A la recherche d’outils perdus…

sept2014_3704Tous les ans, dans notre hameau, nous organisons la fête des vendanges… souvenirs d’une époque où chaque agriculteur du coin avait sa vigne, faisait son vin… une époque où les champs étaient encore à taille humaine, où on ne risquait pas de glisser dans le fossé en croisant une de ces machines agricoles monstrueuses, où il y avait des haies dans les champs, et où on pouvait passer d’un champ à un autre sans attraper une insolation… Une époque où chaque ferme avait son chai, et non pas un garage , même si maintenant le chai est devenu garage à tout et n’importe quoi. Bon, je ne veux pas jouer les anciens, et pleurnicher « c’était mieux avant », car je suis bien contente que la machine à laver ait remplacé le lavoir (même si c’était bien rigolo d’aller au lavoir en poussant la brouette de linge… du moins pour nous, les enfants), bien contente de pouvoir me déplacer en voiture pour aller faire mes courses et non pas à bicyclette, d’appuyer sur un bouton et avoir de la lumière, bref, il faut bien reconnaître que, d’accord c’est beau un attelage de chevaux de trait, mais les agriculteurs peinaient autrement plus… c’est beau un faucheur, mais ça va mieux avec une tondeuse… et tant pis pour tous ces bruits annexes dans la campagne, moteurs divers qui couvrent le bourdonnement des insectes qui, eux, continuent vaillamment comme « avant »… Bon, ça y est, j’ai fait mon petit couplet à la mamie, je peux continuer ! Et donc, disais-je, nous allons fêter les vendanges, samedi prochain, 20 septembre. Et cette année, paf ! ça tombe en plein dans les journées du Patrimoine. Bêtement, je me dis « tiens, je vais demander autour de moi des photos de vendanges autrefois, et faire un beau panneau « souvenir » de vendanges à Galembrun ». Et bien c’est pas simple ! D’abord, des photos, on n’en faisait pas autant, sinon pas du tout, vu que les agriculteurs d’antan, ils avaient autre chose à faire que poser pour la photo… ce n’est pas comme les dentelières de Burano ou du Puy qui s’installent devant leur maison pour le plaisir des touristes qui, eux, croient dur comme fer que ça leur fait plaisir d’être examinées (souvent sans même un mot gentil ou curieux) comme des extraterrestres… d’abord, des touristes à Galembrun, faut vraiment les chercher, et je vous assure qu’ils ont tort de ne pas venir passer leurs vacances dans notre joli hameau, mais ça c’est une autre histoire, et tant pis pour eux tant mieux pour nous… sauf au moment du festival « Danses pour tous », là on aimerait bien que les touristes comprennent que c’est là qu’il faut être 😉 ! Donc, me voilà partie à la recherche des outils d’autrefois, machines, pressoirs, comportes, tonneaux, fûts, paniers, sécateurs. Quelle affaire ! Entre ceux qui ont tout bazardé « pour faire de la place » (et mettre la voiture à l’abri des vandales campagnards), ceux qui vous disent « oh, c’est au fond de la grange, trop difficile », ceux qui sont tout étonnés que ça intéresse quelqu’un… j’ai tout de même réussi à trouver quelques souvenirs de ces temps anciens, pourtant pas si lointains, 40 ans ? 35 ans ?

Et entre deux toiles d’araignées, tout en haut d’une cuve à vin en brique, chez une voisine j’ai trouvé cette machine que l’on posait sur la comporte pour un premier tri, quelques fûts, de vieilles machines oubliées, un casier à bouteilles que quelques parisiens aimeraient probablement installer dans leur appartement pour faire « vrai »…

Et au fond du terrain, sous son hangar, le vieux pressoir avec lequel Maurice faisait le tour des fermes pour faire le vin des uns et des autres…

Outils d’antan, vieux souvenirs… le monde avance, avance de plus en plus vite vers des machines de plus en plus sophistiquées, la terre subit ces avancées, pour le moment sans trop se rebeller malgré toutes les saletés qu’on lui fait avaler… le plastique remplace les belles comportes en bois, les cuves en inox les gros fûts cerclés, moins de fatigue certes, mais toujours plus vite, toujours plus de rentabilité, toujours plus d’engrais… et nos petits agriculteurs disparaissent, les paysages se transforment… Et à Galembrun, on continue à fêter les vendanges qui ne se font plus, mais qui gardent encore l’image de la convivialité festive… d’antan…

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