Souvenirs de fraîcheur

Souvenirs de fraîcheur

Le thermomètre flirte avec les 38° à l’ombre et sous abri, le vent d’autan (même léger) n’arrange pas les choses… dans la maison, toutes portes, fenêtres et volets fermés c’est du 25 à 26°, l’eau de la piscine (malgré ses 28°) apporte un peu de réconfort, d’autant que pour y arriver il faut faire quelques pas sur le « gazon » devenu paille et avec un « ressenti » (comme on dit à la météo de 45°)… je me prends à rêver d’Islande !

Petit retour sur mon dernier séjour dans cette île si attachante, histoire de retrouver le vent, les couleurs, les ciels, les glaces, les caldeiras, les cascades, les sources chaudes…

Cette année-là (septembre 2017), nous avions même réussi un jour à enlever les polaires, et pourtant nous étions à Sudureyri, dans « le haut à gauche » de l’Islande, là où le dessin de l’île forme comme une main. Bien sûr, il y a eu quelques journées moins estivales, et en aucun cas comparables à ces jours-ci 😉 , mais nous n’avons jamais eu vraiment froid. Et puis, dans les accueillants petits restaurants ou cafés des villages, les soupes et plats nous réconfortaient si besoin. Sans oublier les myrtilles ramassées dans la journée et dégustées avec le skyr !

Bref, ce sera pour une autre année… peut-être… bon mois d’août à vous toutes et tous !

Exotique

Exotique

Ce mois-ci, le rendez-vous de #En France Aussi a pour thème « exotique »… Le mot évoque tellement les plages blanches, les mers ou océans aussi bleus que le ciel, une végétation luxuriante, palmiers et autres plantes exubérantes. Du coup, moi qui n’ai quitté ma campagne qu’en février cette année, et pour Venise en hiver, je me demandais ce que je serais allée faire dans cette histoire ! En réfléchissant, l’exotisme ça peut aussi être ce qui n’est pas habituel… mon petit coin réservé aux plantes grasses, des plantes venues d’ailleurs et amoureusement cultivées, celles aux noms qui font rêver, comme la nigelle de Damas, ou l’anthurium…

Ce pourrait être ce pin isolé qui, sous la brume ou sous le soleil du soir, me fait rêver au Japon…

Je peux aussi le trouver au festival africain de mon village, en juillet, où toute l’Afrique se dévoile, ses couleurs, son artisanat, ses musiques… ( https://bborda-silvand.blog/2017/07/11/wassan-africa-2017/ et https://bborda-silvand.blog/2019/07/29/wassan-africa-2019/ )

Et finalement, j’avoue, j’ai triché, je suis sortie de France, j’ai tout simplement pensé à mon île exotique de ❤ , où la chaleur n’est pas vraiment le point fort, où on ne se prélasse pas dans des transats sur des plages de sable blanc, mais où tout sort tellement de l’ordinaire, où les paysages font rêver, où on se sent complètement ailleurs… Là où l’angélique se mire dans les cours d’eau, où les phoques se prélassent sur leurs lits de rochers et d’algues, où la glace et le feu s’unissent, où l’eau des fjords peut se teinter de turquoise ou de noir, où sous les rochers et les mousses vivent les trolls et les elfes, où on arrive tout juste (et avec beaucoup de courage) à se tremper les pieds même en août 😉 !

Voilà mon exotisme à moi… En attendant d’y re-re-re-re-repartir (j’espère, au moins encore une fois…), je suis aussi tellement bien dans ma campagne des Hauts Tolosans, où le mot « exotique » vient parfois s’inviter 😉

Cet article participe au rendez-vous mensuel #EnFranceAussi créé par Sylvie du blog Le Coin DesVoyageurs. Ce mois-ci, c’est Caroline du blo« Evasions Nantaises » qui nous a proposé le thème “exotique”.

Place au concours,  Gallimard s’associe ce mois-ci  à nous pour vous offrir un guide.

Mode d’emploi :

  • Commenter un des articles du rendez-vous (le mien par exemple ou/et un autre)
  • Et commenter sur la page Facebook du rendez-vous (en indiquant le blog sur lequel vous avez mis votre commentaire).

Islande, derniers jours…

00_09sept17_route vers FludirTemps gris aujourd’hui, alors, retour sur les deux derniers jours de ce circuit, dont un aussi gris que maintenant… Ce 9 septembre commençait bien, pourtant, avec relaxation complète dans le Lagon Secret de Fludir. Qui, à mon avis, sera de moins en moins secret, et c’est bien dommage ! Nous étions les premières, il faisait bon, ciel bleu au-dessus des marshmallows géants dans les champs sur la route pour arriver au village, petit chemin bordé de serres illuminées, et ce bassin, arrivé là comme par enchantement…

Après ce beau moment de détente, nous reprenons la route vers deux des attractions touristiques les plus en vue à partir de Reykjavík : les chutes de Gullfoss et Geysir. D’abord les chutes. Impressionnantes, encore une fois ! Cette imposante masse d’eau se jetant dans la gorge étroite dans un grondement sourd, nous entourant de gouttes d’eau (limite pluie…), stupéfie, et tant pis si nous n’avons pas droit à un arc en ciel, c’est déjà « trop » beau ! Là aussi, le parking est de plus en plus grand (on comprend pourquoi en voyant le monstre à côté duquel je me gare 😉 ), la boutique d’accueil s’agrandit encore…

A Geysir, la pluie nous a rattrapées, mais elle n’empêche pas Strokkur de jaillir régulièrement. L’eau brûlante trace de beaux dessins sur la terre tout autour.

Décidément, le temps n’incite pas à la balade, nous filons sur Reykjavík, par la route la plus directe. La pluie s’arrêtera, pourtant, et nous photographierons nos derniers marshmallows du voyage, mais sous le ciel gris cette fois.19_09sept17_route vers Reykjavìk A Reykjavík, les péripéties reprennent, car la propriétaire de notre hébergement ne nous avait réservé les chambres que pour la nuit du lendemain… mais Monique est une débrouillarde, et elle nous trouve un hébergement en centre ville, tout à côté de la Hallgrimskirkja. Nous posons nos bagages, c’est la fin de la journée, nous partons nous balader en ville. Le lendemain, re-chargement de la voiture, et d’hébergement, mais au passage nous nous arrêtons au Musée National. S’il y a un musée à ne pas rater à Reykjavík, c’est bien celui-ci. L’Histoire du pays, les traditions, la naissance de l’Islande indépendante, notre époque, des années 800 à nos jours, c’est toute l’Islande qui déroule sa vie…

Installation, et hop ! balade, malgré le vent, dans la vieille ville (nous sommes logées en plein centre ville, au bord du lac Tjornin), nouveau musée, le 871 +/-2 (un mur datant de 871 a été mis au jour dans ce lieu, et le + ou -, c’est la marge d’erreur !). Bon, d’accord, on est vraiment sur le lieu de « naissance » de Reykjavik, panneaux explicatifs animés, effets sonores et visuels, ruines d’une ferme datant de 930, mais je suis restée un peu sur ma faim. Enfin, là, on réalise ce qu’en à peine plus d’un siècle, la « civilisation » peut faire… même si on n’a pas envie de revenir aux années 930, on éprouve un peu de nostalgie en pensant aux forêts disparues, aux transformations…

Nous fonçons ensuite vers la Maison de la Culture, voir les parchemins, éditions originales des sagas, rapatriées en 1961 du Danemark. Malheureusement, le musée ferme ses portes 1/2 heure plus tard, alors il faut choisir ! Comme j’ai déjà vu les manuscrits, je grimpe au 2ème étage, voir les expositions. Cabinet des curiosités, tableaux contemporains, dont celui-ci, qui m’a amusée : « Fiskar Sjavar » (poissons de la mer) de Helgi Torgils Fridjònsson.

La salle de concert, Harpa, superbe architecture, toute en vitres, immense. Vue sur le port de plaisance, sur la baie.

Dehors, le ciel est bleu, mais un vent violent nous empêchera de vraiment nous promener en ville et découvrir toutes ses maisons anciennes, colorées. Nous finirons dans un restaurant très sympa, où nous retrouverons le fameux plokkari et du « fish ans chips » excellents.

Lever tôt le lendemain, car même si l’avion part à 9h25, il faut rendre la voiture et passer les contrôles, devenus bien longs depuis quelque temps… Bless bless, ma belle île !

Temps superbe pour ce premier vol jusqu’à Londres. Nous passons au-dessus de la route du premier jour, le long de la côte sud, au-dessus des îles Vestmann… une étape dans mon prochain tour d’Islande ?

La fin du voyage sera mouvementé, atterrissage à Montpellier, attente, taxi jusqu’à Galembrun… bref, 8 heures de retard sur l’heure d’arrivée ! Et manif l’après-midi !22089064_836472256531232_7105616516948894886_n

Islande, 9, côte Sud

_DSC0685C’est vrai que j’aurais pu, au lieu de donner des numéros, indiquer le lieu, même approximatif de ces balades en pages. Trop tard. Et donc, posant deux jours en une page, je vous propose des images de cette côte Sud de l’Islande, partie la plus courue du pays. Autant nous étions tranquilles la plupart du temps sur les routes, et avions l’impression d’être les reines de cette île, autant, dès notre arrivée sur cette partie du pays, nous retrouvons notre rang de touriste lambda ! Tout est à peu près calme pendant 75 kilomètres depuis Höfn, nous approchons doucement le Vatnajökull, entre ciel bleu et nuages.

Mais nous revenons à la réalité à Jökullsàrlòn : parkings surchargés de bus et véhicules, et le nombre de touristes correspondant… En plus, la grisaille est revenue. Moi qui ai un souvenir lumineux de mon premier passage ici, avec beaucoup beaucoup moins de monde, et du soleil, là, je suis presque déçue. Presque, seulement, car il faut reconnaître que cet endroit est assez magique, malgré tout. Icebergs bleutés ou striés de noir se baladant sur le lac… mais quel dommage, quel dommage, ces zodiacs hurlant entre les blocs de glace, polluant la surface de traces d’huile… J’espère qu’un jour l’Islande prendra conscience des dégâts causés, et freinera ces démonstrations.

Les blocs détachés du glacier glissent dans le chenal, suivant la marée, vers l’océan où ils voguent, ou s’échouent sur la plage, en centaines d’éclats dignes des plus grands verriers… Ici et là, des plumes, et même un goéland échoué sur la plage de sable noir.

Même le lac glaciaire suivant, Breidàrlòn, commence à être envahi de visiteurs pas toujours sensibles à l’environnement : le nombre de papiers, mouchoirs, jetés par terre…. mais ça, c’est un peu partout dans le pays que nous l’avons constaté, dès qu’il y a un site majeur (et comme il y en a beaucoup…). Allez, ne boudons pas notre chance, allons jusqu’au bord du lac, et profitons du glacier, des blocs de glace, des tons allant du blanc au gris, tout en douceur.

Nous passons à Svinafell, où nous dormirons le soir, déposons nos bagages, et filons pour une première balade dans le parc de Skaftafell, quelques kilomètres plus loin.

Courte balade, enfin, près de deux heures tout de même, jusqu’au lac glaciaire. Et là, nous sommes presque les seules !

D’ailleurs, le lendemain (8 septembre), nous ne croiserons que peu de marcheurs lors de notre petit circuit (environ 3 heures) jusqu’à Svartifoss puis Sjonarsker et retour par les vieilles fermes, Sel.

Arrêt pour le repas de midi à Kirkjubaejarklaustur, où nous découvrons de nouvelles variétés de pains pour accompagner notre soupe du jour 😉 et nous arrêtons à la sortie de la ville pour une courte marche dans les laves moussues, mais rassurez-vous, nous suivons un sentier bien balisé, pour ne pas abîmer le champ de lave.

Et nous partons vers Vìk, ses trolls pétrifiés, mais surtout Reynir et ses orgues basaltiques. Ciel bleu magnifique, mais malgré ça nous ne sous baignerons pas… nous aurions bien été les seules ! Plage de cailloux noirs, grottes feuilletées, et, grimpées sur ces tuyaux d’orgues de pierre, trois demoiselles « gothiques » et assez dénudées posant pour un photographe. Pour le clin d’œil, j’ai fait une photo, mais ils étaient nombreux à béer devant le groupe, au lieu de se balader sur la plage. Car ici aussi, la petite plage déserte d’il y a quelques années s’est bien adaptée, avec centre touristique, parking… j’ai eu du mal à m’y retrouver, pourtant ce n’est pas grand.

Après avoir rempli nos poches de beaux galets, nous repartons vers les prochaines découvertes, en longeant nos derniers glaciers, Myrdaljökull et Eyjafjallajökull. Deux cascades au menu, Skogafoss et Seyjalandsfoss. Skogafoss, à cette heure de l’après-midi est déjà dans l’ombre des falaises. Mais Seyjalandsfoss bénéficie du soleil de fin d’après-midi, et… nous aussi.

Le soir, nous aurons droit à un petit chalet au bord de la rivière à Hella, où l’électricité nous causera quelques petits soucis, soucis qui ne nous empêcheront pas de passer une belle nuit au calme. La suite, plus tard, mais c’est presque fini… En attendant, ici, c’est retour du soleil, et les dernières roses côtoient les premiers chrysanthèmes.

Islande, 8

01_6sept17_au-dessus de SeydisfjordurUn temps Islandais, ici, aujourd’hui ? Sauf que, si nous avons trouvé du gris, de la pluie plus ou moins forte, du soleil, des nuages, en Islande, je n’y ai encore jamais entendu le tonnerre. Je viens de m’en rendre compte. Fini l’été indien, semble-t-il… retour à l’automne. Au moins, je n’aurai plus à arroser les pots de fleurs… Allez, retour au 6 septembre, en haut du globe, sur la côté Est de l’Islande. Les fjords de l’Est ! Bien contente ce jour-là de les découvrir sans brouillard. Départ de Seydisfjördur, arrêt au-dessus du port, monts encore un peu « embrouillardés », mais le soleil est avec nous pour admirer cette descente vers le fjord, la cascade, le chaos de roches. De l’autre côté, vers Egilsstadir, c’est brouillard et compagnie… dommage, la vue n’est pas mal non plus depuis le haut du col.

Nous faisons nos provisions de pain dans la seule bakari de la région ! (sinon, c’est le pain industriel des supermarchés), indiquée hier soir au Centre d’Information touristique. Et reprenons la route, vers ces fameux fjords. Nous ne contournerons pas tous les fjords, mais tout de même une bonne partie ! Première halte, à Fàskrufjördur, le village de « Pêcheur d’Islande » de Pierre Loti. Visite de l’ancien hôpital français, où l’histoire des marins français est racontée dans ce petit musée. Souvenirs émouvants de la rude vie de l’époque, avec une reconstitution des quartiers des marins sur leur bateau.

Le village est calme, maisons fleuries, port ensoleillé… pique-nique au soleil, puis café au Sumarlina, avant de reprendre la route, et cette fois d’aller tranquillement de fjord en fjord, de vallée en vallée.

Monts déchiquetés aux parois nues, prairies, fermes, une route tranquille.

Un joli phare orange nous fait de l’œil, sur la côte. Arrêt pour une courte balade. Nous sommes sur une tourbière, on n’a pas intérêt à sortir du sentier ! La côte est belle, le phare lumineux, et encore une fois, nous sommes seules au monde…

Dans un fjord, de grands cercles, deux ou trois bateaux autour. Élevage de saumon ? Et voilà, l’illusion du vrai saumon islandais encore sauvage tombe à l’eau…

Ces fjords sont aussi le domaine des cygnes, et c’est vrai que nous en verrons, mais difficiles à surprendre, même en avançant sur la pointe des pieds.

Nous arrivons à Höfn au soleil couchant, et découvrons, derrière notre hébergement du jour, tout au fond, le glacier, Vatnajökull, que nous allons contourner toute la journée du lendemain. Mais pour le moment, c’est repos. La spécialité de Höfn étant le humar (langoustine), nous nous offrons un vrai restaurant. Un peu affolées par les tarifs pratiqués, nous restons sages, autant que faire se peut… Nuit dans l’AJ de Höfn : après l’ancien hôpital transformé en AJ, nous allons découvrir l’ancienne maison de retraite ! Nous n’avons peur de rien 😉 .

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4 septembre, d’Akureyri à Husavìk. Nous sommes encore dans le Nord du pays. Quartier libre dans la ville d’Akureyri, les touristes (dont nous faisons partie 😉 ) sont nombreux dans les rues et les magasins de souvenirs… nous sommes loin du grand calme d’hier ! Et côté temps aussi, nous sommes loin du beau ciel bleu d’hier.

Nous aurons de la pluie presque toute la journée… Godafoss, lumineuse malgré la grisaille.

28_04sept17_MyvatnRoute vers Myvatn, que je me faisais une joie de revoir, et même de faire de nouvelles découvertes. Même pas eu envie de marcher, tellement le vent et la pluie nous ont découragées ! pourtant, on a essayé… Heureusement, la pluie s’étant arrêtée, nous avons pu découvrir à loisir Hverir et son paysage lunaire, étonnant, subjuguant. Roches jaune soufre, cratères de boue bleue bouillonnante, montagnes ocres, fumées (pas terrible l’odeur…), et, un peu en dehors du site balisé, un mini lac d’eau claire sur fond de terre ocre, herbes, fleurs. Jolie mais boueuse, la terre craquelée ! (et encore, sur la photo, j’avais déjà enlevé une bonne partie de boue).

Nous repartons vers Krafla, zone géothermique, son usine, ses kilomètres de tuyaux serpentant le long de la montagne, et le lac de cratère de Vìti, plus haut, d’un bleu-vert éclatant sous la grisaille.

Halte aux bains chauds de Myvatn, le passage depuis l’intérieur jusqu’au bassin, en plein courant d’air est plus que rafraichissant, mais une fois dans l’eau, quel régal, quel délassement ! Nous n’avons plus qu’à oublier la pluie, les ratages de la journée (compensés par d’autres découvertes, heureusement), et aller jusqu’à Husavìk pour passer la nuit. La maison d’hôtes est dans une ancienne maison aux parquets craquants, à la déco un peu kitsch, mais il y fait bon. Nous la partageons avec un trio de Japonais très discrets.

5 septembre, vers les fjords de l’Est. Changement de lumière, nous avons droit à une journée en bleu ! Avant de repartir de Husavìk, nous achetons du pain noir cuit sous terre, grâce à la vapeur des sources géothermales : il est délicieux, mais je ne saurais en décrire le goût. Encore une presqu’île, Tjornes, avant de retrouver la route 1. Nous avons droit à une route luxueuse… et à des paysages époustouflants encore une fois. En plus, nous sommes seules sur la route.

Arrêt à Asbyrgi, immense gorge en fer à cheval. Soit on accepte que ce soit le cheval volant (à 8 pattes) d’Odin qui a accidentellement touché le sol et laissé l’empreinte de son sabot, soit on est plus matérialiste et on cherche une explication géologique. Moi, j’ai décidé de ne pas choisir, et j’ai simplement admiré le lieu, en suivant un sentier dans la forêt toute dorée, qui aboutit au fond de la gorge à un lac adorable peuplé de canards, où on a du mal à distinguer la nature de son reflet tellement l’eau est claire sous ce ciel bleu.

Beaucoup de randonnées à faire dans cette gorge, mais… nous repartons, vers une nouvelle chute d’eau : Dettifoss. La route n’est plus du tout luxueuse… mais la région que nous traversons est fantastique : champs de cailloux, de roches jetées n’importe où, coupés de vastes étendues de taillis roux-dorés.

Et c’est Dettifoss. Impressionnante, grandiose. Un long chemin caillouteux pour arriver au bord de cette eau turbulente. Mais quelle récompense !

Il ne nous reste plus qu’à rallier l’Est de l’Islande. Traversée de montagnes, moutons, fermes, torrents, cascades, mais point de rennes, dans cette région où, dit-on, il y a des troupeaux… Sur la route, à force de guetter les rennes, j’ai bien failli nous embarquer dans le bas-côté de la route : les routes sont, en général, assez surélevées par rapport aux côtés. Mais rien de cassé, juste une belle frousse. Fin de journée, nous traversons Egilsstadir,  passons un col pour arriver à Seydisfjördur, le brouillard commence à tomber, dommage, ce petit port aurait été plus riant au soleil, avec ses maisons colorées…

Logement dans l’ancien hôpital transformé en AJ superbe. Devant la porte, les fauteuils pour prendre le soleil voisinent avec la pelle à déneiger…

La météo d’Anne-Marie annonce du soleil pour la suite…. en attendant, bonne nuit !

Islande, 6

Nous en sommes, à ce niveau-là (retour sur la « grande partie de l’île »), à 20 fjords contournées, vus d’en haut, des deux côtés, en bleu, en gris, et même en presque noir… et je ne compte pas les petits fjords. Mais quand on passe d’un fjord à un autre, on contourne une péninsule au moins une fois sur deux, ou on la traverse… Ce 3 septembre, nous entrons dans la partie Nord de l’Islande, et faisons le tour de deux péninsules : Vatnsnes et Trollaskagi, pour terminer la journée à Akureyri. Longue route, départ en gris, arrivée en bleu ! Premier arrêt photo en face de notre hébergement, la maison rouge de Bordeyri (on ne peut pas la rater !) :01_03sept17_Bordeyri02_03sept17A l’embranchement vers la péninsule de Vatnsnes, nous décidons d’en faire le tour, l’accueil est sympathique 😉 , et il paraît qu’il y a des phoques à apercevoir… Petit arrêt dans la ville de Hvammstangi, et en route pour la péninsule. Les chevaux sont bien là, mais ce n’est pas l’heure pour les phoques, ils sont partis pêcher…

Par contre, nous ne manquons pas le rendez-vous avec Hvìtserkur, ce troll pétrifié, surpris par le lever du soleil alors qu’il tentait de détruire le monastère de Thingeyrar…

Route non asphaltée, mais nous prenons tellement de plaisir à admirer le paysage, les couleurs, que nous retrouvons la route 1 sans nous en rendre compte (enfin, si, un peu tout de même !), et nous arrivons à Blonduòs à temps pour notre soupe traditionnelle ! Les pains qui l’accompagnent sont étonnants, délicieux, et là encore c’est soupe à volonté. Comme nous sommes à côté d’une station, qu’on a du mal à voir la couleur de la voiture, et qu’il semble que la route à venir soit asphaltée, c’est opération nettoyage ! Chacune un côté…

Avant de découvrir la péninsule suivante, Trollaskagi, arrêt près d’une très ancienne église, en tourbe et bois, superbement entretenue. Mais… pas de visite, la période touristique s’arrête en août, et là, elle n’ouvre plus que pour les offices. Le va et vient des quelques personnes qui ont fait ce petit détour ne semble pas gêner le personnel d’accueil, allongé au soleil (oui, il est revenu !), et nous jouons les curieuses derrière les fenêtres…

Trollaskagi nous offre de superbes paysages, la route longe la côte, eaux moirées, monts où quelques nuages s’accrochent en flocons, nous ne croisons personne sur la route… le pays est à nous !

Et c’est l’arrivée à Siglufjördur, niché au fond du fjord, au pied d’un cirque montagneux, tout ensoleillé ! Balade dans ce petit port, maisons en pierre et toit herbu, anciens entrepôts, je regrette presque de ne pas y avoir réservé l’hébergement du jour…

Je regrette d’autant plus que, en reprenant la route vers Akureyri, dans le tunnel, je me fais flasher… j’avais pourtant klaxonné pour prévenir les trolls et m’assurer de leur bienveillance, comme le veut la tradition, mais apparemment ils dormaient ! Et là, je me dis qu’on n’aurait pas dû laver la voiture, le numéro aurait été illisible 😉 ! Le soir, nous logeons dans la « capitale du Nord », un joli chalet. Mais je garde le soleil et la douceur de notre dernière halte à Siglufjördur dans les yeux… 39_03sept17_ Siglufjördur

Islande, 5

02sept17_fjords de l'ouest_2Je vais essayer d’aller plus vite… sinon, nous serons encore dans les fjords dans 2 ou 3 mois ! Ce n’est pas que je n’aimerais pas y être, « pour de vrai », en plein hiver, juste pour savoir, montagnes enneigées, lacs gelés, cascades glacées… ce doit être magnifique. Mais non, nous sommes au tout début septembre, les jours sont encore longs, et si les nuages noircissent parfois l’eau des fjords, nous avons eu aussi des fjords à l’eau aussi bleue que le ciel. Ce 1er septembre, nous remontons vers Isafjördur, et il fait beau ! La route 60 est magnifique, nous passons de montagne en montagne, nous arrêtons au bord de cascades plus bleues que le ciel,

et rencontrons bien sûr des moutons qui traversent placidement la route (à nous d’attendre…) en nous regardant droit dans les yeux !

Nous dérangeons aussi un couple de cygnes, pourtant nous avions fait le moins de bruit possible…

De belles cascades ce jour-là (mais il y en a tant…), mais la plus impressionnante est celle de Dynjandi. Un sentier caillouteux grimpe jusqu’au pied de la grande chute, pas facile, et j’appréhendais un peu, mais tout s’est bien passé. Tout le long, l’eau s’écoule de cascade en cascade après un départ majestueux, genre « voile de mariée ». Nous sommes restées un long moment sur le site, tellement c’est beau. Y compris côté fjord, d’ailleurs.

Nous suivons le fjord (devinez son nom : Dynjandifjördur, bien sûr !), traversons une péninsule, et arrivons pile à l’heure du repas à Thingeyri. Justement, les deux guides (Routard et Lonely Planet)) indiquent un café-restaurant accueillant dans ce petit village : Simbahöllin. En plus d’être agréable, on y parle français, c’est quand même plus pratique pour choisir…. même si c’est simple : soupe du jour avec ses petits pains maison (et beurre), des gaufres avec confiture de rhubarbe sauvage (spécialité des fjords de l’Ouest) maison ou cookies. Une pause parfaite.

Petit détour jusqu’à Sudureyri, où, paraît-il une boutique étonnante vend des produits artisanaux. Mais nous ne l’avons pas trouvée, et personne n’a pu nous renseigner… Photo estivale sur le port, oui, il peut faire chaud en Islande !!!!!

Nous reprenons donc le tunnel (16 km…), et arrivons à Isafjördur en milieu d’après-midi. Heureusement ! Car pour trouver notre hébergement, nous avons tourné et retourné de sens unique en sens obligatoire pendant une bonne heure. Finalement nous y arrivons. Une ancienne maison de famille, à l’intérieur étonnamment luxueux pour nous… un vrai régal ! Balade en ville (à pied !), achats, repos.

02sept17_fjords de l'ouest_1La route du lendemain est plus longue, et le temps ne s’annonce pas terrible. Mais nous n’irons pas plus haut dans cette partie de l’Islande. D’une part il n’y a pas beaucoup de routes, d’autre part il faudrait y rester plus longtemps pour découvrir en randonnant des sites magnifiques (dit-on), et surtout observer renards arctiques, phoques, baleines, oiseaux… Le lendemain, effectivement, nous avons droit à la grisaille… fjords aux eaux grises, jolie rencontre dans le petit village de Sudavìk : une cabine téléphonique – librairie,

et plus loin, au bord de la route, tranquillement installés sur des rochers et des bancs d’algues :

Une fois de plus nous traversons les terres, d’Ouest en Est cette fois,  pour l’autre côté de cette immense pince de homard, et nous arrêtons à Hòlmavìk, il pleut, nous n’en verrons pas grand chose, sinon le café-restaurant du musée de la sorcellerie ! (encore un délicieux repas, d’ailleurs).

Nous arriverons à notre étape du soir, Bordeyri, en fin d’après-midi, assez tôt pour apercevoir, dans les eaux noires du fjord, un phoque. La maison est tout au bord de l’eau. Sous la pluie, les rochers sont noirs, et des herbes têtues poussent au milieu des roches sur le sable noir, apportant leurs couleurs vives ou tendres. Appartement tranquille de trois chambres, les chaussons  sont fournis… Bonne nuit !

Islande, 4

129_31août_l'AJ de StyykisholmurAvant de partir pour quelques jours dans l’est de la France, retour sur l’Islande : le voyage n’est pas fini ! Aujourd’hui, nous prenons le ferry pour traverser le Breidafjördur (en fait, les « d » du nom sont des lettres particulières que je n’ai pas sur le clavier, qu’on peut traduire par le « th » anglais proche du « z »). Temps gris sur Stykkisholmur, sur l’immense baie-fjord Breidafjördur, avec parfois de jolis coups de lumière, et du bleu par-ci par-là. Arrêt à l’île de Flatey, pour décharger des marchandises. Nous aurions pu y passer la journée, et repartir avec le ferry de l’après-midi mais, les véhicules n’étant pas autorisés sur l’île, je ne sais pas trop comment nous aurions pu faire… peut-être laisser le véhicule dans le ferry ? Bon, nous avions aussi préféré profiter d’une demie journée de plus dans ces fjords de l’Ouest, peu fréquentés par les touristes. Et il faut aussi dire que le ciel gris n’incitait pas à la balade.

Nous débarquons à Brjanslaekur, mini village, et allons tout de suite vers l’hébergement du jour, quelques kilomètres plus loin.

Normalement, les arrivées sont prévues à 14 ou 15 heures, il n’est pas midi, on tente. Accueil souriant par un beau viking, la maison fait chambres d’hôtes et loue quelques appartements, derrière la maison, dont le nôtre. Nous repartons presque aussitôt, vers la péninsule de Làtrabjarg. Nous longeons des plages, ciel noir dans le fond, du bleu vers la péninsule, ce qui donne des reflets métalliques à l’eau…

La route s’enfonce dans les terres avant de retrouver la côte, de l’autre côté, sur l’Ösafjördur. Montagnes étonnantes, fissures, cours d’eau.142_31août_route 62 Kleinfaheidi Mais… il est temps de faire un plein d’essence si on veut arriver à faire notre périple du jour, et c’est aussi l’heure de grignoter quelque chose. Pas d’autre solution que d’aller jusqu’à Patreksfjördur (un saint Patrick Irlandais aurait laissé son souvenir). Ça tombe bien, il paraît qu’il y a un café-restaurant sympa. Et c’est vrai, dans une petite maison ancienne. Soupe ou plat Islandais : plokkari (pas de la brandade, pas un ragout de morue et pommes de terre, entre les deux, et très bon). Une très jolie salle à l’étage, avec des souvenirs de famille. Ensuite, premier contact avec les distributeurs d’essence… pas compliqué, mais la première fois c’est un peu stressant 😉 ! Tout se passe bien, et enfin nous pouvons repartir vers Làtrabjarg. Sauf que… lorsque je veux prendre la route de la côte, ma co-pilote m’affirme qu’il faut continuer… nous ferons donc quelques kilomètres de plus dans les deux sens, endroit et envers… et reviendrons vers la bonne bifurcation. Dans le fjord, des nasses à poissons… le saumon Islandais ne serait donc pas vraiment sauvage… nous en retrouverons dans un autre fjord, vers l’Est. Au fond du fjord, avant de le contourner, un vieux bateau échoué. Puis l’autre côté du fjord, des eaux aux reflets turquoise, un endroit sableux comme des dunes de désert, l’arrivée d’une rivière sinueuse, un éclat de lumière sur les montagnes, du ciel bleu, des nuages, la route (non goudronnée) grimpe, puis redescend vers des plages, des baies où se nichent de minuscules villages.

Arrêt sur la plage de Làtravìk, au village de Hvallatùr, sable blanc, où nous restons un long moment, intriguées par un point noir qui va et vient : c’est un phoque, qui semble nous narguer, en nageant vers nous puis plongeant vers le large… (désolée pour le flou pas du tout artistique, et le grain de l’image…).

Mais l’heure tourne trop vite, et nous ferons demi-tour avant d’arriver à ces fameuses falaises aux oiseaux. Sans trop de regrets, car à cette époque il n’y a plus beaucoup d’oiseaux. Et puis, nous avons vu un phoque… La route du retour nous offre de beaux coups d’œil sur les montagnes, les déserts de pierres parsemés de lacs, les baies, le fjord, tantôt sous un ciel bleu, tantôt sous un mélange de gris et de bleu, ou presque noir…

La suite de ces fjords de l’Ouest, ceux qui sont tout en haut de l’Islande, presque détachés de l’île, comme une pince de homard, dans une semaine, ou plus tard…

5octobre-Galembrun-9 heures.Aujourd’hui, ici, c’était un beau réveil ensoleillé.

Demain soir, Besançon, et si l’automne est ensoleillé dans le Doubs, peut-être y aura-t-il de belles couleurs dorées ou rousses…

Islande, 3

105_30août_Dritvìk et DjupalonJe crois que j’ai trouvé au moins une des raisons pour lesquelles j’aime l’Islande. C’est parce que ce pays s’adapte (peut-être par force) à la Nature, alors que dans le Monde, beaucoup de pays s’efforcent d’imposer leur façon de vivre à la Nature. Alors, bien sûr, c’est en train de changer un peu : les infrastructures pour accueillir les touristes se multiplient, les routes sont plus entretenues, les sources chaudes les plus proches des grands circuits touristiques sont modernisées. Mais, heureusement ?, le pays est obligé de tenir compte des imprévus, volcans et éruptions possibles, enneigement, crues, climat. Et puis il faut bien avouer que, le pays étant assez cher, beaucoup de touristes se contentent de « l’essentiel » à découvrir, avec de courts circuits tout compris, circuits sur lesquels se concentrent les cars de grand tourisme. Quelques sites échappent encore au « tourisme de masse ». Mais quand je regarde les propositions des agences, par exemple le « grand tour de l’Islande », je reste sidérée par les tarifs. D’accord, ils ne proposent pas d’auberge de jeunesse 😉 , et les repas, au moins ceux du soir, sont inclus, mais tout de même. Oui, c’est vrai, la vie est chère en Islande, surtout si vous allez au restaurant midi et soir, si vous ne voulez que des chambres doubles avec salle de bains privative, si vous louez un 4 x 4 même si vous ne comptez pas aller dans l’intérieur du pays, et si vous ne partez pas de l’aéroport d’une grande ville ! Ceci dit, il y a beaucoup de maisons d’hôtes où vous serez logés confortablement, où parfois, le petit-déjeuner est compris, mais où vous partagerez la cuisine et la salle de bains avec d’autres voyageurs. Quant aux repas au restaurant, vous trouverez partout la soupe du jour servie avec du pain (souvent fait maison) et du beurre, des pâtisseries maison, et pourrez découvrir des plats typiques qui ne grèveront pas votre budget, si vous savez vous passer du menu « entrée-plat-dessert-vin-café »! C’est sûr, pour une bouteille de vin… Et… l’Islande étant à la mode, le pays en profite. Qui leur reprochera ? A part moi. Qui ai commencé à oser y aller en 2008. Avant, je me contentais d’en rêver, devant les photos que mon frère en rapportait (www.waysofnature.com )…

Bon, assez de bavardage, les images de ce troisième jour du circuit : le tour de Snaefellsnes, la péninsule où dort (?) le volcan du « Voyage au Centre de la Terre ». En juin 2015 j’avais découvert, grâce au Routard, une petite route qui traversait des champs de trolls (grandes étendues de rochers de lave tordus, aux formes étonnantes, recouverts de mousses aux couleurs changeant selon la saison ou même l’heure… et où, bien sûr, se cachent les trolls et les elfes). Pas question de la manquer cette fois encore. Nous n’y rencontrerons que des moutons, des cygnes sur un lac, y cueillerons des myrtilles, y ramasserons des morceaux de lave rouge ou noire, et y ferons de multiples arrêts-photo, mais en aucun cas des excès de vitesse !

Nous retrouvons la « vraie » route un peu avant Grundharfjördur, longeons de belles plages, et nous arrêtons au Centre des Sagas de ce port. Lieu de rencontre, de réunion, on peut y manger, consulter les livres, faire le tour du « musée » où sont regroupés d’anciens objets de la vie des habitants, et découvrir que le village est jumelé avec Paimpol, parce que longtemps les pêcheurs bretons ont vécu ici entre deux retours au pays…

Nous passons devant le rocher église, une belle chute d’eau, et arrivons, toujours en longeant la côte au port de Olasfsvìk (vìk = baie). Église curieuse, toute en triangles…

Mais l’heure tourne… il est temps de trouver soit un coin pour grignoter, soit un café accueillant… le temps gris, bruine intermittente, incite plutôt à l’abri ! A Rif, le café Gamla est sur la route (enfin, il faut un peu chercher… mais je me souvenais bien de la rue), et nous accueille, avec toujours autant de gentillesse. Une ancienne maison, avec encore un petit salon aux vieilles photos, mais des pièces claires, aux couleurs douces, du bois, de jolies lumières… les propriétaires-cuisinières envisagent de déménager dans le village cet hiver, espérons que l’ambiance restera aussi accueillante ! Et la cuisine aussi délicieuse. Soupe de poissons, pain frais maison… et des desserts… on aurait envie d’y passer tout l’après-midi, s’il n’y avait pas tellement de découvertes à faire encore 😉

Coup de chance : s’il bruine lorsque nous sommes sur la route, lorsque nous nous arrêtons, la pluie s’arrête aussi ! Plage de sable doré de Skardsvik, ou plage noire de Dritvìk, église elfique et cathédrale de trolls, rochers noirs ou grisés de Djùpalòn, pierres de levage et débris d’un bateau naufragé sur fond de galets noirs, phare orange de Svörtuloft et puits enterré de Fàlki (dont on dit qu’il donnait jadis de l’eau fraîche, de l’eau bénite et de la bière !), falaise aux oiseaux désertée, nous roulons au milieu de champs de lave tout autour du fameux glacier encapuchonné de nuages.

Nous terminerons ce tour de la péninsule avec un dernier arrêt en bord d’océan, à Hellnar, pour saluer Bàldùr, admirer les falaises, et regretter de ne plus avoir assez de temps devant nous pour suivre à pied le sentier qui nous mènerait à Arnarstapi…

Au dernier moment, je propose de ne pas rentrer par la « grande » route, soigneusement asphaltée, mais de couper par celle qui contourne le glacier. Panique à bord : les panneaux signalent une route difficile, avec possibilité de crevasses, bref, « mieux » qu’une route gravillonnée. Ce n’est pourtant pas une route classée F, donc nous pouvons l’emprunter… Réflexion et discussion, on y va ! Sûr, c’est pas une autoroute… mais quels paysages ! On ne verra pas le glacier, caché sous les nuages, mais par moments des éclaircies, un pan de ciel bleu, une lumière dans la plaine, les restes de neige, une grotte des chansons (encore une légende qui plane). Et soudain, alors que nous sommes arrêtées pour une énième pause photo, un 4 x 4 nous double, et un visage rieur et enthousiaste nous lance « Hey ! Nice road ! »… heu, oui, on peut le voir comme ça… j’avoue que par endroits je n’en menais pas large, espérant ne pas avoir à faire demi-tour… mais finalement, à part un coin où nous passions juste, entre un rocher et une crevasse, hormis le fait que c’était même pas une route gravillonnée, mais bel et bien en terre, nous sommes rentrées sans dommage ni dommages.

Avec même le cadeau d’une dernière image rêveuse…126_30août_route 570