Ambiances bretonnes, le bleu…

Celles et ceux qui disent qu’il pleut tout le temps et qu’il fait gris en Bretagne sont des mauvaises langues, ou n’y ont jamais mis les pieds. Car, oui, le ciel de Bretagne sait aussi être bleu ! La preuve :

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Même les murs, parfois, lorsque le ciel est un tantinet grisounet (ça peut arriver), arrivent à le faire mentir, et racontent les vraies couleurs du pays !

Et le soir, lorsque le soleil se décide à partir,  les marais se transforment peu à peu en miroirs d’ors bleu …

Port du Loup_02jan14_4780Mais toujours, au détour des routes et chemins, du début du jour à la fin de la nuit, un calvaire veille, que le ciel soit gris, bleu, ou d’or fondu.

Bretagne bleue, Bretagne grise, Bretagne d’or… quelques images de Bretagne « du sud », en attendant une prochaine vadrouille peut-être vers une Bretagne plus centrale ?

Pas tout de suite, un peu de repos à la maison, histoire de récupérer de ce mois de janvier, de rêver et se préparer à découvrir d’autres horizons, en France et ailleurs, de voir refleurir les roses au jardin, d’entendre le vent d’hiver souffler dans le vieux chêne et dans le laurier, d’épier mésanges, moineaux, verdiers, et peut-être notre beau bandit masqué de pic-épeiche en train de picorer et se disputer les graines …

Ambiances bretonnes, le gris…

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Quelques jours du côté de La Turballe, les deux derniers jours de 2014 et les deux premiers de 2015, un vrai bonheur ! Les amis, toujours aussi chaleureux, présents, prévenants. Les paysages d’un coin de Bretagne que je ne connaissais pas, tantôt sous le ciel bleu (oui oui oui, il peut faire beau en Bretagne !), tantôt sous la brume. Et je n’ai pas dit bruine, ni crachin, car de bruine et de crachin nous n’en eûmes point, ah mais. Ou à peine.

Aujourd’hui, je ne vous raconterai que le gris… toits d’ardoises ou de chaume moussu, pierres levées et dolmens, murs des maisons anciennes cachant on ne sait quelle issue, statues glissées dans une niche ou sculpture surveillant le passant, ciel tourmenté sur l’océan gris-vert…

Et la brume, rendant encore plus mystérieuse la grande Brière, les canaux lisses et silencieux, barques abandonnées, herbes givrées, atmosphère où toutes les légendes bretonnes semblent pouvoir devenir réelles…

Les bateaux du port, les filets rentrés tout juste de la pêche et scintillants de gouttes d’eau, les murs blancs de certaines maisons, éclairent par quelques touches de couleurs, et puis…

une petite lueur dans un coin de nuages…La Roche Bernard_31déc14_4716 tout près du gris il y a le bleu, et alors là, quelle explosion !

Demain peut-être, vous saurez que oui, le ciel est bleu soleil en Bretagne.

Ce n’est pas ce violoneux croisé dans un jardin du Croisic qui me contredira !

 

 

VertS

Un jour gris un jour bleu, le temps joue du yoyo entre automne et hiver. Hiver qui sera bientôt là, d’ailleurs. Avant que n’arrivent le brouillard et/ou la neige, je voulais vous faire profiter de la lumière verte de ma campagne. Champs fraîchement ensemencés, aux pousses tantôt vert anis, tantôt vert émeraude un peu moiré sous le soleil, entrecoupés des terres brunes des champs tout juste labourés…

06déc14_4527Tous les verts sont dans la nature… mais aussi dans les maisons : par exemple, ces oreilles d’éléphant, rapportées dernièrement de chez une copine, attendant derrière la vitre de mon bureau le retour d’un peu de chaleur pour mettre le nez dehors, qui, lorsque le temps est gris et sombre, m’offrent le réconfort de leurs verts lumineux !

Cluny, une balade dans le temps…

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Voilà bien longtemps que je souhaitais visiter Cluny, ce haut lieu historique, fait de spiritualité (merci Papa !) et, du moins je l’imaginais ainsi, de beauté et de calme. Bon, autant le dire tout de suite pour celles et ceux qui ne sont jamais allés à Cluny, côté architecture, même avec le film en 3D qui débute la visite, il faut beaucoup d’imagination lorsqu’on se retrouve devant ce qui fut la plus grande abbaye de l’Histoire, jusqu’à ce que Saint Pierre de Rome soit construit !

Alors, année 910 début de la construction de l’abbaye, on agrandit à partir de 981, et on en rajoute entre 1088 et 1130, siège de l’ordre clunisien, dépendant directement du pape (pas fous, les moines, ainsi pas de taxes à payer aux ducs, rois et autres taxeurs de l’époque…). Mais tout le monde connaît son Histoire de France, n’est-ce pas, guerres de religion au XVI° siècle, et paf !, déclin de l’abbaye. Richelieu (il est partout, celui-là, autant que Vauban, qui, je le précise tout de suite, n’a pour une fois rien à voir dans les édifices !) ayant entre autres titres celui d’abbé de Cluny… réforme l’abbaye, les moines redeviennent plus sérieux dans leur vie monastique (moins de richesses…). Et re-paf !, la Révolution française. Dissolution des ordres monastiques, les moines se dispersent, on vend les bâtiments comme biens nationaux, et chacun se sert dans les pierres pour construire maisons et fermes… Bref, peu à peu, il ne reste plus de cette abbatiale quelques tours, et surtout des ruines !

Mais… Prosper (Mérimée) arrive au XIX°, et ouf !, les ruines sont classées monuments historiques, et on récupère tout ce qui est récupérable, dont bon nombre de splendides chapiteaux sculptés. Autre coup de chance, Viollet-Leduc n’a pas eu l’idée de se pencher sur la rénovation du lieu…

Bon, Napoléon était passé par là, et dès le début du XIX° avait réussi à faire construire sur le chœur détruit de Cluny des écuries pour les chevaux (c’était un spécialiste, il a fait pareil dans les chapelles du cloître des Jacobins à Toulouse…).  Et, comme partout où s’est construit ce genre d’édifice, tout autour, le « peuple » s’installe, d’abord les ouvriers pour la construction, puis l’activité économique engendrée par l’abbaye fait venir les commerces, et le bourg grossit, jusqu’à devenir la petite ville d’aujourd’hui… vous trouverez sur une des maisons une plaque attestant que la famille de Lamartine vient de Cluny, petit coup de pouce supplémentaire à votre journée culturelle 😉 !

Et voilà que s’installe dans ce qui reste de l’abbaye, ou plutôt dans les bâtiments conventuels reconstruits au XVIII° autour du cloître (pas le cloître roman, hélas remplacé par un autre, au XVII° aussi), dans les magnifiques couloirs et escaliers,

une des huit grandes écoles des Arts et Métiers Paris Tech., apportant dans la petite cité de Cluny, vivant tranquillement autour de quelques vieilles maisons restaurées et de l’immense enceinte de l’abbaye (halte sur le chemin de Compostelle, comme l’attestent les coquilles sculptées sur la façade du palais Jean de Bourbon, construit au XV° pour cet abbé),

pas fou, d’ailleurs cet abbé, et adepte du confort : dans sa chapelle privée, où se croisent les regards de têtes célèbres de l’Ancien Testament, il avait fait installer une cheminée…

Donc disais-je, avec l’arrivée des « gadzarts », la cité connaît une belle animation…

J’allais oublier, tout de même, la cité et l’abbaye sont en plein vignoble du Mâconnais, ce qui apporte un charme supplémentaire à une visite culturelle, n’est-ce pas ?21nov14_Cluny_4355

Mais j’y ai retrouvé quelques endroits de calme et de sérénité, souvenirs de lieux autrefois consacrés à la spiritualité. A un moment où justement j’avais bien besoin de retrouver un peu de sérénité.

En campagne…

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Dernier repérage hier après-midi du circuit de la randonnée « campagnarde » de demain dimanche 28 septembre. Je me suis régalée. Tranquillement, à mon rythme, c’est-à-dire en m’arrêtant pour photographier les arbres, les premières feuilles jaunies, les papillons (et là, il faut beaucoup de patience !!!), les reflets d’ombre et lumière dans le ruisseau, bref… la campagne ! Demain, il faudra probablement beaucoup moins flâner, même si dès le départ je précise bien que nous ne faisons pas une compétition, qu’on est là pour respirer, pour regarder ! Et comme souvent, je finirai bonne dernière une fois la presque fin du circuit arrivée… mais je m’en moque bien. Cette fois, je n’ai pas oublié de marquer les embranchements de la boucle, en décorant de jolis rubans verts quelques branches par-ci par-là.

Dès le départ, on peut faire le tour du circuit avec le regard, premiers coteaux, premier bois tout en bas, vallée et coteau qu’il faudra ensuite regrimper, puis redescendre et remonter…

Ligne de crête de Naples, re-descente dans la vallée, retrouver et longer le Marguestaud et ensuite re-grimper, d’abord par un champ empli de papillons et de fleurs d’automne, puis à travers le bois jusqu’au (faux) plat de fin de circuit. Et dans nos petits bois, le plus court chemin n’est jamais le plus droit… tellement on trouve de petites combes infranchissables !

Ombre et soleil, notre petit Marguestaud nous offre au passage quelques beaux reflets

Dans le bois de Galembrun, après la première descente (plus vraiment ombragée depuis que les haies ont disparu pour faire toujours plus de place aux engins de plus en plus énormes qui travaillent dans les champs), les arbres nous offrent leurs ombrages bienvenus…

Par-ci par-là, quelques lumineuses couleurs nous rappellent que l’automne est là, malgré le beau temps… couleurs magnifiées par le soleil ! Perles et collier de rubis, feuilles d’or, chardon tout échevelé…

Lorsqu’on quitte l’ombre de la forêt, sur la route de Naples, les bas-côtés réservent quelques surprises pour qui aime marcher en dilettante…

Et, avant le retour dans le bois, de l’autre côté de la vallée, juste après avoir passé le Marguestaud, c’est le plaisir des yeux : des centaines de papillons sniffant les derniers sucs des fleurs, se poursuivant, s’envolant en tourbillonnant, dans un champ que j’ai toujours vu en jachère, pour le bonheur des amateurs d’insectes ! Mais… patience recommandée !

Nous voici presque revenus au village… encore un petit bois, avec cette fois un sentier « tortillonnard », sur lequel on finit par se demander si un jour on va en voir la fin, ou si on ne s’est pas trompé de sens… C’est sûr, il serait plus simple de continuer à grimper droit devant, mais… entre les combes et les murs de ronces, mieux vaut suivre gentiment le sentier pour être certain d’arriver sur le chemin du retour sans encombre, et découvrir du haut de la crête le circuit que nous venons de terminer !

sept14-arrivéeN’hésitez pas à venir nous rejoindre pour la randonnée de demain, mais vous pouvez aussi noter les randonnées de 2015, printemps et automne autour de Galembrun : le 6 avril, le 25 mai et le 27 septembre.

A bientôt ?

Coup de coeur à Launac

Château Launac_3774Quarante et un an que je vis à Galembrun, sur la commune de Launac, et je n’avais jamais pu en visiter le château ! Jamais là quand il était ouvert au public, peut-être ?, en tout cas, pour moi, il restait un inconnu. La grande tour face à l’église, les mâchicoulis, l’entrée très conte de fées, princes et princesses, le fait qu’il change sans arrêt de propriétaire… pourquoi ? y avait-il un mystère là-dessous ? Et voilà qu’aujourd’hui j’ai pu le découvrir, grâce aux journées du Patrimoine certes, mais aussi grâce à ses nouveaux propriétaires, tout frais arrivés à Launac. Un accueil chaleureux, ce dimanche, par la châtelaine, visiblement heureuse de partager son domaine. Et ce sont 200 personnes, dont une grande majorité de Launacais, qui ont répondu à l’invitation. Oh, le parc n’est plus celui de 1210, année de la construction de ce château-fort : un lac-réserve pour les agriculteurs et le village grandissant ont petit à petit avalé le parc, dont une grande partie est maintenant parc communal, mais il faut dire que le château a connu de sombres heures… . Démantelé à la fin de la croisade des Albigeois, à peine 13 ans après sa construction, reconstruit 20 ans plus tard, puis remanié, d’abord défensif, avec quatre tours d’angles, revu au fil des ans, la guerre de Cent Ans, les guerres de Religions et le passage de la Révolution… Rectangulaire à l’origine, il a perdu au cours des guerres et des siècles deux de ses ailes, deux de ses tours, ne se présente plus qu’en « L », et son portail d’accueil du XVII° n’a maintenant plus rien de défensif… d’autant que la cour, lorsqu’on entre, est pleine de beaux rosiers, de verdure et de fleurs !

A l’intérieur, un rez-de chaussée un peu déconcertant, avec son carrelage « moderne », ses mezzanines… mais deux belles salles hautes, aux murs épais de briques rouges, prêtes à accueillir des réceptions, où on peut imaginer la vie des soldats qui y ont vécu et participé aux différents combats qui ont eu lieu après sa construction, dont le fameux combat dans la plaine de Launac, avec Gaston Febus (ou Phoebus, plus « classe ».. même à l’époque, oui oui !).

Un magnifique escalier en pierre blanche mène au premier étage, salles de réception et appartements du beau Gaston (c’est ce qui se disait : certain avait un panache blanc, lui avait des cheveux dorés qui resplendissaient au soleil d’où ce nom, légende probablement, mais c’est joli, non ?). Juste à côté, la salle « du Prince Noir », copain de Gaston, qui n’était probablement pas un tendre pour s’appeler ainsi… de belles grandes pièces, aujourd’hui baignées de soleil, grandes cheminées, dont une avec un four ? sur le côté.

L’aile ouest qui lui fait suite mélange pierre blanche et brique (la pierre étant tout de même signe de richesse), et on aperçoit tout au fond un reste de cheminée. Dans la tour carrée de cette aile ouest, de curieux décors peints géométriques, datés du XV° siècle. Et de belles voutes, d’une élégance incroyable !

Pour le moment, pas d’autre espace à visiter, mais les projets vont bon train, et peut-être lors des prochaines journées du Patrimoine les visiteurs pourront grimper sur le chemin de ronde, et découvrir de nouvelles pièces du château. A signaler tout de même : si le château fait partie des Monuments Historiques, il est privé et habité, donc pas de visite « régulière », mais vous pouvez aller sur la page https://www.facebook.com/chateaudelaunac?fref=ts , vous pouvez le louer pour vos grands ou petits évènements, et espérons que de nombreuses idées pour le faire vivre sauront voir le jour peu à peu. château de Launac_3808Pour moi, j’ai été conquise par le lieu, les briques, la pierre blanche, et surtout par la gentillesse de la nouvelle châtelaine et sa famille ! Bienvenue à Launac !

Et j’ai particulièrement adoré la petite note anachronique des jolis lustres à breloques…

A la recherche d’outils perdus…

sept2014_3704Tous les ans, dans notre hameau, nous organisons la fête des vendanges… souvenirs d’une époque où chaque agriculteur du coin avait sa vigne, faisait son vin… une époque où les champs étaient encore à taille humaine, où on ne risquait pas de glisser dans le fossé en croisant une de ces machines agricoles monstrueuses, où il y avait des haies dans les champs, et où on pouvait passer d’un champ à un autre sans attraper une insolation… Une époque où chaque ferme avait son chai, et non pas un garage , même si maintenant le chai est devenu garage à tout et n’importe quoi. Bon, je ne veux pas jouer les anciens, et pleurnicher « c’était mieux avant », car je suis bien contente que la machine à laver ait remplacé le lavoir (même si c’était bien rigolo d’aller au lavoir en poussant la brouette de linge… du moins pour nous, les enfants), bien contente de pouvoir me déplacer en voiture pour aller faire mes courses et non pas à bicyclette, d’appuyer sur un bouton et avoir de la lumière, bref, il faut bien reconnaître que, d’accord c’est beau un attelage de chevaux de trait, mais les agriculteurs peinaient autrement plus… c’est beau un faucheur, mais ça va mieux avec une tondeuse… et tant pis pour tous ces bruits annexes dans la campagne, moteurs divers qui couvrent le bourdonnement des insectes qui, eux, continuent vaillamment comme « avant »… Bon, ça y est, j’ai fait mon petit couplet à la mamie, je peux continuer ! Et donc, disais-je, nous allons fêter les vendanges, samedi prochain, 20 septembre. Et cette année, paf ! ça tombe en plein dans les journées du Patrimoine. Bêtement, je me dis « tiens, je vais demander autour de moi des photos de vendanges autrefois, et faire un beau panneau « souvenir » de vendanges à Galembrun ». Et bien c’est pas simple ! D’abord, des photos, on n’en faisait pas autant, sinon pas du tout, vu que les agriculteurs d’antan, ils avaient autre chose à faire que poser pour la photo… ce n’est pas comme les dentelières de Burano ou du Puy qui s’installent devant leur maison pour le plaisir des touristes qui, eux, croient dur comme fer que ça leur fait plaisir d’être examinées (souvent sans même un mot gentil ou curieux) comme des extraterrestres… d’abord, des touristes à Galembrun, faut vraiment les chercher, et je vous assure qu’ils ont tort de ne pas venir passer leurs vacances dans notre joli hameau, mais ça c’est une autre histoire, et tant pis pour eux tant mieux pour nous… sauf au moment du festival « Danses pour tous », là on aimerait bien que les touristes comprennent que c’est là qu’il faut être 😉 ! Donc, me voilà partie à la recherche des outils d’autrefois, machines, pressoirs, comportes, tonneaux, fûts, paniers, sécateurs. Quelle affaire ! Entre ceux qui ont tout bazardé « pour faire de la place » (et mettre la voiture à l’abri des vandales campagnards), ceux qui vous disent « oh, c’est au fond de la grange, trop difficile », ceux qui sont tout étonnés que ça intéresse quelqu’un… j’ai tout de même réussi à trouver quelques souvenirs de ces temps anciens, pourtant pas si lointains, 40 ans ? 35 ans ?

Et entre deux toiles d’araignées, tout en haut d’une cuve à vin en brique, chez une voisine j’ai trouvé cette machine que l’on posait sur la comporte pour un premier tri, quelques fûts, de vieilles machines oubliées, un casier à bouteilles que quelques parisiens aimeraient probablement installer dans leur appartement pour faire « vrai »…

Et au fond du terrain, sous son hangar, le vieux pressoir avec lequel Maurice faisait le tour des fermes pour faire le vin des uns et des autres…

Outils d’antan, vieux souvenirs… le monde avance, avance de plus en plus vite vers des machines de plus en plus sophistiquées, la terre subit ces avancées, pour le moment sans trop se rebeller malgré toutes les saletés qu’on lui fait avaler… le plastique remplace les belles comportes en bois, les cuves en inox les gros fûts cerclés, moins de fatigue certes, mais toujours plus vite, toujours plus de rentabilité, toujours plus d’engrais… et nos petits agriculteurs disparaissent, les paysages se transforment… Et à Galembrun, on continue à fêter les vendanges qui ne se font plus, mais qui gardent encore l’image de la convivialité festive… d’antan…

Une maison bourgeoise… savante !

Facile de passer « à côté » de cette maison de famille, sur la place de l’Hôtel de Ville de l’Isle Jourdain (32). maison C.Augé-30déc13_3641Le samedi matin, jour de marché, l’œil (et l’oreille) sont attirés par tellement de couleurs, cris, qu’il est difficile de regarder autre chose que les étals… pourtant sur cette place centrale, il y a deux belles découvertes à faire : le musée européen des arts campanaires (http://www.mairie-islejourdain.com/fr/musee-art-campanaire.asp) et la maison Claude Augé, l’un en face de l’autre. Mais, reconnaissons-le, le musée installé dans l’ancienne halle est beaucoup plus visible que cette maison… Or, ni ‘l’un ni l’autre ne méritent d’être ignorés ! Peut-être qu’un jour je reviendrai vous « parler » du musée, mais j’aimerais que cette page vous pousse à visiter aussi la maison Claude Augé. Ah mais, qu’a-t-elle donc de si extraordinaire ? Une maison de vacances… une maison de famille… des Parisiens qui viennent passer l’été dans le Gers, il y en a, et on n’en fait pas toute une page ! Là, ce serait plutôt une histoire longue de milliers de pages, puisque ce monsieur Claude Augé, si j’ai bien suivi les explications du guide (encore un passionné !), est le créateur du Petit Larousse Illustré. Le « petit », pas l’autre. Mais c’est la même famille, par alliance comme on dit. Bref, madame a apporté la librairie Larousse, et monsieur a fait fructifier… Oui, bon, une grosse maison bourgeoise, quoi ! Mais quelle maison ! Allez, je ne vous fais pas languir davantage, voilà pourquoi j’ai eu un gros coup de cœur pour cette maison « bourgeoise » :

 

Des vitraux, absolument superbes, laissant passer des lumières magnifiques et changeantes au fil des heures, une verrière époustouflante (il va falloir que je trouve un dictionnaire des synonymes, tiens, si je ne veux pas trop me répéter dans les adjectifs enthousiastes!!!). Bon, d’accord, en été, il doit faire bien chaud dans cet espace pour aller des pièces « de réception » aux pièces familiales, puis aux chambres des serviteurs et gens de maison. Et l’hiver, il n’y fait certainement pas très chaud. Donc, pièces de réception en bas, plafonds à moulures, cheminées en marbres, dorures… et beau sol au pied du magnifique escalier. C’est sûr, on n’avait pas peur de « perdre » de la place à cette époque !

Une petite cour intérieure (occupée aujourd’hui par des sarcophages découverts sous l’actuelle zone d’activités de la ville…), et une salle un peu dans le style Moyen-Age idéalisé mélangé avec les arabesques tarabiscotées de la cheminée, sur le manteau de laquelle on découvre l’emblème de la famille, la semeuse, entourée de jeunes hérauts !

Dans cette salle, vous découvrirez l’évolution de la semeuse depuis sa naissance… elle a même été dessinée nue, scandale ! un scandale qui actuellement fait sourire, car pour voir un nu dans le dessin incriminé, il faut vraiment le savoir ou avoir l’esprit tordu. Bref. On trouve dans cette maison les anciens Larousse, les gros, vendus fascicule par fascicule, avec leurs belles enluminures pour les lettres, mais aussi les livres scolaires, où l’on peut voir l’évolution de notre monde. Par exemple, la page moyens de transports : de la diligence des débuts du dictionnaire, il a bien fallu arriver à l’A 390… de la draisienne on arrive à la moto… Et les animaux exotiques, deux superbes planches de dessins… Et les éditions de plus en plus modernes du Larousse, signées de grands noms de la mode, de la peinture, du dessin… Une mine, un régal pour les curieux !

Alors, cette semeuse « nue » qui fit scandale, la voit-on ? Mais oui mais oui…

Avouez que ça ne méritait pas un scandale !

Dans les pièces familiales, de beaux dessins, aquarelles, tableaux, un balcon surmontant la place, avec les visages sculptés des deux filles de la maison, des moments d’Histoire de la région, des souvenirs récupérés ici et là (dont une belle horloge comtoise, à l’histoire étonnante), l’occasion d’apprendre aussi le pourquoi de la taille de la boîte de cachous Lajaunie… maison C.Augé-30déc13_3640Non, je ne vous en dis pas plus, venez à L’Isle Jourdain, prenez rendez-vous pour visiter la maison Claude Augé, si vous ne tombez pas au moins sous le charme des vitraux, j’en serai bien étonnée ! Un lien : http://www.mairie-islejourdain.com/fr/maison-claudeauge.asp , et vous avez tous les contacts pour la découvrir !

Surprise !

Je vous avais promis une petite merveille découverte dans un minuscule village de Lomagne, merci de votre patience, mais je pense que vous avez bien fait d’attendre. tournesols

Bon, j’ai compris, la Lomagne, vous ne connaissez pas… un petit coin de notre France, où les vallons sont tout en douceur, les tournesols ensoleillent le paysage en été (et cette année, nous en avions bien besoin !), des champs, des prés, des bois, et des villages perchés, ici un château en ruine, là un autre en restauration, de vieilles halles superbes dans les villages. En gros, la Lomagne est une région du nord-est de la Gascogne, entre Gers et Tarn et Garonne. La « capitale » historique en est Lectoure. Voilà pour les curieux qui cherchent toujours des précisions, et ne se contentent pas de leurs yeux… quoique, j’avoue, ce n’est pas vraiment de la précision ! Or donc, entraînés par des amis un bel après-midi d’août, nous voici arrivant dans un de ces villages perché sur sa colline : un château, bâti sur des rochers, et autour quelques maisons, beaucoup de fleurs, le tout bien joli mais un peu endormi en ce jeudi après-midi.

Accueillis par un (gentil) épouvantail qui nous montrait la direction de l’église, nous contournons les murailles du château, jetons un coup d’œil dans la cour, et arrivons sous le porche de l’église.

Jusque là tout va bien, pas de surprise, juste la belle pierre blanche, quelques briques, des travaux de restauration, une grande porte en bois, usée, mais solide, et là…

… là, le choc ! Nous nous retrouvons au milieu de dorures, de marbres en trompe-l’œil, dans une église qui ressemble davantage à un théâtre à l’italienne qu’à un lieu de culte, s’il n’y avait pas ces statues, la chaire, ce lutrin, cet harmonium… une belle bannière de Saint Quiterie dans l’étage, et tout autour de nous ce décor baroque époustouflant. L’histoire dit qu’elle existe depuis le XIII° siècle, qu’elle était réservée aux Templiers, donnée ensuite aux seigneurs vicomtes de Lomagne et d’Auvillar, qu’au XV°, lors de la guerre de 100 ans, le village a été détruit puis reconstruit autour du château dont la chapelle devient l’église paroissiale, et en 1761, les frères Goulard, l’un curé, l’autre vicaire, décident de doter leur église d’un décor baroque, et ce, grâce à un important héritage paternel.  Ils confient la direction et l’exécution des travaux à Maraignon dit Champaigne, menuisier ébéniste de Lectoure. Décor terminé en 1776. Les deux frères sont d’ailleurs toujours présents (mais je ne sais lequel est le curé et lequel le vicaire) :

N’est-ce pas que le détour valait la peine ? Et que vous avez bien fait d’attendre ? Comment ? Je ne vous ai pas dit le nom de ce merveilleux village ? Tout simplement Lachapelle. Et c’est dans le Tarn-et-Garonne. Je vous donne même un lien, beaucoup plus précis que toutes mes explications : http://tourisme.malomagne.com/fr/a-voir/sites-et-patrimoine/eglises-chateaux/documents/eglise-lachapelle.pdf . Lachapelle_3562C’est une association qui a sauvé cette église, qui la restaure, « les amis de l’église de Lachapelle », et il y a toujours quelqu’un pour répondre à vos questions, ou tout simplement pour se réjouir de votre surprise devant cette découverte ! Si un jour vous y emmenez des amis vous aussi, ne leur dites rien de ce qui les attend, et vous continuerez à être heureusement surpris ! On se retrouve bientôt, pour d’autres découvertes de mon été à la campagne… (merci à l’office de tourisme de Lomagne, sur le site duquel j’ai « volé » trois photos, mais merci, un graaand merci, à Corinne et Philippe de nous avoir fait découvrir ce lieu !)

Epouvant’ail ? ou épouvant’aulx ?

Ou aussi : l’été à la campagne, 3 !Lachapelle21août14_3483

Quelle belle journée, ce 21 août… un grand, un énorme « merci » à Corinne et Philippe. Comme lorsqu’on nous dit « venez nous voir, cet été », nous n’avons pas pour habitude de résister longtemps… nous voilà donc partis à Saint Clar de Lomagne (32, le Gers). Saint Clar, nous connaissions : le musée de l’école, les couverts un peu partout dans le village, la plaçote, la halle, les maisons en belle pierre blanche. D’accord, hors saison, pas très animé, ce gros village… Mais hier, ouh la !, que de monde ! C’était jour de fête, la fête de l’ail. Comment ?, vous ne connaissez pas l’ail de Saint Clar ? Grande lacune. Mais on va réparer ça, car l’ail, je vais vous en montrer sous toutes ses formes. Peau, épluchures, tête, gousse, tresse, compositions, l’ail est l’occasion dans notre région (Cadours, Saint Clar, Beaumont de Lomagne, et autres villages gersois) de belles fêtes, avec bandas, concours, grande bouffe ou repas gourmand (l’un n’excluant pas l’autre d’ailleurs), marché festif, bref, l’occasion de rencontres et de sourires.

Je commence par le village : la halle et son « beffroi », les couverts, l’église, la médiathèque, les maisons, le musée de l’école…

Et comme ce 21 août était jour de fête, il y avait du monde, des couleurs, une banda, et… de l’ail ! Il y avait même, sur un coin de marché, une belle troupe d’oies .

Ail blanc, ail violet, en tresses, en vrac, en sac, et surtout en compositions époustouflantes… regardez bien, ces œuvres sont faites uniquement avec l’ail, sa peau, ses épluchures, des mois de travail, et au bout, peut-être, une récompense, un prix. De « Léa se brosse les dents » à la reproduction de la halle de Saint Clar avec son marché du jeudi, en passant par l’illustration d’un conte « Jean de l’ail » (créée par des enfants), le pont du Gard, ou la découverte de l’Amérique…

Saint Clar, voilà déjà un joli bourg à découvrir. Mais il y a aussi les alentours, petits villages perchés au sommet d’une de ces collines à l’arrondi si doux, anciens châteaux cachés dans les arbres, plus ou moins remis en valeur… Et en faisant le tour de ces villages, en été, vous pourrez découvrir « la ronde des épouvantails ». Rivalisant d’imagination, d’ingéniosité… Sur la place de Saint Clar, c’est le groupe des notables du village qui vous attend. Dans le joli village d’Avezan, un robot vous accueille, et au bord du chemin, vous rencontrerez un jardinier, un pêcheur, une cueilleuse de pommes, et… le château, comme un théâtre, avec sa scène, ses coulisses, et une belle pelouse pour vous assoir… imaginez, un soir d’été, la chaleur se fait douce, les projecteurs s’allument, et un troubadour chante sous la fenêtre d’une dame… et soudain, la grande porte du château s’ouvre, et….

… et ce n’est pas fini ! Mais je continuerai plus tard, avec une merveilleuse découverte pas très loin de Saint Clar, et croyez-moi, il est des trésors bien cachés dans les plus petits de nos villages. A nous de savoir les trouver, les faire découvrir, comme l’ont fait hier Corinne et Philippe pour nous. Avezan21août14_3495Alors… suite sur une prochaine page ! Ce magnifique chat « avezien » ou « avezanais » (?) vous invite à un peu de patience…