Autour du « nouveau »

Chaque année, le 3ème jeudi de novembre est l’occasion de fêter le Beaujolais Nouveau… Depuis que je ne travaille plus, nous ne manquons pas cet événement, et allons retrouver nos amis du Beaujolais pour découvrir « le nouveau ». Mais cette année, ce fut l’occasion d’un tour de France, bon, enfin, presque, un mini tour. Départ sous la brume, puis du soleil, et enfin les couleurs d’automne que je n’avais pas encore vues chez nous… on « monte » vers le Nord 😉 !

Arrivée le soir à Freneuse, pour déposer du matériel, et surtout passer un jour et deux belles soirées en famille. Merci à vous, Frédérique, Denis, Marius, Naïs (qui, en plus, a fait des kilomètres après son travail juste pour nous voir… à moins que… le cassoulet ? 😉 ), pour votre gentillesse. C’est toujours le même plaisir de vous retrouver ! Marché à Vernon, sous la pluie, mais tant pis, nous avons un peu visité, l’église, la mairie, les vieilles maisons…

Puis balade dans La Roche Guyon et en bord de Seine sous le soleil revenu. Dommage, nous sommes arrivés trop tard pour visiter le château, et n’avons pu voir que l’extérieur, impressionnant. Donjon perché sur la falaise, muraille, et une belle entrée, mais le principal se trouve … dans la falaise, salle d’armes, réserves, magasins, escaliers. J’espère que nous aurons l’occasion de revenir ! Dans le village, maisons troglodytes, ruelles tortillonnées,

Et la Seine. Belle couleur de fin de journée, où l’eau semblait de la soie moirée après le passage d’une péniche…

Dimanche 11 novembre, départ vers Besançon, avec un arrêt parisien. Après avoir longé de belles forêts colorées, nous réussissons à entrer dans Paris… quelques images, prises en roulant, et sous la pluie, avant une pause en famille (oui, encore).

Miracle !, en fin d’après-midi, sur la route, retour du soleil avant d’arriver à Besançon. Ciels superbes.

Belle soirée avec les amis, et dès le lundi matin, debout et en marche pour l’éducation ! Les gilets jaunes n’étant pas encore à l’œuvre, ce sont les syndicats qui, encore une fois, ont dénoncé les « belles » promesses de nos gouvernants. Avec humour, et dans le calme.

Grand tour dans Besançon ensoleillé, une bonne marche, et quelques photos de la ville, encore plus belle sous le soleil.

Exposition très intéressante à Granvelle « Victor Hugo et les Démolisseurs ». Quel bonhomme fantastique, ce Victor (on ne va pas faire toute une histoire de ses affaires de cœur, allez, il a fait tellement de grandes choses) ! Sur les murs du 33, les kiwis allaient bientôt être cueillis, le soleil du soir dorait les toits et rougissait les feuillages, et au Musée du Temps, l’horloge indiquait qu’il était temps de se préparer !

Alors nous sommes repartis, vers le Beaujolais, pour fêter comme il se doit, avec les amis, l’arrivée du « nouveau ». Les vignes étaient encore dorées, les caves toujours aussi accueillantes, Clochemerle toujours aussi décoré, la soirée à a Mairie de Villefranche un peu décevante (d’ailleurs, les photos en sont le reflet… tout allait trop vite, peut-être pour démontrer la vitalité de la ville ????), mais cela ne nous a pas enlevé l’envie de revenir en 2019…

D’autant que Villefranche sur Saône , que l’on soit en période de « nouveau » ou pas, est une ville pleine de maisons anciennes, certaines moins mises en valeur que d’autres, mais avec toujours de jolies surprises.

Quant à celles et ceux qui boudent ce vin nouveau, c’est certainement qu’ils n’ont jamais essayé de rencontrer les vignerons du Beaujolais… Nous sommes revenus chez nous le coffre bien rempli de commandes d’amis, et hier, au marché de Launac, les éloges n’ont pas manqué pour l’animation « châtaignes et Beaujolais nouveau ». Mais là, c’est pour une autre page !

A Paris. Ah, Paris !

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Déjà 15 jours depuis notre retour rocambolesque de Paris ! L’hiver arrive à grands pas, ciel gris, vent froid, pluie, donc pas de balade dans la nature… Le concert de Noël est au point pour le moment (on verra vendredi 22 si tout se passe aussi bien que prévu 😉 ), les soirées spectacles pour le Festival de juillet sont presque complètement réglées, j’ai donc le temps de raconter ce mini séjour parisien de début décembre.

Deux vraies journées à Paris, et quelques heures. Un ciel hivernal, avec quelques petits pans bleutés par moments… Nous avions loué, rue Saint Denis, un appartement pour nous trois. Heureuse surprise, nous étions comme chez nous dans ce chaleureux appartement. Et finalement bien moins bruyant qu’on aurait imaginé…

Un premier jour chargé, deux musées au programme ! Départ d’un bon pied, par les rues de ce quartier bien animé… façades, graffitis, vieilles enseignes, le passage du Grand Cerf sur notre chemin, un petit peu de métro, les ors de quelques arbres sur une place, et nous voici arrivés chez monsieur et madame Jacquemart…

« le jardin secret des Hansen », exposition dans ce superbe hôtel Jacquemart-André, que je ne connaissais pas encore. L’hôtel à lui seul vaut la visite !

J’ai complètement craqué pour l’escalier, le jardin d’hiver…

Parmi les œuvres exposées, celles de ce « jardin secret », j’ai flâné, admiré, découvert… pour ma petite histoire personnelle, j’ai photographié deux tableaux, pour le plaisir, l’un pour le simple bonheur souriant qu’il représente, et un autre parce que j’admire Courbet, ce qu’il a été dans l’Histoire. Apparemment, Zola apprécia aussi Courbet : »Courbet était un maître ouvrier qui a laissé des œuvres impérissables où la nature revit avec une puissance extraordinaire » (phrase reproduite au-dessus du tableau).

Halte dans une brasserie bien sympa rencontrée sur le chemin vers notre deuxième musée, rue Ponthieu, quelques couleurs ici et là, les coupoles dorées de la nouvelle église orthodoxe russe…

… et nous arrivons en vue de l’emblème parisien… la Seine, non, pardon, la tour Eiffel… allez, je vous glisse quelques photos, et on n’en parlera plus !

Et donc le musée du Quai Branly. Je n’y étais pas revenue depuis bien longtemps. Mais là, entre le musée en lui-même, et les deux expositions du moment, nous avons eu fort à faire. D’ailleurs nous avons un peu calé vers 17 heures…  Je vous mets tout en vrac… quelques pièces de l’exposition « Le Pérou avant les Incas », superbe découverte, et les richesses du musée, venues du monde entier…

41_1déc17_musée du quai Branly-forêts natales

L’exposition « Les forêts natales » m’a laissée un peu mal à l’aise : tous ces explorateurs qui ont rapportés dans leurs malles ces trésors représentant les âmes des ancêtres ne sont-ils pas, en définitive, aussi criminels que les profanateurs de tombes de nos jours ?

Mais que ces statuettes sont belles !

 

 

 

Nous sommes ressortis du musée un peu débordés par tous ces trésors. Nous étions entrés avec les reflets du ciel sur les murs vitrés du musée, nous en repartions avec un jardin tout illuminé.

Le lendemain, tandis qu’Élisabeth repartait à l’assaut de musées et expositions, Raymond et moi avons décidé de nous promener dans le quartier, en allant jusqu’au quartier de la presse, ou plutôt : ex-quartier de la Presse, mais aux immeubles magnifiques. Ce sera donc une série sur les façades, et les toits parisiens.

Nous ne pouvions pas ne pas aller jusqu’au café du Croissant… Alors que nous étions devant, un passant s’est arrêté, s’est découvert un instant devant la plaque commémorative… instant émouvant.

Une autre plaque nous a aussi fait nous arrêter, rue Montorgueil. Et tandis que je la photographiais, un monsieur nous a demandé si rien ne nous gênait sur cette inscription. Un peu étonnés, nous l’avons regardé. Il a alors dit « Ce ne sont pas les derniers. Car il y a eu d’autres assassinats d’homosexuels après, en France, c’était pendant la guerre de 39, il ne faut pas l’oublier » .60_2déc17_rue MontorgueilMais la rue Montorgueil n’a pas que de mauvais souvenirs à exposer… rue très animée, beaux magasins ou petites boutiques, épiceries, bazar, vieilles maisons, terrasses de bistrots et couvertures pour les frileux… avec, entre autres, la maison Stohrer où Sa Majesté la reine Élisabeth en personne vient s’approvisionner quand elle passe à Paris…..

L’après-midi, j’avais envie de revoir les passages dans le 2ème, mais aussi la place Vendôme : petite pensée pour Courbet (oui, encore lui !) qui, pendant la Commune, avait fait tomber la statue de Napoléon sur un lit de fumier… ce qui lui valut la prison, l’exil et la ruine. La place est magnifique, c’est certain. Bien aimé l’habillage des travaux de la maison Boucheron ! Ensuite, nos pas nous ont menés de passage en passage, certains plus rutilants que d’autres, avec leurs décors de Noël (parfois un peu trop envahissants d’ailleurs).

Le soir, concert à la Philharmonie de Paris, où nous avons découvert l’Orchestre Métropolitain de Montréal. Et la salle Boulez, magnifique. Retrouvailles avec nos ex-collègues Monique et Claudio (la pauvre Monique, jambe plâtrée, seule sur la scène attendant que ses collègues entrent…), mais aussi Christine et Daniel, venus comme nous depuis Toulouse pour l’occasion ! Nous les avons revus le dimanche, avant de repartir pour Toulouse…

Que nous avons rejoint après bien des péripéties : ce jour-là, 3 décembre, les trains étaient arrêtés « pour bug informatique », et c’était le grand bazar. Nous avons fini par louer une voiture, et sommes rentrés à presque 3 heures du matin. Heureusement, nous avions pu faire le plein de bonne humeur avec nos amis avant d’apprendre ce chambardement ! Deux dernières images parisiennes : un mur de passage, et une affichette absolument stupide mais qui, malgré tout, m’a fait sourire !

Et dans une semaine, ce sera notre Concert de Noël, le premier organisé par l’association créée en 2010 par Guillemette, « Les Arts au Soleil ! ». Un peu d’inquiétude : l’église sera-t-elle pleine ? le public aimera-t-il ? A suivre…

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Une belle découverte, ce dimanche de décembre à Paris, et le mardi : la Fondation Vuitton. Oui, oui, je sais, vous vous demandez ce qui m’arrive de chanter les louanges de ce groupe spécialisé dans le grand luxe ! Quand il se sert de sa fortune pour nous offrir ça : 013_11dec16_fondation-vuittonj’avoue, j’ai vraiment beaucoup beaucoup aimé. Même si « offrir » n’est pas vraiment le mot… quoique, pas beaucoup plus cher que l’expo au Grand Palais ou l’entrée au Louvre, et un tarif « famille » assez intéressant (38 € pour 2 adultes et 4 enfants moins de 18 ans maxi). Pas de possibilité d’entrer, ce dimanche-là, voir l’exposition de la Collection Chtchoukine, ils annonçaient complet depuis le vendredi. Tant pis, nous avons fait le tour du bâtiment, et en avons profité pour flâner dans le Jardin d’Acclimatation. Un régal, pour moi qui ne connaissais pas. Et puis, le soleil, les bois, la nature… un peu revue et corrigée, d’accord !

Mais comme Paris recèle bien des découvertes artistiques à faire, nous avons continué la journée de dimanche par une visite à Hergé au Grand Palais. Bon, je me disais que, à défaut de Braque, Picasso, et autres, Tintin, Haddock, la Castafiore et les Dupondt seraient un agréable passetemps… et ce fut bien plus qu’agréable ! Hergé peintre, dessinateur, architecte, amateur de sculpture…

Par contre, nous n’allions pas déclarer forfait pour Chtchoukine, nous sommes revenus le mardi matin, sans réservation, et nous avons pu prendre les entrées sur place. La lumière avait changé, le ciel avait perdu de son éclat. Mais pas le bâtiment. Que nous avons vu aussi de l’intérieur cette fois.

Quant à l’exposition… N’étant pas une spécialiste de l’Art, des Beaux Arts, je me contenterai de vous dire que j’ai été éblouie. Bien sûr, on connait beaucoup de ces tableaux, par les livres, les reproductions. Mais, par exemple, la salle Matisse, fabuleuse ! Le plus beau choc, pour moi. Et les Van Gogh, les Gauguin, et Monet, et Picasso, et Henri Rousseau, et… et… Non, vraiment, la réputation de cette exposition n’est pas surfaite. Je n’ai pas fait beaucoup de photos, ces tableaux sont tellement dans nos yeux… mais j’ai bien aimé ces deux tableaux de Malévitch, mis en parallèle, la porteuse de seaux :

C’est cependant avec Hergé que je termine cette page… il vous dit mieux qu’avec mes simples mots tout ce que je vous souhaite pour les jours à venir !

Urbanismes 1

Presque trois jours à Paris, mi-décembre. Participation à quelques réunions pour Raymond. Pour moi, c’est, comme à chaque fois, l’occasion de faire quelques découvertes. Un peu coincée par une marche peu adaptée à l’allure globalement rapide des Parisiens 😉 , j’ai pu, malgré tout, 1) voir du nouveau 2) revoir d’autres lieux. Arrivés en fin d’après-midi (samedi) sur notre lieu d’attache, du côté de la Cité de la Musique, après les embouteillages habituels, une fois les bagages déposés, nous voici partis dans ce grand parc de la Villette. Les affiches annonçaient un « marché de Noël », mais c’était plutôt une fête foraine qui s’était installée sur la place de la fontaine aux lions, tout autour de la fontaine… bruit, lumières… nous étions loin de nos petits marchés de Noël bon enfant, avec artisans et créateurs !

Histoire de nous dérouiller les jambes, après cette journée de route, nous traversons toute la galerie de la Villette, longeant la grande halle, le cirque, les cabarets et restaurants, passons le canal de l’Ourq (aïe, ascenseur en panne…. j’ai préféré ne pas compter les marches), la Géode, la Cité des Sciences, bref, un loooong aller-retour, mais bien agréable par cette soirée fraîche et animée. Et là, j’avoue que ce mélange d’ancien et de contemporain me plait bien. Probablement parce que c’est l’ensemble qui a été pensé.

Lundi, temps gris et brumeux, ou pollué ? (je passe le dimanche, sur lequel je reviendrai plus tard). Rendez-vous « sœurternel » du côté de la gare de Bercy, je me décide (après un délicieux plat de nouilles aux légumes dans un restaurant Thaïlandais, excellente adresse : Khun Nai, dans le 12ème) pour une balade dans le parc de Bercy. Hélas, tout le palais de Bercy était ceinturé de barrières en l’honneur (j’ai cru comprendre) de J-M Jarre… ne restait plus qu’à tout contourner, et bien sûr, je l’ai fait par le mauvais côté 😦 et me suis retrouvée le long des quais, circulation de folie, feuilles mortes, Seine grise, et avec ce ciel plombé c’était pas rigolo… Mais bon, finalement, j’y suis arrivée, et comme tout de même j’avais passé pas mal de temps à contourner ce truc, après avoir fait un petit coucou aux statues avant la passerelle, je traverse la Seine pour aller vers la BNF et ses constructions. J’aime bien cette passerelle Simone de Beauvoir. Un pont entre deux mondes…

Et bien, ce coin-là sans soleil, c’est pas franchement gai ! Des grues partout, des immeubles en veux-tu en voilà, sans unité, à croire que c’est à qui ferait le plus pire ! Comme j’avais décidément les pensées aussi grises que le ciel, voir les arbres enfermés de la BNF, ou ces arbustes encagés, ces grandes plateformes grises, ça n’a rien arrangé ! Même les chaises et tables roses, bleues et vertes disposées sur un côté du parvis n’ont pas réussi à me faire admirer ces constructions « à la sauvage ». D’autant que cet immeuble noir de chez noir ne porte pas à la gaîté ! Bon sang, si c’est ça que nous allons laisser comme paysage urbain à nos petits-enfants…

Heureusement, un charmant salon bio s’est trouvé sur ma route, et un thé + une tarte au citron m’ont remis le moral en meilleure forme. Métro, et direction Les Halles. Ben oui, pas très folichon, et plutôt provincial, mais je cherchais un endroit où je pourrais tranquillement regarder les appareils photos de près, et vadrouiller ensuite au milieu des livres. Le lieu a assez mal vieilli, gouttières sous la grande verrière superbement décorée (oui, la pluie est arrivée vers 17 heures), un peu triste tous ces magasins et escalators (mais je ne m’en plains pas, monter des escaliers sans fatiguer les genoux, c’est super !).

Je regarde vite ce que je voulais voir, et ressors vers le Paris, le vrai, avec ses vieux immeubles, ses lumières…054_12dec16_fontaine-innocents Sur la prochaine page, ce sera une tout autre architecture, luxueuse je reconnais, mais honnêtement, entre la BNF, son quartier aux constructions n’importe quoi et… ça… les yeux retrouvent le plaisir de regarder… même si par endroits les immeubles pointent leurs idées de grandeur, leur course folle au gigantisme, dans un désordre total. 089_13dec16_fondation-vuitton

Paris, l’ailleurs est ici…

Une journée et demie à Paris… c’est toujours bon à prendre !

Signé Denise-27avr14_2329Surtout quand, une fin d’après-midi de dimanche, vous avez la possibilité d’assister à un spectacle délirant, complètement déjanté, de chanson française trèèèès humoristique, humour parfois grinçant, parfois mélancolique, spectacle porté par cinq hurluberlus qui ne reculent devant rien… Les « Signé Denise » faisaient le concert de sortie de leur premier disque. ( http://www.signedenise.com/#Bonjour.A )

Et donc ce lundi, programme défini, plan en poche, me voilà partie à la découverte : 19° arrondissement le matin, puis 13° l’après-midi. Pas de chance, le Centre 104 est fermé le lundi… j’aurais dû mieux étudier mon programme 😉

Petite pluie, en plus… mais je me console avec les reflets des trottoirs.

Et pour ce Centre que je voulais découvrir, installé dans d’anciens entrepôts de Pompes Funèbres magnifiques, je dois me contenter de la vue des statues en terre cuite depuis la grande grille d’entrée, et tant pis pour tout le reste.

Alors, je vais au hasard dans ce quartier pas spécialement beau architecturalement, mais qui cache quelques endroits accueillants, passages, petites rues où de vieilles maisonnettes se mêlent aux immeubles, avec des vestiges (peut-être) des métiers qu’elles ont abrité ?, entre deux immeubles, un plaquiste ? un marbrier ? avec dans son entrepôt une treille ombrageant un ancien abri, et ces lignes droites, arrondies, brisées, de nouveaux immeubles où pour une fois ce n’est pas moi qui fais des photos « penchées » mais les immeubles qui proposent de nouvelles perspectives ! J’aime bien aussi retrouver, sur les murs d’anciens petits immeubles, ces marques des cheminées, toutes n’ont pas été masquées, et cela donne un air de faux tag à ces vieux murs de briques…

De là, j’ai eu envie de belles maisons anciennes, d’un peu plus d’espace, et me suis dirigée vers l’île Saint Louis. Oui, pas terrible comme idée, bien « touriste de province » 😉 , mais de temps en temps, faire le tour de l’île au-dessus des quais de la Seine, c’est bien agréable. Un peu de ciel bleu pour agrémenter la balade (et faire oublier le genou qui tire de plus en plus… mais c’est bête, quand je démarre une journée dans Paris, j’ai du mal à me poser, envie toujours d’aller voir plus loin…), et le long de ce quai d’Anjou, que de belles demeures !!! Dont l’hôtel de Lauzun aux luxueux conduits de descente des gouttières (il paraît qu’on peut visiter, mais je n’ai rien vu sur place qui l’indiquait). Les boutiques de la rue Saint Louis en l’Île sont magnifiques à regarder, bien sûr, les chimères de l’hôtel Chemizot font courir l’imagination… et, au hasard des portails ouverts, décorations fastueuses ou petites cours dévoilent le quotidien des habitants de l’île, pas toujours aussi extraordinaire que les façades le laisseraient supposer !

De Saint Louis à Notre Dame, il n’y a qu’un… pont. Que j’ai franchi, mais je ne me suis pas attardée, trop de monde (oui oui, bien plus que sur l’île Saint Louis) ! J’ai pu remarquer qu’il n’y a pas que sur le pont des Arts que les cadenas s’attachent, ils se bousculent aussi sur le pont de l’Archevêché, et les graffitis se multiplient sur les parapets du jardin.

Re-métro… c’est certain, ce moyen de transport est infiniment pratique, mais qu’il est triste ! et là, j’avoue, je commençais à en avoir ras-le-bol de l’air des couloirs et des tunnels du métro. Mais pour traverser Paris, il faut avouer que c’est le plus rapide. Donc, me revoilà dans le 13°, où j’avais décidé de m’offrir un grand moment de dépaysement, en tout cas, c’était promis par les pages trouvées dans un vieux guide. Et de grand dépaysement, point ! D’abord, un lundi, beaucoup de magasins sont fermés, zut ! Ensuite, pourquoi m’attendais-je à me trouver au milieu du film « Chinatown » ? En fait de Chinatown, les immeubles ressemblaient à ceux du 19° vus le matin, bon d’accord certains étaient franchement plus hauts voire plus moches… Les toits en forme de pagodes annoncés par le guide étaient un peu ridicules quand on a vu des pagodes, même simplement en photo, il faut beaucoup d’imagination, et je vous assure que je n’en manque pas, mais je n’y ai vu que des toits vaguement « pagodés ». Une grande fresque  à côté de l’église Saint Hippolyte, proclame « De tous pays viendront tes enfants », belle prophétie pour notre capitale ! Et j’ai raté la visite de Notre-Dame-De-Chine, un peu désorientée par sa proximité avec l’église, j’ai raté le temple de l’amicale des Teochew, désorientée par les travaux sur la place, bref : circuit à revoir (et mieux planifié) pour une autre journée !

Par contre, pas de déception dans les magasins : côté décoration et maison, le kitsch le plus démentiel voisine avec de belles lignes modernes de vaisselle, côté nourriture l’amateur de découvertes exotiques est au septième ciel, les couleurs flashent, longanes, rambutans, durians, autant de noms évoquant un « ailleurs » qui, ici, n’est plus imaginaire, mais bien réel lorsque vous entendez le cliquetis des caisses à la sortie de ce paradis extraordinaire.

J’avoue ne pas avoir arpenté de long en large toute cette partie du 13°, mais après cette immersion dans l’exotisme alimentaire, j’ai fini par rencontrer un autre dépaysement. Il se trouvait dans un coin de parking, plutôt bien caché, les alentours n’en sont pas spécialement accueillants, mais lorsque vous y entrez, plus d’hésitation, vous êtes ailleurs. Et ici.

 

Comme un reflet dans l’eau…

Comme un reflet dans l’eau…

… jeux de miroir, dans les vitres, dans les flaques, dans les lacs, dans la lagune !

Balade dans la forêt, après la pluie, et les pins se multiplient à l’infini. Balade au bord d’un lac par un jour de ciel bleu, un jour de ciel gris, et les plantes jouent les coquettes. Balade en bord de Saône, un soir de novembre, et le cygne se croit dans le solo de violoncelle de Saint Saëns, tendre et solitaire…

Mais tous les reflets ne sont pas sur l’eau, parfois ce sont les maisons qui se mirent sur les fenêtres voisines, ou bien par un subtil jeu de miroirs les voûtes des Jacobins font chavirer la tête, et en Islande il est des soirs où l’on ne sait plus très bien où est le ciel et où sont les nuages…

Iceberg en miroir sur Jokullsarlon, Borgarnes côté ciel côté fjord, mirage sur le Doubs, Courbet revu et corrigé au naturel à Ornans, magie de la lumière !

Et bien sûr, Venise !!!! Venise où tout n’est pas que reflet, mais… selon l’heure, le temps, la lumière dévoile les secrets de la ville, les façades s’illuminent, tremblent dans les rii, les arcs des ponts deviennent des cercles presque parfaits, à Burano après la pluie les couleurs des maisons transforment les rues en aquarelles, et dans les flaques laissées par l’acqua alta les réverbères voient double…

Paris novembre_2099Et quand, par un bel après-midi d’automne, Paris joue au jeu de miroir aux Tuileries, difficile de résister… Magique !

on m’a parlé de toits…

Paris_786     Quoi de plus important pour nous, humains, que d’avoir un toit au-dessus de nous ?

Et c’est toujours bien intéressant de découvrir, vus d’en haut, les toits d’ici et  d’ailleurs ! Les villes sont là, sous nos yeux, avec leurs secrets bien cachés sous des toits gris, rouges, colorés, nous invitant au rêve…

Reykjavik, depuis la flèche de Hallgrimskirkja, cette cathédrale étonnante, nous offre une tout autre vue de la ville. Car, si les maisons sont colorées, il faut bien avouer que leurs toits ne sont pas en reste ! Et du haut de la bibliothèque de l’eau, à Stykkisholmur, toits et maisons nous donnent l’impression d’un beau jeu de Lego…

Plus discrets, dans les tons de gris, parfois bien tristes lorsque le soleil n’est pas au rendez-vous, enchevêtrés, méli-mélo où par endroits une touche de rouge vient exciter notre imagination nourrie par livres anciens ou films sur des tranches de vie « exotiques », les toits des hutongs de Pékin (quand ils existaient encore), vus de la Tour du Tambour

A Édimbourg, du haut de la colline de Holyrood, toits d’ardoises, de tuiles font bon ménage, mais au château de Blair, les ardoises sont reines.

Et Rome … que ce soit depuis le château Saint Ange, depuis le Vatican ou depuis la colline Gianicolo, c’est une splendeur toute impériale qui nous éblouit… là la place Saint Pierre, ici les thermes de Caracalla, là-bas le Panthéon, et toutes ces habitations construites sur des années et des années d’Histoire !

Les campaniles de Venise sont là pour nous entrainer bien au-dessus de tout, nous faire oublier les touristes pressés, certaines boutiques où règne le « fabriqué en Chine », pour ne montrer que les tuiles au soleil, les coupoles de San Marco… (et parfois les tuiles sous la neige…, depuis « notre » appartement de Cannaregio)

Mais Paris… Paris vu du haut de Notre Dame, avec pour compagnons les animaux fantastiques, ou bien du haut d’un certain grand magasin où l’on joue « vol au-dessus des toits de l’Opéra », Paris et ses toits gris, ou verts, la meringue du Sacré Cœur tout au fond, la Tour Eiffel au milieu des toits gris des immeubles Haussmanniens, un peu de vert des squares, Paris, autre reine de cœur dans ma liste des villes de beauté…

C’est beau, une ville, d’en haut !