Venise, J3

DSC_1023_10329Fin d’une belle journée presque printanière… sinon estivale ! Porte ouverte, jardinage, taille des rosiers, nettoyage des yuccas, pendant que Raymond taillait la treille. Les violettes sont déjà là…

Mais après un superbe coucher de soleil flamboyant, avant un plat de spaghetti, je reprends les photos de Venise, pour cette troisième journée. Pluvieuse. Au départ, ça pouvait encore aller, mais j’avoue qu’à la fin de la journée, nous avons fait les quelques visites que j’avais prévues au pas de course et tout dégoulinants ! Petit coup d’oeil à la Ca’ d’Oro en face du marché du Rialto, enfilades de cheminées, ces magnifiques cheminées vénitiennes…

le marché aux poissons, avec cette fois un moineau curieux sur le banc (les mouettes et goélands semblaient moins présents, peut-être n’était-ce pas leur heure ?)

et les environs du marché : les instruments anciens dans la vieille église San Giacomo di Rialto au pied du pont, les voûtes peintes derrière les marchands de souvenirs probablement pas fait à Venise, un beau magasin consacré aux vêtements de gondoliers de luxe…, des costumés en vadrouille, des sculptures bizarres dans ces ruelles qui tournent, détournent, contournent.

Déjà, on commençait à se sentir un peu mouillés…DSC_0278_9965Enfin, nous quittons le Rialto pour San Rocco. Une merveille, que je ne me lasse pas d’aller voir à chacun de nos passages… la salle du haut est magique, tout simplement.

Et tranquillement malgré la pluie, de San Rocco nous arrivons sur le campo Santa Margherita. Tout embrumé. C’est l’heure du repas… et comme nous n’avons pas très envie de traîner devant chaque menu de restaurant, nous entrons dans le premier restaurant qui se présente. Bon choix, d’ailleurs. Un peu de temps pour parler avec la patronne, désolée de voir si peu de touristes… nous aussi, sommes étonnés, il y a vraiment peu de monde « en ville » nous semble-t-il. Effet du temps gris ? des événements passés ?

Heureusement, pour la suite de la journée, nous avions prévu de visiter la Ca’ Rezzonico. Temps pis ou tant pis, nous n’avons pas traîné sur la piazza San Barnaba, ni regardé de près le bateau marchand de fruits et légumes… tout juste admiré les gondoles, et le méli-mélo des fils électriques par-ci par-là sur les murs !

La Ca’ Rezzonico, encore un lieu que je ne me lasse pas de voir… Accueil par un gamin rieur et bien dodu au pied du grand escalier menant à la salle de bal. Plafonds décorés, fresques en trompe l’oeil, tableaux, mobilier XVIIIème, portes peintes, sculptures dont l’affreuse « Jalousie »,

et la sublime tête de femme voilée (mais je ne me souviens pas du sculpteur… aiuto !). Dimanche soir : voilà, ça y est, c’est une œuvre de Corradini, merci Elisabeth !

Malgré la pluie, et comme la chaleur du palais Rezzonico nous avait réconfortés, nous continuons vers le pont d’Accademia (où nous croisons une costumée un peu étrange), puis nous arrêtons dans un très chouette atelier de sculpteur-peintre. Qui n’avait pas mis sur sa porte « ne pas entrer, je travaille », comme nous l’avions vu sur une boutique où nous aurions probablement acheté quelques jolies gravures…

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Et nous rentrerons ensuite rapidement chez nous, après avoir vérifié que le campanile de Sant’ Angelo refusait décidément de se redresser…

A bientôt pour la quatrième journée !

Venise, J2

DSC_0105_9838Gros dilemme : plus d’une centaine de photos pour ce deuxième jour à Venise ! Et pourtant, j’avais emmené ma petite troupe dans un coin que je commence à bien connaître, et où je n’avais pas prévu de faire des tonnes d’images, les ayant déjà dans les yeux et la tête… mais que voulez-vous, quand on aime… on n’hésite pas à photographier ! Donc, ce mardi 2 février, nous voici en « route » pour San Pietro et Castello. Changement de vaporetto à San Marco, où, je l’avoue, j’avais prévu de rencontrer ce groupe de costumés un peu particulier, dont je suivais l’aventure depuis plus d’un an sur le blog : http://objectifcarnavaldevenise.com/category/avec-les-eleves/ . Peut-être les avez-vous aperçus dans l’émission « 66mn Grand Format » sur la 6 ( http://www.6play.fr/66-minutes-p_825/Emission-du-14-fevrier-c_11550292 ) ? Une véritable performance, tant pour ces élèves que pour leurs professeurs, et les parents ! Chance, à peine arrivés sur la piazzetta je les ai trouvés.

Je serais bien restée un peu plus avec eux, leur dire combien j’ai admiré leur travail, j’aurais aimé parler avec les mamans accompagnatrices, mais… le planning de visites-balades était là… Donc, j’ai juste eu le temps de leur glisser que j’avais suivi leur histoire et que ce qu’ils avaient réalisé était formidable, et j’ai retrouvé les amies devant d’autres costumés, avant de partir vers notre embarcadère pour Giardini.

Après tout de même une petite visite dans le hall du « Danieli »… Les « riva » défilent depuis le vaporetto, vers Giardini… Belle vision du campanile de San Giorgio dei Greci…

S’il est un coin retiré dans Venise, c’est bien San Pietro ! D’un calme étonnant après la foule sur les « riva » entre saint Marc et la via Garibaldi, cette petite île permet au touriste de vraiment souffler. De Giardini, sur lequel Garibaldi et son lion veillent, on longe Sant’ Anna avec son bateau marchand de fruits et légumes,

et on passe le pont, San Pietro est là, avec son campanile, penché lui aussi (à moins que ce soit les maisons qui penchent ?), sa superbe basilique, les filets de pêche sont encore mouillés, les enfants jouent sur l’herbe… une toute petite île, reliée à Castello par deux ponts.

Castello… autrefois mal famé (? paraît-il), ses ruelles, ses cours, les miroirs des rii, les étendoirs de linge, la rencontre étonnante du Parti Communiste et de Jésus à l’entrée d’une rue, un superbe tag, et… cette interdiction de déposer des ordures visiblement pas comprise par tous !

Arsenale et ses murailles, son portail imposant…

les cloîtres imbriqués de San Francesco della Vigna, le commissariat de Brunetti,

et tous ces « médaillons » gravés sur les façades des maisons, animaux étranges, vierges, angelots… dans des entrelacs de fils électriques !

J’ai retrouvé cette « cantina » aux tags superbes, où les slogans contemporains et l’ancienne raison d’être du bâtiment se rejoignent :

au hasard des rues, des costumés ne refusant pas la pose photo, un vieux portail, de jolis magasins colorés…

Nous passons faire un petit coucou à Vivaldi, place Bandiera e Moro…

Il fait déjà sombre quand nous arrivons à l’église San Zaccaria, tableaux à foison, sa crypte superbe, les ors de la chapelle bien cachée…

et la traversée de San Pietro à San Marco s’achève, les jambes un peu fatiguées, encore un ou deux maschere, et repos sur le vaporetto jusqu’à « chez nous ».

La météo ne s’annonce pas souriante pour la troisième journée, on verra bien !

Venise, J1

Arrivés le 31 janvier en soirée, le séjour a commencé « pour de vrai », entre visites incontournables et balades tranquilles, le lundi 1er février, troisième jour de Carnaval. Une belle lumière, entre soleil et brume, sur le Grand Canal, bien tranquille. Le temps de vérifier que mes repères étaient toujours en place, nous voici arrivés place Saint Marc.

J’avais lu que, pour ce Carnaval, la place San Marco était fermée par des portiques de sécurité, qu’on fouillait les sacs, qu’il y avait des milliers de policiers… Notre première visite était prévue au Palais des Doges, avec les « Itinéraires secrets des Doges », et je me demandais comment on allait arriver sur cette place si surveillée… désolée pour les lanceurs de rumeurs, aucun portique en vue, la place était accessible, et même presque vide pour un jour de Carnaval… quelques policiers bien visibles, mais même pas une dizaine… Aucun problème, donc, pour arriver dans la cour du Palais, ni pour se balader sur la place.

Première vraie visite « Itinéraires secrets des Doges », autrement dit quelques pièces à l’intérieur du Palais, cachées bien souvent, qui ne sont pas ouvertes à tous, ce qui se comprend étant donné leur exiguïté ainsi que celle des passages que nous a fait parcourir notre guide. Souvenirs Casanoviens, justice expéditive, archives secrètes et pièces de Justice, salle de torture, prisons sous les plombs, l’incroyable charpente du palais… bref, l’Histoire, grande et petite.

Puis le Palais, ses ors, ses plafonds incroyables, ses tableaux… et toujours dans un calme étonnant. Nous avons pu admirer à notre rythme, sans bousculade, les immenses salles, les couloirs, le pont des soupirs recto et verso depuis les fenêtres du Palais… Très peu de touristes, ce matin-là, et j’avoue que je ne m’en plaignais pas !

En début d’après-midi, traversée vers San Giorgio, le soleil semblait encore vouloir percer… il fallait en profiter !

Finalement, c’est la brume qui a gagné, et d’ailleurs nous a accompagnés durant trois jours. Dallage de l’église de San Giorgio, bateaux en réparation et bois rongé par l’eau de la lagune sur le chantier naval de la Giudecca, balade sur les quais, traversée vers Zattere, balade dans Dorsoduro, squero de San Trovaso, joueur de luth nostalgique sur une piazzetta, boutiques d’artisans et d’artistes, et une petite visite à l’atelier de Saverio Pastor ( http://www.forcole.com/ ), avant de prendre le chemin du retour vers l’appartement de San Polo…

Le soir était déjà là… bien plus tôt que chez nous ! Sur le vaporetto, un costumé rêveur regardait défiler les palais et les lumières du Grand Canal

Et arrivés « chez nous », piazza San Agostin, avant de monter les étages qui conduisaient à l’appartement, , nous avons trinqué à notre séjour vénitien…DSC_0103_9826

Venise, le retour.

Nous voici revenus de la Sérénissime. Plutôt bouillonnante pendant les fins de semaine carnavalesques… mais bien tranquille les autres jours de la semaine, même pendant ce Carnaval. Brouillard, petite pluie, grand ciel bleu… ne manquait plus que la neige pour avoir le tour complet de la météo hivernale ! Avant de revenir en détails sur ces journées,  sept images, une par jour, de notre séjour…

Barque sur le chantier naval de la Giudecca, accueil joufflu à la Ca’ Rezzonico, voisinage insolite du Parti Communiste et de Jésus dans Castello (mais pourquoi pas ?), à Burano les enfants courent rejoindre leur Carnaval, sur un coin du campo Santa Maria Formosa un costumé joue au foot avec des gamins, jeu de glaces à la Scuola Grande di San Marco, et la belle altana en face de notre appartement…

A bientôt pour davantage de photos !

Festivités au 33

DSC_0693_1_9544Passage de 2015 à 2016, entre amis…

Finir cette année 2015, avec ses journées si douloureuses, avec ses journées fantastiquement heureuses, avec sa grisaille, avec sa gaieté, avec ses larmes, avec ses bonheurs petits et grands… Et commencer 2016 avec le sourire, avec l’espoir, avec l’envie qu’enfin le monde, notre Terre, retrouvent la solidarité, la tolérance, la liberté. Il paraît qu’on a toujours le choix… malheureusement, depuis des années, les choix de quelques uns ont fait que les choix de beaucoup trop sont faussés, et que le repli sur soi a pris le dessus sur le partage. Mais je veux croire que tous ces vœux, ces souhaits échangés de par le monde finiront par porter leurs fruits et changer (un peu) la donne. Donc, retrouvons l’espoir, et la foi en l’Humain.

Discussions, papotages, jeux « de société » (ils ont même réussi à me faire jouer aux cartes, moi qui suis si peu cartes autres que routières…), balades, culture, amitié, maison accueillante, gastronomies régionales, tout était réuni pour que ces 4 journées soient une réussite.

Déjà, au départ, route vers l’Auvergne sous un magnifique ciel bleu.

La halte à Lacot pour la soirée et la nuit, avec ses discussions, ses échanges parfois enflammés, une nouvelle rencontre, était bien agréable. Le lendemain matin, la grisaille était au rendez-vous pour le départ vers Besançon, mais les gorges de la Sioule n’en avaient pas moins de charme, avec les effilochées de brumes, l’eau si claire, et les falaises (arrêt photo à Pont de Menat, pour le beau pont roman sur la Sioule, et, au fond, les ruines du château Rocher)

Au fil de la route, le ciel s’est peu à peu dégagé, nous sommes arrivés à Besançon à temps et sous un ciel bleu pour une première découverte : le Grand Désert, sur une des 7 collines qui dominent Besançon. A la fin de la balade, devant le fort de Bregille, nous avons eu droit à un splendide coucher de soleil. Les festivités commençaient sous de bien beaux auspices…

Les visites « savantes » se sont succédé, le lendemain, sous le soleil : d’abord la maison de Victor Hugo, où on découvre à chaque visite une nouvelle raison de penser que ce monsieur était extraordinaire, tout en restant très homme (tout de même, deux femmes aimées en même temps… ou trois ?) 😉 . Puis le musée du Temps, dans le palais Granvelle. Besançon est la ville du temps, de l’horlogerie, de l’heure, du passé, du présent, riche de chefs d’œuvres, de découvertes, et hélas de souvenirs quant à son industrie horlogère, « les LIP » ayant quitté les lieux…

Dans la tour du Palais, le pendule de Foucault égrène ses 36 heures, prouvant que la Terre tourne, mais les journées ne comptant que 24 heures, l’histoire reste un mystère pour moi…. (malgré les explications patientes de Michel) !

Après avoir admiré les toits et les collines de Besançon du haut de la tour , nous sommes partis déambuler dans la ville enluminée.

Tout cela nous a menés au 31 décembre, traditionnellement jour de pique-nique dans notre groupe (qui rétrécit d’année en année, s’est aussi beaucoup transformé, mais conserve cette habitude !). Lieu prévu : la ferme de Courbet, à Flagey. Pas de chance, justement (et alors que tout était bien prévu et confirmé il y a 1 mois) ce jour-là le musée Courbet d’Ornans et la ferme de Flagey n’ouvrent qu’à 14 heures ! Hop, changement de programme, direction les sources de la Loue. Belle route grimpant au-dessus de la cluse, la Loue en contrebas tout au fond, des nuages par-ci par-là entre les falaises, une légère brume (et aussi un peu de bruine…) voilant le village à l’entrée de la cluse, la route (ouverte en 1845, une belle plaque nous informe de tout l’historique…) serpente, et grimpe, et offre de beaux points de vue malgré le voile brumeux. Ou grâce à lui ?

A l’arrivée sur le parcage, bonne surprise : un petit coin sous abri, des tables et des chaises rangées à côté du petit café fermé… la bruine ne nous empêchera pas de pique-niquer ! Mais d’abord, on descend vers la source.

Alors que je m’arrête pour photographier un panneau, un mouvement au-dessus de moi, sur les rochers, me fait lever les yeux… trop tard pour bien fixer les deux chamois qui cavalent et filent dans les bois plus loin… j’aurai juste un petit cœur blanc au milieu des branches d’arbres et des rochers pour me souvenir de l’anecdote ! Et d’ailleurs je serai la seule, car cette apparition fugitive nous a laissés plus stupéfaits que réactifs ! Mais tant pis, je garde cette photo particulièrement floue…DSC_0628_1 Le site est d’un vert étonnant, presque fantastique au milieu de ces rochers gis-marron, … on pourrait se croire dans une photo bidouillée, mais non, c’est bien vrai. Majestueuse cascade, bouche béante d’où coule la rivière, et une eau émeraude quelques mètres plus loin. Magnifique.

Mais l’heure tournait, des nourritures plus terrestres nous appellent, et nous revenons vers ce mini abri repéré… 😉 . Ambiance rustique, on dira, mais avec nappe et vrais verres (on s’embourgeoise, on s’embourgeoise…), et surtout où nous ne nous mouillons pas…DSC_0649_9526 … avant de partir vers Ornans, pour la visite du musée Courbet. Et une petite balade dans cette ville bien connue des admirateurs de Courbet. On ne parlera pas de ses détracteurs, nombreux à son époque, et presque aussi nombreux à notre époque… focalisés sur un seul tableau… encore que… son tableau « Le retour de la conférence » susciterait probablement autant de haine que son « Origine du monde » si certains voyaient l’exposition temporaire autour de ce tableau disparu, acheté en 1900 par un « catholique exalté » pour être détruit ! (exposition de documents et d’œuvres autour de ce tableau, jusqu’au 18 avril 2016).

Retour à Besançon, pour quelques parties de whist, et la préparation de notre changement d’année. Pas de folies pour ce passage tout en amitié et chaleur ! Et un batik fait Saï, artiste Burkinabé, pour remercier nos hôtes et néanmoins amis…

Dès l’après-midi du 1er janvier 2016, pour démarrer d’un bon pied cette nouvelle année, en avant pour le tour de la boucle du Doubs.

Balade tranquille,  où nous avons rencontré des « mots Doubs » accrochés aux arbres plantés par écrivains et diseurs de mots des dernières éditions de ces « mots Doubs »… espoir, vœux de sérénité, d’amour, de fraternité… que j’espère voir réalisés ! et fin de journée sous un ciel rose…,

Retour à la Mathusine sous la pluie… pluie qui refuse de céder la place à un vrai temps d’hiver, mais qui a le mérite de commencer à remplir la mare du village, à sec depuis tant de mois ! Et puis, n’ayant pas le courage d’aller marcher dans les chemins boueux, sous les rafales de vent, je peux ainsi fignoler le prochain séjour à Venise, dont les dates approchent à grands pas…

 

Le ciel est par-dessus le toit…

Mont St MichelCiel bleu, ciel gris, ciel d’orage, « le ciel est par-dessus le toit »… quel que soit le toit. Toits de tuiles roses, de Provence, d’Italie, toits d’ardoises du Nord ou de l’est,

des toits seigneuriaux où l’ornementation souligne la richesse de l’occupant des lieux, aux toits décorés apportant les couleurs qui manquent à un ciel trop souvent gris, des toits tout simples aux toits fantastiques ou extraordinaires,

chaque pays, chaque région, nous offre ses toits ! Les rues ferment l’horizon, monter au-dessus des maisons nous ouvre des trésors de vies imaginées, d’aujourd’hui, d’hier, cachés sous ces toits… Et que dire de la chaumière,Besse_28avr10 qui fait tant rêver les poètes « voilà l’enfant des chaumières – Qui glane sur les bruyères – le bois tombé des forêts  » (Lamartine),  » Que les rois gardent leur Palais de jade ! Dans la chaumière feuillue on peut dormir à deux » (Murasaki Shibiku), « chaumière où l’on rit, vaut mieux que palais où l’on pleure » (proverbe chinois), et la chanson « Il pleut, il pleut, bergère – presse tes blancs moutons – allons sous ma chaumière – bergère, vite, allons » (Fabre d’Eglantine), idéalisant ainsi la vie champêtre… mais de nos jours, les chaumières se font rares, et sont souvent l’œuvre de rénovations financièrement dignes de palais, et les bergers n’y profitent plus des gentilles et naïves bergères !

Islande_4169Quoi-que…peut-être encore sous ces toits d’herbe islandais ???? (et merci, Verlaine, pour le titre de cette page !)

A travers la vitre…

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Décidément, drôle de printemps ! Giboulées de mai, un jour l’été, le lendemain l’hiver… il neige même, neige de fleurs d’acacia qui volent et couvrent le jardin et la terrasse. Par la fenêtre de la cuisine, ce matin, c’était bien joli.

Et un mot en amenant un autre, une idée en apportant une autre, pourquoi ne pas vous parler de fenêtres ? mais pas n’importe quelles fenêtres. Et oui… celles de Venise. Non pas que nous n’ayons pas de belles fenêtres chez nous, mais tant qu’à rêver d’ailleurs…

Au fil de nos déambulations dans la ville, de la plus humble à la plus princière, les fenêtres parfois dévoilent un pan de lumière, nous laissent imaginer les trésors cachés des palazzi. Derrière leurs plantations, les fenêtres gardent le calme secret d’un ancien palais, ou la tranquillité de vie d’une maisonnette dans Cannaregio. Et derrière la vitre du vaporetto, Murano défile un soir de pluie…

Devant ces fenêtres Renaissance les balcons semblent tous attendre (tant pis pour Vérone !) que Juliette et Roméo s’enlacent. Des sculptures ennoblissent des murs décrépits, noircis par le temps, des jardinières soulignent l’élégance d’une belle fenêtre ancienne, des volets entr’ouverts incitent à la rêverie. Qui attend derrière celle-ci ? Qui épie derrière celle-là ? Quelle main entr’ouvre ce rideau ? Pourquoi ici cette tristesse, cet abandon ? Quelle fête se prépare sous ces lustres allumés ? Et quel mystère se cache derrière ces ouvertures ovales accolées aux portes ? Elles doivent bien avoir une fonction, un nom, et certaines sont si belles !

Pour le voyageur curieux, c’est tout un livre d’histoires qui défile…

J’ai dit « curieux », je n’ai pas dit « voyeur »… Venise2014_2463

« Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. » (Petits poèmes en prose, C. Baudelaire)

Comme un reflet dans l’eau…

Comme un reflet dans l’eau…

… jeux de miroir, dans les vitres, dans les flaques, dans les lacs, dans la lagune !

Balade dans la forêt, après la pluie, et les pins se multiplient à l’infini. Balade au bord d’un lac par un jour de ciel bleu, un jour de ciel gris, et les plantes jouent les coquettes. Balade en bord de Saône, un soir de novembre, et le cygne se croit dans le solo de violoncelle de Saint Saëns, tendre et solitaire…

Mais tous les reflets ne sont pas sur l’eau, parfois ce sont les maisons qui se mirent sur les fenêtres voisines, ou bien par un subtil jeu de miroirs les voûtes des Jacobins font chavirer la tête, et en Islande il est des soirs où l’on ne sait plus très bien où est le ciel et où sont les nuages…

Iceberg en miroir sur Jokullsarlon, Borgarnes côté ciel côté fjord, mirage sur le Doubs, Courbet revu et corrigé au naturel à Ornans, magie de la lumière !

Et bien sûr, Venise !!!! Venise où tout n’est pas que reflet, mais… selon l’heure, le temps, la lumière dévoile les secrets de la ville, les façades s’illuminent, tremblent dans les rii, les arcs des ponts deviennent des cercles presque parfaits, à Burano après la pluie les couleurs des maisons transforment les rues en aquarelles, et dans les flaques laissées par l’acqua alta les réverbères voient double…

Paris novembre_2099Et quand, par un bel après-midi d’automne, Paris joue au jeu de miroir aux Tuileries, difficile de résister… Magique !

Gourmandises vénitiennes…

D’abord, le chocolat chaud… onctueux à souhait, épais, bien sombre… accompagné d’une toute petite meringue, pour faire joli ! D’accord, il y a des lieux où il est plus délectable que d’autres. J’ai trouvé qu’à mon dernier passage à Rosa Salva il était un peu moins bon, ont-ils changé de préparatrice/teur ? de propriétaire ? Je vérifierai à mon prochain passage dans le coin ! Par contre, piazza San Marco, un régal, la cuillère tenait presque toute seule dans la tasse… heu… je blague… Et piazza San Stefano, gagné ! 5 étoiles !

mais il y a aussi les gourmandises des yeux, au marché du Rialto, les bouquets de piments, les pyramides de fruits, de légumes, le rouge éclatant, le vert, l’orange… les lumières sur le marché aux poissons qui font resplendir les pieuvres, argentent les merlans, exposent comme des coquillages précieux palourdes et Saint-Jacques… ou sur les barques les marchés flottants, légumes et fruits bien rangés, trévises rouges, pissenlits verts, artichauts violets, piles que les acheteurs font et défont…

Et les restaurants : celui juste à l’arrêt de Redentore sur la Giudecca, où le patron vous accueille avec la même cordialité, que vous soyez un habitué du lieu ou un touriste de passage (nous, voilà deux fois que nous y allons, nous allons bientôt devenir des habitués !!!)… celui bien caché entre une belle librairie et quelques boutiques, dans le coin des Toleta (rio, calle, corte…), « al vecio marangon », tout petit aussi (15 personnes maximum !), aux tables en beau bois patiné, avec sur le comptoir une belle grande « cafetière » en cuivre, où les entrées sont aussi belles à regarder que bonnes à déguster… et celui en plein cœur de Murano, « ai bisatei », restaurant d’habitués, mais que certains curieux savent dénicher, ambiance sans chichis et délices dans les assiettes… Spécialités vénitiennes ou italiennes, des spaghetti alle vongole au risotto aux fruits de mer, des sardes in saor aux gnocchi cuisinés par la mère du patron, sans oublier toutes les entrées ni les plats « principaux », les cicchetti qui vous font de l’oeil derrière leurs vitres, c’est un régal de saveurs, tant pour les yeux que pour le palais (et en palais, ils s’y connaissent à Venezia 😉 !) Certes, on ne va pas à Venise pour déguster une pizza, mais… si on aime, pourquoi s’en priver ?, on en trouve de bonnes, j’ai beaucoup apprécié la Parmeggiana.

Les desserts… tiramisù et compagnie… hélas, tous ne sont pas « maison » et parfois mieux vaut terminer sur « un caffè e il conto, per favore ! »… conto qui, à Murano, nous a été apporté sur un coin de set, fait en un rien de temps et à la main, « couleur locale » peut-être un brin accentuée, mais avec un tel sourire et une telle gentillesse ! Ou alors, comme à Burano, terminez sur un verre de vin blanc doux accompagné de busolai ou de essi…

Et dans la journée, histoire de faire une pause entre deux musées, églises, palais, ou juste pour le plaisir de regarder passer les touristes pressés, prenez le temps de déguster un petit verre en terrasse, ou dans un de ces bistrots de quartier, où les habitués ne vous feront pas la tête, échangeront quelques mots avec vous, et souriront gentiment de votre italien approximatif… Bon appétit !