ne parle pas là en nationaliste exacerbée, je sais bien que maintenant la fameuse mondialisation permet à tout un chacun, de quelque pays qu’il soit, d’acheter les mêmes chaussures, les mêmes fringues, je sais bien qu’on ne voyage pas pour faire les magasins 😉 , mais ce manque de variété est assez désolant. Bref. Hier donc, nous voici partis à Toulouse. Il y faut plus d’une journée même pour ne visiter que les incontournables ! Et nous n’avions que quelques heures, dont une partie dédiée au Musée des Augustins. C’est dire si ce fut du rapide. Capitole, incontournable, trop souvent négligé, et pourtant… les salles municipales sont belles, amusantes : la salle des mariages avec ses peintures des « âges de la vie », où seul le monsieur semble vieillir, toujours accompagné de jeunes demoiselles toutes plus vives les unes que les autres…, la salle Henri Martin et ses tableaux sur les saisons, sa balade sur les bords de Garonne, et enfin la salle des Illustres toute de faux ors et faux marbres, mais somptueuse. Et ne pas oublier la statue d’Henri IV dans la cour…

Les Jacobins, où l’Histoire se télescope, des Dominicains envoyés remettre sur le droit chemin les Cathares aux armées napoléoniennes qui transformèrent en écuries les chapelles décorées… le spirituel et le terrestre, dans les couleurs des vitraux… et le fameux « palmier ».

L’hôtel d’Assézat, cour, balcon à encorbellement, statues, fenêtres à meneaux. L’Ostal d’Occitània bien caché dans une petite rue du vieux Toulouse, ancien Hôtel de Boysson, cours intérieures, briques rouges et fenêtres ouvragées. Et sur les murs de la maison du Compagnonnage, les petits lapins, image des coursiers des Maîtres…

Et le Musée des Augustins, merveilleux musée. Le choc en arrivant dans le cloître au jardin de style Moyenâgeux, une rangée de gargouilles hurlant dans le vide, et l’orgue de la chapelle magnifique, les statues de terre cuite , les tableaux, les sculptures des salles tout autour du cloître, avec l’attendrissante Vierge de Grasse.

Et après le grand et majestueux escalier, l’arrivée dans le salon rouge aux murs couverts de peintures… grandioses, comme cette entrée de Mehmet II à Constantinople, ou plus intimes, ou un peu osées,

ou… merveille et surprise du jour, le pont du Rialto tout ensoleillé… L. Guardi-Rialto_2181pendant quelques secondes, je suis repartie dans ma ville fétiche… et tant pis si dehors la pluie était de retour, la journée n’en a pas perdu pour autant son atmosphère de bonne humeur !

Une après-midi à la ferme

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Grand ciel bleu, vacances campagnardes, allez à la ferme ! Quel que soit votre lieu de vacances, vous trouverez toujours dans les environs une ferme accueillante ! (sauf, bien sûr, si vous êtes un inconditionnel de la ville…).

Et si vous passez du côté de Thil (Haute-Garonne), une belle adresse, tant pour les curieux de nature et d’animaux que pour les gourmands ! C’est la « ferme d’en Barrus » (http://enbarrus.free.fr/).24avr14_2199

De jolies chèvres, que vous accompagnez dans le bois ou que vous ramenez vers l’étable, l’espace, collines, vallons, des fleurs, un lac au fond…23avr14_2187 accueil en fanfare par l’âne de la ferme… un chien affectueux… le chevrier pour les explications, la « fermière » pour le goûter, et quel goûter : confitures maison, gâteaux, fromages blancs, assis sous la petite grange, avec quelques poules caquetant autour de vous, de l’espace, de la verdure, des fleurs… de vraies vacances !

Les chevrettes vous feront craquer, monsieur le bouc enfermé dans sa loge les mois d’été vous fera un peu mal au cœur, mais quand la « belle » saison viendra, rassurez-vous, il retrouvera cavalcades dans les prés et les bois en compagnie de ses compagnes.

Peut-être même repartirez-vous avec un joli chaton dans les bras… Et, bien sûr, impossible de résister aux fromages de chèvre, aux fromages « mixtes » (lait de chèvre et lait de vache), ou aux fromages au lait de vache, frais, crémeux ou plus secs…

C’est bientôt les journées à la ferme, notez les dates, et profitez de ces espaces encore à la mesure de l’Homme, des enfants, où l’on respire sans contrainte, et où l’accueil est toujours plein de bonne humeur.bienvenue_2200

Et pas seulement à « En Barrus », je suis certaine. Mais leurs fromages de chèvre sont « une tuerie », leur sourire un vrai bonheur, et le bleu du ciel se reflète dans les yeux de toute la famille…

Eh oui, je suis une fan !

Pâques, festivités et tradition

quarante roses_2150Le coup du petit lapin qui apporte les œufs ne va pas très bien avec la tradition religieuse catholique, c’est le moins qu’on puisse dire. Étonnant tout de même que ces fêtes religieuses correspondent encore, dans un état laïque, avec des jours fériés. Mais, ma foi (quelle qu’elle soit !), ces journées de repos sont bien agréables à prendre ! Surtout quand elles se transforment en rencontre familiale, en festivités villageoises, et que des traditions se créent ainsi au fil des ans. Bon, c’est certain, les conditions climatiques peuvent vous gâcher en un rien de temps une journée qui se voulait festive et en extérieur… et comme madame Météo est assez capricieuse en ce moment, nous avons eu un samedi ensoleillé, un dimanche pluvieux, un lundi embrouillardé pour se transformer en superbe journée, bref, un temps à faire tourner la tête au baromètre le plus solide ! Mais ces journées ont été pleines de jolis bonheurs, mouillés ou ensoleillés, en tout cas toujours heureux et chaleureux (on a tout de même rallumé les poêles dimanche et lundi !). Donc, dimanche, zut, la pluie s’est invitée.pluie_2137 La chasse aux œufs dans le jardin s’est faite sous les parapluies ! Deux paniers bien remplis en fin de matinée… Et une balade jusqu’à Sarrant l’après-midi. Sur la route, halte autour de la halle de Cologne, pour admirer les belles vieilles maisons et les couverts. Mais le but était Sarrant, le tour de la petite cité regroupée autour de l’église, la longue pause à la librairie-tartinerie de Sarrant ( http://www.lires.org ), toujours aussi accueillante, chaleureuse, d’où je repars chaque fois avec une belle pile de bouquins ! La petite bastide aux rues tranquilles se fait un peu plus belle chaque année, une maison rénovée par-ci, une nouvelle idée par-là… cette fois, des paniers d’herbes et plantes à partager à l’entrée de la cité, sous le donjon… Surtout, si vous passez sur la « grande route » qui va de Mauvezin à Montauban, n’hésitez pas à faire un crochet vers Sarrant et vous ne le regretterez pas, entre la librairie, l’accueil, et la croustade aux pommes avec son petit pot de crème fraîche…. sans oublier les thés, des vrais thés, pas des sachets jaunes…

Lundi, ouf ! soleil. Enfin, d’abord réveil dans le brouillard. Et le lundi de Pâques à Galembrun, c’est omelette géante sur la place du village, depuis plus de 20 ans. Au début, les enfants faisaient le tour des fermes pour ramasser des œufs, puis il a fallu en acheter pour compléter, puis les fermes avec de vraies poules qui courent partout pour trouver leur nourriture ont disparu et maintenant nous devons acheter les œufs, de 100 nous voici arrivés à 1 200 œufs ce lundi 21 avril ! Des quelques villageois se retrouvant autour des tables sur la place nous voici arrivés à 200 personnes venues d’un peu partout… Il faut dire que l’ambiance à Galembrun est (encore, et pour longtemps nous l’espérons) faite de joie, de bonheurs simples, de convivialité, de partage ( http://www.animation-galembrun.com ). Une courte randonnée pour se réveiller, coteaux, champs verts du blé neuf ou marron-roux des terres récemment semées de tournesols, forêts, deux belles grimpettes, et, comme il avait plu la veille, quelques jolies flaques d’eau à contourner, l’ancienne voie du petit chemin de fer campagnard devenue chemin de randonnée, nous arrivions à l’heure pile pour commencer à casser les œufs. Un grand feu, la poêle toute propre, la cuisson de l’omelette, et la journée continuait tranquillement, tables à l’abri et tables sur la place ensoleillée, dégustation de l’omelette, papotages, personne n’a envie de quitter les lieux sans faire un brin de causette, ou une partie de pétanque !

Comme les vacances sont là pour certains, ce sera Pâques toute la semaine chez nous!, et c’est en famille que ce mardi nous sommes partis jusqu’à Saint Clar, dans le Gers. Encore un village à découvrir, toujours ces couverts dont on se demande s’ils sont là pour protéger du soleil ou des averses, peut-être des deux ?, ces maisons aux pierres blanches, et un musée à ne pas manquer : le musée de l’École publique ( http://www.musee-ecole-publique.fr ). Accueil charmant, explications dans l’ancienne cour de l’école des garçons avant la découverte de la classe « comme avant », encriers, plumes, buvards, tableau noir, pupitres…

Une dictée ? Un problème de calcul ? Un rappel de géographie ? Toute l’Histoire de l’École ! Peut-être que vos enfants n’apprécieront pas tout dans ce musée,au coin_2152 mais ils y sont bienvenus (même si la photo semble dire le contraire !), et vous retrouverez probablement quelques souvenirs un peu enfouis dans votre mémoire, surtout si vous avez comme moi un « certain » âge ou même un âge… certain !

(oui, les roses du début de cette page n’ont rien à voir avec le lapin de Pâques ou les œufs, elles sont là juste pour le plaisir de partager avec vous ce bouquet arrivé ici pour un bel anniversaire…)

Comme un reflet dans l’eau…

Comme un reflet dans l’eau…

… jeux de miroir, dans les vitres, dans les flaques, dans les lacs, dans la lagune !

Balade dans la forêt, après la pluie, et les pins se multiplient à l’infini. Balade au bord d’un lac par un jour de ciel bleu, un jour de ciel gris, et les plantes jouent les coquettes. Balade en bord de Saône, un soir de novembre, et le cygne se croit dans le solo de violoncelle de Saint Saëns, tendre et solitaire…

Mais tous les reflets ne sont pas sur l’eau, parfois ce sont les maisons qui se mirent sur les fenêtres voisines, ou bien par un subtil jeu de miroirs les voûtes des Jacobins font chavirer la tête, et en Islande il est des soirs où l’on ne sait plus très bien où est le ciel et où sont les nuages…

Iceberg en miroir sur Jokullsarlon, Borgarnes côté ciel côté fjord, mirage sur le Doubs, Courbet revu et corrigé au naturel à Ornans, magie de la lumière !

Et bien sûr, Venise !!!! Venise où tout n’est pas que reflet, mais… selon l’heure, le temps, la lumière dévoile les secrets de la ville, les façades s’illuminent, tremblent dans les rii, les arcs des ponts deviennent des cercles presque parfaits, à Burano après la pluie les couleurs des maisons transforment les rues en aquarelles, et dans les flaques laissées par l’acqua alta les réverbères voient double…

Paris novembre_2099Et quand, par un bel après-midi d’automne, Paris joue au jeu de miroir aux Tuileries, difficile de résister… Magique !