A la recherche d’outils perdus…

sept2014_3704Tous les ans, dans notre hameau, nous organisons la fête des vendanges… souvenirs d’une époque où chaque agriculteur du coin avait sa vigne, faisait son vin… une époque où les champs étaient encore à taille humaine, où on ne risquait pas de glisser dans le fossé en croisant une de ces machines agricoles monstrueuses, où il y avait des haies dans les champs, et où on pouvait passer d’un champ à un autre sans attraper une insolation… Une époque où chaque ferme avait son chai, et non pas un garage , même si maintenant le chai est devenu garage à tout et n’importe quoi. Bon, je ne veux pas jouer les anciens, et pleurnicher « c’était mieux avant », car je suis bien contente que la machine à laver ait remplacé le lavoir (même si c’était bien rigolo d’aller au lavoir en poussant la brouette de linge… du moins pour nous, les enfants), bien contente de pouvoir me déplacer en voiture pour aller faire mes courses et non pas à bicyclette, d’appuyer sur un bouton et avoir de la lumière, bref, il faut bien reconnaître que, d’accord c’est beau un attelage de chevaux de trait, mais les agriculteurs peinaient autrement plus… c’est beau un faucheur, mais ça va mieux avec une tondeuse… et tant pis pour tous ces bruits annexes dans la campagne, moteurs divers qui couvrent le bourdonnement des insectes qui, eux, continuent vaillamment comme « avant »… Bon, ça y est, j’ai fait mon petit couplet à la mamie, je peux continuer ! Et donc, disais-je, nous allons fêter les vendanges, samedi prochain, 20 septembre. Et cette année, paf ! ça tombe en plein dans les journées du Patrimoine. Bêtement, je me dis « tiens, je vais demander autour de moi des photos de vendanges autrefois, et faire un beau panneau « souvenir » de vendanges à Galembrun ». Et bien c’est pas simple ! D’abord, des photos, on n’en faisait pas autant, sinon pas du tout, vu que les agriculteurs d’antan, ils avaient autre chose à faire que poser pour la photo… ce n’est pas comme les dentelières de Burano ou du Puy qui s’installent devant leur maison pour le plaisir des touristes qui, eux, croient dur comme fer que ça leur fait plaisir d’être examinées (souvent sans même un mot gentil ou curieux) comme des extraterrestres… d’abord, des touristes à Galembrun, faut vraiment les chercher, et je vous assure qu’ils ont tort de ne pas venir passer leurs vacances dans notre joli hameau, mais ça c’est une autre histoire, et tant pis pour eux tant mieux pour nous… sauf au moment du festival « Danses pour tous », là on aimerait bien que les touristes comprennent que c’est là qu’il faut être 😉 ! Donc, me voilà partie à la recherche des outils d’autrefois, machines, pressoirs, comportes, tonneaux, fûts, paniers, sécateurs. Quelle affaire ! Entre ceux qui ont tout bazardé « pour faire de la place » (et mettre la voiture à l’abri des vandales campagnards), ceux qui vous disent « oh, c’est au fond de la grange, trop difficile », ceux qui sont tout étonnés que ça intéresse quelqu’un… j’ai tout de même réussi à trouver quelques souvenirs de ces temps anciens, pourtant pas si lointains, 40 ans ? 35 ans ?

Et entre deux toiles d’araignées, tout en haut d’une cuve à vin en brique, chez une voisine j’ai trouvé cette machine que l’on posait sur la comporte pour un premier tri, quelques fûts, de vieilles machines oubliées, un casier à bouteilles que quelques parisiens aimeraient probablement installer dans leur appartement pour faire « vrai »…

Et au fond du terrain, sous son hangar, le vieux pressoir avec lequel Maurice faisait le tour des fermes pour faire le vin des uns et des autres…

Outils d’antan, vieux souvenirs… le monde avance, avance de plus en plus vite vers des machines de plus en plus sophistiquées, la terre subit ces avancées, pour le moment sans trop se rebeller malgré toutes les saletés qu’on lui fait avaler… le plastique remplace les belles comportes en bois, les cuves en inox les gros fûts cerclés, moins de fatigue certes, mais toujours plus vite, toujours plus de rentabilité, toujours plus d’engrais… et nos petits agriculteurs disparaissent, les paysages se transforment… Et à Galembrun, on continue à fêter les vendanges qui ne se font plus, mais qui gardent encore l’image de la convivialité festive… d’antan…

Une maison bourgeoise… savante !

Facile de passer « à côté » de cette maison de famille, sur la place de l’Hôtel de Ville de l’Isle Jourdain (32). maison C.Augé-30déc13_3641Le samedi matin, jour de marché, l’œil (et l’oreille) sont attirés par tellement de couleurs, cris, qu’il est difficile de regarder autre chose que les étals… pourtant sur cette place centrale, il y a deux belles découvertes à faire : le musée européen des arts campanaires (http://www.mairie-islejourdain.com/fr/musee-art-campanaire.asp) et la maison Claude Augé, l’un en face de l’autre. Mais, reconnaissons-le, le musée installé dans l’ancienne halle est beaucoup plus visible que cette maison… Or, ni ‘l’un ni l’autre ne méritent d’être ignorés ! Peut-être qu’un jour je reviendrai vous « parler » du musée, mais j’aimerais que cette page vous pousse à visiter aussi la maison Claude Augé. Ah mais, qu’a-t-elle donc de si extraordinaire ? Une maison de vacances… une maison de famille… des Parisiens qui viennent passer l’été dans le Gers, il y en a, et on n’en fait pas toute une page ! Là, ce serait plutôt une histoire longue de milliers de pages, puisque ce monsieur Claude Augé, si j’ai bien suivi les explications du guide (encore un passionné !), est le créateur du Petit Larousse Illustré. Le « petit », pas l’autre. Mais c’est la même famille, par alliance comme on dit. Bref, madame a apporté la librairie Larousse, et monsieur a fait fructifier… Oui, bon, une grosse maison bourgeoise, quoi ! Mais quelle maison ! Allez, je ne vous fais pas languir davantage, voilà pourquoi j’ai eu un gros coup de cœur pour cette maison « bourgeoise » :

 

Des vitraux, absolument superbes, laissant passer des lumières magnifiques et changeantes au fil des heures, une verrière époustouflante (il va falloir que je trouve un dictionnaire des synonymes, tiens, si je ne veux pas trop me répéter dans les adjectifs enthousiastes!!!). Bon, d’accord, en été, il doit faire bien chaud dans cet espace pour aller des pièces « de réception » aux pièces familiales, puis aux chambres des serviteurs et gens de maison. Et l’hiver, il n’y fait certainement pas très chaud. Donc, pièces de réception en bas, plafonds à moulures, cheminées en marbres, dorures… et beau sol au pied du magnifique escalier. C’est sûr, on n’avait pas peur de « perdre » de la place à cette époque !

Une petite cour intérieure (occupée aujourd’hui par des sarcophages découverts sous l’actuelle zone d’activités de la ville…), et une salle un peu dans le style Moyen-Age idéalisé mélangé avec les arabesques tarabiscotées de la cheminée, sur le manteau de laquelle on découvre l’emblème de la famille, la semeuse, entourée de jeunes hérauts !

Dans cette salle, vous découvrirez l’évolution de la semeuse depuis sa naissance… elle a même été dessinée nue, scandale ! un scandale qui actuellement fait sourire, car pour voir un nu dans le dessin incriminé, il faut vraiment le savoir ou avoir l’esprit tordu. Bref. On trouve dans cette maison les anciens Larousse, les gros, vendus fascicule par fascicule, avec leurs belles enluminures pour les lettres, mais aussi les livres scolaires, où l’on peut voir l’évolution de notre monde. Par exemple, la page moyens de transports : de la diligence des débuts du dictionnaire, il a bien fallu arriver à l’A 390… de la draisienne on arrive à la moto… Et les animaux exotiques, deux superbes planches de dessins… Et les éditions de plus en plus modernes du Larousse, signées de grands noms de la mode, de la peinture, du dessin… Une mine, un régal pour les curieux !

Alors, cette semeuse « nue » qui fit scandale, la voit-on ? Mais oui mais oui…

Avouez que ça ne méritait pas un scandale !

Dans les pièces familiales, de beaux dessins, aquarelles, tableaux, un balcon surmontant la place, avec les visages sculptés des deux filles de la maison, des moments d’Histoire de la région, des souvenirs récupérés ici et là (dont une belle horloge comtoise, à l’histoire étonnante), l’occasion d’apprendre aussi le pourquoi de la taille de la boîte de cachous Lajaunie… maison C.Augé-30déc13_3640Non, je ne vous en dis pas plus, venez à L’Isle Jourdain, prenez rendez-vous pour visiter la maison Claude Augé, si vous ne tombez pas au moins sous le charme des vitraux, j’en serai bien étonnée ! Un lien : http://www.mairie-islejourdain.com/fr/maison-claudeauge.asp , et vous avez tous les contacts pour la découvrir !

Dans mon jardin d’été, bis…

colchique ou crocus? 25août14_3621

 

 

Premier jour de septembre, et qui dit septembre dit presque automne… pourtant, en ce moment, c’est bien l’été ici ! Mais c’est vrai, les colchiques (qui devraient être mauves, non ? et bien chez nous c’est jaune, allez savoir pourquoi ?) sont là, et aussi ces plantes dont je n’arrive jamais à me souvenir du nom, mais qui sont si jolies quand les fleurs commencent à s’ouvrir et passent du vert au rose tendre. Les bourdons semblent en raffoler, comme ils aiment aussi la sauge de Jérusalem, ou la véronique… toutes ces fleurs dans lesquelles ils plongent et en ressortent couverts de pollen !

Et cet après-midi, le jardin bourdonnait… du plus petit au plus grand, chacun faisait son travail, sous l’œil vigilant de certains…je surveille_3612

 

 

 

J’ai bien aimé voir ce bourdon entrer complètement dans une fleur d’althæa, et se dépatouiller pour en ressortir, tout « empollennéisé » bien sûr !

Bref, la nature n’a pas fini de me ravir, qu’elle soit dans nos jardins (même si le nôtre est loin d’être un jardin civilisé…), ou qu’elle soit « sauvage ». Tiens, d’ailleurs, avant que les chasseurs ne commencent à envahir nos bois, il faudrait bien que j’aille y faire un tour, dans nos bois, voir par exemple si notre dragon gardien de la forêt est toujours à sa place, si les sentiers ne sont pas trop ravinés. Car dans 27 jours ce sera la dernière randonnée de l’année à Galembrun… C’est vrai qu’en ce moment je profite plutôt, avec le retour de l’été ( 😉 ) de la baignade quotidienne. Et là aussi, la lumière est si belle, que nous avons droit à de beaux reflets avec lesquels je me suis amusée à jouer hier

Profitons bien de ces jours d’un été enfin arrivé, et souhaitons qu’ils continuent dans un bel été indien, pour le plaisir des yeux, et des jardins !

 

Dans mon jardin d’été…

Même si cette année l’été c’est un jour oui un jour non, le calendrier l’affirme, nous sommes bien en été ! Et dans le jardin, l’herbe est bien verte pour un milieu de mois d’août, mais c’est plus agréable, reconnaissons-le, qu’une herbe presque sèche et marron-beige. Après un petit temps d’hésitation, comme si elles aussi se demandaient si on était bien en été, les fleurs ont finalement décidé que oui, et se sont remises à éclairer tout ce vert… de la véronique bleu foncé presque violet aux roses roses ou jaunes, de la sauge de Jérusalem au « soleil » annonçant le prochain automne, des fuchsias à l’ombre du rosier refuge des oiseaux à la nouvelle véronique rose mauve, des framboisiers aux althæas,

… des insectes butinant et parfois saupoudré de la tête aux pattes de pollen à celui caché, allez savoir pourquoi, sous les aigrettes d’un pissenlit, de la discrète coccinelle au papillon colibri ou au criquet prenant son bain de soleil dans l’althæa, chacun s’ingénie à apporter sa couleur, son bourdonnement, sa vie tout simplement dans notre petit univers…

sans que pour autant notre nouvelle pensionnaire en soit dérangée pendant sa sieste au soleil !10août14_3406

Même l’orchidée dans mon bureau resplendit, et m’offre son bouquet !16août14_3412

L’été à la campagne, 2

L’incontournable visite pour les hôtes vacanciers de notre Mathusine, c’est bien sûr le château de Laréole (« l’été à la campagne, 1 »). Mais pas seulement ! En repartant de Laréole, par exemple, vous prenez la direction de Brignemont, petit village perché sur sa colline. Et si vous venez de Toulouse, vous suivez une belle route de crête, avec (si vous avez de la chance…) tout au fond de l’horizon, au-delà de la campagne gersoise, les Pyrénées ! Si, si, ça m’est déjà arrivé de les voir, et elles sont superbes… il est vrai que cet été, c’est difficile, vu ce temps en zig zag. Donc, écrivais-je, vous allez vers Brignemont.moulin de Brignemont_3354 Et avant le village sur votre droite (si vous venez de Toulouse), ou après et donc sur votre gauche (si vous venez de Laréole), surprise, un moulin, un vrai, avec ses ailes, ses voiles, son toit qui tourne, son meunier qui vous explique (avec le bon accent, pas celui des présenta-trices/teurs de la télé) le pourquoi, le comment, quand, où, et quand vous repartez, au bout de plus d’une heure car on a du mal à partir, vous n’aurez plus qu’une envie : trouver un vrai vieux moulin, le remettre en état et partager votre passion avec les heureux vacanciers qui vous rencontreront ! Parce que c’est de passion qu’il s’agit, et c’est sa passion que vous fait partager (et avec quel enthousiasme, quel humour, quel bonheur !) le meunier.

Je ne vais pas essayer de rivaliser avec le dépliant que vous pourrez trouver dans tout bon office de tourisme de la région… mais, pour celles et ceux qui ne sont pas ici, sachez que c’est d’un monument historique qu’il s’agit. Non, pas le meunier, le moulin ! Car ce moulin est là depuis 1740, rénové en 1856 par Favarol et fils l'ancienne roue_3374, classé en 1991, il a été restauré par son actuel propriétaire. Et  depuis 1996, le moulin tourne au gré du vent, écrase le blé, et produit une farine à l’ancienne, non pas pour la vente, mais pour le bonheur des touristes qui ont osé s’arrêter pour regarder cette merveille : un vrai moulin, dans une vraie campagne !

Des ailes, sur l’armature desquelles, dès le matin, le meunier grimpe pour hisser les voiles. Et regrimpe le soir pour les baisser, les rouler, et les empêcher de tourner pendant la nuit… Souvent, les visiteurs participent à cet exercice, et les enfants ne sont pas les derniers ! Avant, bien sûr, il aura regardé d’où vient le vent, pour faire pivoter le toit (plus de 10 tonnes) avec le gouvernail et le cabestan, et orienter les ailes (16m d’envergure, 4 tonnes…) face au vent. Aujourd’hui, avec ce beau vent d’ouest, tout cela doit joyeusement tourner, et la farine doit couler bien rapidement dans le bac…

Mais on ne se contente pas de regarder « du dehors ». Non, à Brignemont, on visite tout, du sol au plafond, et on participe à tout ! Bon, vous n’aurez pas à monter les sacs de farine jusqu’à l’étage… mais vous devrez grimper les 27 marches taillées dans du chêne, des marches de 1740, c’est dire si le bois est solide ! Et là haut, c’est un ouvrage spectaculaire qui nous attend : le rouet, l’énorme arbre des ailes, la meule courante, la meule dormante, tout cela entrainé, tournant dans de beaux craquements parfois inquiétants, surtout les jours de grand vent…

Et le petit cheval, redécouvert sous un tas de sacs, de paille, lors de la restauration du moulin rythme tout cela au pas, ou au trot, ou encore plus vite, selon la force du vent. Et la farine tombe dans son bac… vous n’avez plus qu’à remplir votre sac en papier, recopier la recette du pain, rentrer chez vous les yeux et les oreilles éblouis, et faire votre pain !

C’est ainsi, il est des lieux bien cachés, dans nos campagnes, qu’il faut savoir trouver, qu’il faut vouloir découvrir, des hommes passionnés qui vous feront aimer d’anciens métiers, devenus de nos jours tellement aseptisés que l’on en oublierait l’odeur du blé, de la farine… Si vous venez dans ce coin, tout proche du Gers mais encore en Haute-Garonne, je vous en prie, faites le détour, allez à la rencontre du moulin de Brignemont, ( www.moulindebrignemont.com ) et je suis certaine que vous ne le regretterez pas !

L’été à la campagne, 1

Me revoici… la folie du mois de juillet est passée : le festival est fini pour cette année ( http://www.festivaldansespourtous.fr , et aussi sur Face Book ),  la maison familiale s’est peu à peu vidée de ses vacanciers « juillettistes », peut-être que quelques aoûtiens auront la bonne idée de venir, on verra bien ! Ces passages sont pour nous, pour moi, l’occasion de faire découvrir les richesses de notre campagne à la famille, aux amis. Et parfois l’occasion de nouvelles découvertes ! Il est un lieu que je ne me lasse pas de visiter, de faire visiter, c’est le château de Laréole, à quelques kilomètres de notre maison. Oh, il n’a pas la grandeur historique des châteaux de la Loire, ni leur majesté ! Mais depuis notre arrivée ici il m’a attirée, émerveillée, même lorsqu’il était en ruine ou presque. Les enfants y ont joué, alors qu’il semblait complètement abandonné, envahi d’arbres, de taillis. Et puis, un jour… des travaux ont commencé. Classé à l’inventaire des Monuments Historiques, restauré par le Conseil Général, ce n’était plus « notre » château secret, mais… il était sauvé ! Tant pis pour les folles histoires imaginées, nous avons dû revenir à l’Histoire. Que l’on se promène dans le parc désormais civilisé ou dans les salles rénovées, l’imagination n’a pourtant pas disparu, car il reste encore beaucoup de pièces à ouvrir… les sous-sols, les cuisines, le deuxième étage… Et même dans le château, ce cabinet de travail continue à m’intriguer, malgré les explications des jeunes guides érudit-e-s qui désormais vous proposent des clés pour connaître le pourquoi et le comment de ce monument.

le château_3205

Château de Pierre de Cheverry, lieu de villégiature, construit par l’architecte Dominique Bachelier de 1579 à 1582, c’est à l’origine un château Renaissance, en forme de bastion, un grand carré, quatre tours, château de défense, dont l’aspect sévère est adouci par l’alternance de brique rouge et de pierre blanche. Défensif, peut-être, mais dès qu’on entre dans la cour, on oublie les bouches à feu et les canonnières pour admirer le logis, et surtout la coursière, d’où devaient rêver les dames en regardant les spectacles donnés dans la cour…

En été, d’ailleurs, des spectacles ont lieu chaque samedi et dimanche, cirque, théâtre, danse, musique, dans la cour, sur les espaces verts, dans le bois attenant, dans les fossés recouverts de gazon où les enfants roulent dans de grands cris de joie… Des expositions « meublent » les salles du château, les chambres de monsieur et de madame, les antichambres, les galeries, chaque année apportant une nouveauté. Cet été, c’est une exposition retraçant « un siècle d’art en Haute-Garonne (1880-1980) », peintures, sculptures, tapisseries.

Spectacles gratuits, visites et entrée libres ou guidées, ce petit bijou mérite vraiment une halte sur le chemin des vacances. Dans la salle de réception la cheminée grandiose vous surprendra, dans les chambres et antichambres les plaques de cheminées retrouvées attendent dans un âtre une nouvelle flambée…, les carrelages des sols, récupérés dans le château et remis en état, les vues sur la coursière ou sur le parc au travers des vitres incitent à la tranquillité, dans l’antichambre de madame de Cheverry les statues se lovent sous un cadre renaissance, et l’escalier monumental espère retrouver sa fonction d’escalier emmenant les amis dans les pièces à vivre familiales…

Et lorsqu’on sort de ces salles (on ne visite que le premier étage, l’étage de réception), lorsqu’on quitte le château par son beau portail où l’on devine les chaînes du pont-levis, on retrouve la nature, domestiquée mais pas trop, le verger, les grands espaces plongeant vers le Gers avec les Pyrénées tout au fond, le superbe platane plus que centenaire… on ne peut qu’avoir envie de prolonger la visite en se promenant tout autour de ce château accueillant, en dépit des vestiges des couleuvrines ici et là !

Plaisir d’autant plus multiplié que, pour venir jusqu’au château, au hasard de votre route, dans les champs, vous avez eu les yeux tout ensoleillés par les couleurs des tournesols…

festival estival…

« Vous chantiez, j’en suis fort aise. Eh bien, dansez maintenant ! »… C’est l’été, les cigales crissent dans les acacias, et même si ce ne sont pas les mêmes que celles de Provence, c’est  bien le signe que l’été est là. Et bien souvent, qui dit été dit festival. Bon, d’accord, cette année, les festivals risquent fort d’être très (ou pas très mais un peu tout de même) perturbés. Et sincèrement, je comprends. Mais point n’est besoin d’aller courir les gros festivals pour que les vacances soient belles et bien faites côté découvertes ! Déjà, pour les familles, il est difficile, à moins d’écorner de façon honteuse son budget, de pouvoir assister à pas mal de spectacles, concerts, que ce soit du classique ou du contemporain, du théâtre ou de la musique. Mais il y a tout de même, dans nos campagnes, des festivals où tout le monde trouve sa place, en famille, en bande, entre amis, ou seul, et qui vous offrent la qualité, le plaisir des découvertes, sans vous bousculer. Tenez, cette fin de semaine, dans le superbe parc de Launac (31330), le festival Wassa’n Africa, vous parle de l’Afrique comme si vous y étiez ! Dépaysement assuré ! Et pour… des spectacles, des ateliers et jeux en accès libre ! Seuls certains stages sont payants (2 stages de percussions). Surtout n’hésitez pas à venir, c’est près de Blagnac, de Toulouse, de Montauban.

Et à partir du 14 juillet, jusqu’au 20 juillet, les danses et musiques du monde seront à l’honneur à Galembrun (31330 Launac), avec le festival « Danses pour Tous ».

Depuis 2010, le festival a grandi… Les Oignons ont participé à la première édition, puis Sarah Avril, Alexia Martin, Maria Robin, les Smocky Eyes, La Chispa, Azulenca et Marie-Soledad Del Cerro, Zou, OC 3, Gustavo Gomez, Guillemette Silvand-Baffert, Lawa Aboubacar, Samara Hilal, Antoine Depuychaffray, (et je dois certainement en oublier, qu’elles/ils me pardonnent) ont participé à ce festival.

Cette 5° édition vous propose de venir rencontrer Simona Jovic, Chahera MC, Julien Vardon, Caroline Achouri, Valérie Romanin, Esmii, Valding, Les Oignons, Ibtissem, Kamel Bala, qui vous aideront à découvrir danses du monde, derbouka…

Du lundi au samedi, danses tziganes avec Simona Jovic ( http://www.simonajovic.com ), mais aussi du lundi au dimanche, chaque après-midi vous propose une nouvelle danse : la danse Gwo Ka, la danse Kalbélia, les claquettes, les danses tribal fusion, le flamenco aux pieds nus, les danses orientales, et un stage de découverte Derbouka.

Chaque soir sera une nouvelle fête, avec des spectacles en entrée libre : deux séances de cinéma, du jazz New Orleans et claquettes, des rencontres en danses du monde, des danses et musiques tziganes, des danses orientales.

Des animations chaque jour pour les enfants (et les parents, s’ils le souhaitent !) avec Julia Bock de « Designers en herbe », des moments bien-être avec atelier de Qi Gong (S. Santa Cruz) et massages (Mon Heure à Moi). Restauration tous les jours (midi et soir le lundi 14, soir du 15 au 19, midi le 20) sur la place. Les pâtisseries des soeurs Bala, pour le plaisir des yeux et du palais, sans oublier les superbes tatouages au henné. Et bien sûr, comme chaque année le concours « Beaux-Arts », sur le thème des tziganes cette fois.

Et comme le premier jour de ce festival est le 14 juillet, ce sera un « bal trad » ce soir-là sur la place avec Valding ( http://www.myspace.com/valdingbaltrad ), bal pour lequel vous pourrez apprendre quelques danses au stage de 19 heures (1 € le stage !!!!!).

Une nouveauté cette année : deux marchés de créateurs, lundi 14 et dimanche 20 juillet, avec des artisans venus de la région, parfois d’un peu plus loin, pour exposer (et vendre) leurs créations.

Un beau festival, cette année encore !

Alors oui… nous n’avons pas un beau barnum, ni un vrai plancher de bal, quand l’orage s’invite l’eau traverse parfois la « salle »… mais nous avons le plaisir, la joie, l’envie de partager des moments conviviaux, des moments de bonne humeur, de vous faire découvrir d’autres mondes, d’autres musiques, d’autres danses, et de faire de vraies rencontres dont le souvenir réchauffera votre année… et vous reviendrez l’été prochain refaire le plein d’énergie, à Galembrun !  Ah… vous voulez davantage de précisions ? http://www.festivaldansespourtous.fr . A la semaine prochaine ?

Vivement la retraite !

Oui, je suis déjà retraitée, « jubilada » comme on dit en espagnol, et avouez que c’est tout un programme, et bien plus joli que retraitée qui ressemble un peu à une fin de bataille 😉 ! Mais c’est terrible, j’ai l’impression d’être encore plus bousculée que lorsque je partais travailler… Même pour une « jubilada », croyez-moi, les fins d’année scolaire sont bien occupées. Quand, en plus, s’ajoutent des dates impératives « pour raisons familiales », les jours défilent défilent, et même pas le temps de sortir l’appareil photo ! Tenez, dimanche dernier, pour la fête du village, je n’ai pas fait une seule photo du spectacle proposé l’après-midi… d’accord, j’y participais un peu, mais j’aurais tout de même pu garder l’appareil pas trop loin, et ben non, le stress du spectacle, peut-être… ah non, tout de même, je ne vais pas recommencer à perdre les pédales pour quelques pas de sévillanas pas totalement « enregistrées » … surtout que là, l’essentiel, c’était le plaisir de danser. Ben oui, j’aime le flamenco, les sévillanes, et ce n’est que depuis que je suis retraitée que j’ai osé m’inscrire aux cours. D’accord, pour le flamenco, c’est un peu tard, et en plus mes genoux ne tiendraient certainement pas le coup ! Mais pour les sévillanas, quel bonheur. Surtout quand on est beaucoup à danser ensemble, comme lors des deux dernières éditions de « Toulouse l’espagnole », sur les bords de Garonne.Toulouse l'espagnole-23jun12_2906 Donc, écrivais-je, dimanche dernier, c’était la fête au village, une fête bon enfant, avec un repas sur la place du village, un bal et le feu de la Saint Jean le samedi soir, et plein d’animations le dimanche, mais pas de ces grosses animations avec musique à fond la caisse, non, des jeux, le spectacle « de fin d’année » des élèves des cours de Guillemette, et une course de brouette pour terminer la journée ! Super ambiance, familiale, conviviale, un moment de plaisir tranquille. Sauf que, quand on est dans les bénévoles qui organisent ça, c’est par moments un peu de « bousculade ». Qui est donc arrivée, cette bousculade, à m’en faire oublier l’appareil photo lors du spectacle !

Mais je m’égare, je m’égare. Or donc la bousculade du retraité, disais-je, fait que j’ai l’impression d’être complètement dépassée par le temps, en permanence. Heureusement, de temps en temps, ces « raisons familiales » évoquées au début permettent de coincer deux ou trois jours qui ouvrent une parenthèse, une pause obligatoire. Pour nous, pour moi, ce furent ces deux journées bisontines, et les deux journées de route qui les ont encadrées. Moment avec la famille, moments avec les amis, balade en ville pendant que les uns et les autres étaient occupés à des choses très sérieuses. L’occasion de retrouver le calme (relatif, avec les jeux des enfants et le manège) du parc Micaud au bord du Doubs, de guetter un échassier (héron ? grèbe ?) en train de pêcher dans la « chute » du Doubs, de découvrir encore de nouvelles curiosités sur les façades des immeubles gris-bleu, de visiter la maison de Victor Hugo et de me dire que mon père avait bien raison de dire que ce type était extraordinaire. Alors, si pour une fois je n’ai pas rapporté des centaines d’images, en voici tout de même quelques unes. Je n’avais pas oublié l’appareil.

Et, sur la route du retour, un petit arrêt au-dessus de Clermont-Ferrand. Une ville que j’aimerais bien aller redécouvrir, aussi ! Les photos sont prises de très loin, mais cette cathédrale noire au milieu de la vieille ville est tellement étonnante.

Voilà. Maintenant, en vue, le dernier spectacle de « fin d’année », dimanche à Grenade sur Garonne, où je vais essayer une fois encore de ne pas mélanger les pas… Puis ce sera la dernière ligne droite avant le festival « Danses pour Tous » ( http://www.festivaldansespourtous.fr ), à Galembrun : il ne nous restera plus que 16 jours avant l’ouverture.

Mais vous verrez, ça vaut vraiment la peine de venir jusqu’ici, du 14 au 20 juillet !!!!!

Entrez donc !

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C’est ainsi : j’aime les portes. Je n’aime pas les clefs, je n’aime pas les portes fermées, les grands portails bardés d’électronique que l’on trouve aujourd’hui… ils étaient plus beaux (et tout aussi dissuasifs je pense), ceux qui étaient bardés de ferrures, avec de belles serrures dont la clef tenait à peine dans la main…

Oui, c’est amusant, les trousseaux de clefs qui tintinnabulent, mais bon, à part montrer qu’on a quelque part des choses précieuses à protéger, à quoi ça rime ??? J’aimais bien, j’aime bien, les maisons entourées d’espace, ouvertes sur la rue, sur l’invitation à entrer.

Je trouve triste de voir que la première chose que fait un nouveau propriétaire c’est s’entourer d’un grillage bien haut, bien voyant. Refus, rejet des autres, s’enfermer, se protéger ? De quoi, de qui ? La semaine dernière, le chien de notre voisin s’est glissé sous la haie pour poursuivre un chat, mais le pauvre n’arrivait pas ensuite à revenir chez lui par le même chemin. Notre voisin restait derrière notre petit portail a appeler son chien… je peux vous assurer que notre vieux portail (datant du temps où nous avions deux gentils chiens que nous ne voulions pas voir disparaître quand nous allions travailler) n’a rien d’un portail dissuasif, et que beaucoup d’habitants du village le savent, mais le voisin n’osait pas le pousser… je crois que maintenant il sait, lui aussi, car il a bien fallu qu’il entre pour récupérer son joli Filou qui ne voulait pas que je l’approche ! Bref… Personnellement, j’ai du mal à résister à l’invite d’une porte ouverte. Je sais, ce n’est pas toujours bienvenu, et peut être considéré comme une intrusion à la vie privée plutôt que comme l’envie de faire connaissance, de partager… un joli jardin, une petite cour fleurie… Alors souvent, je me contente de photographier ces portes, agressives, tendres, lumineuses, accueillantes, tristes, abandonnées, leurs vieux heurtoirs, leurs décorations comme on n’en fait plus, parfois semblant refuser toute intrusion, parfois au contraire invitant à frapper et entrer.

Entrées de palais, d’hôtels, de maisonnettes, Parisiennes, Toulousaines, Islandaises, Chinoises, Ecossaises, de France, d’ailleurs, ouvertes ou fermées, elles sont une tentation à l’imagination, un pied de nez à la logique (comme la porte de cette maison de Mc Intosh à Glasgow), une invitation vers les grandeurs passées, une ouverture sur la douceur présumée d’une maison, un souvenir d’autrefois, une entrée vers la découverte d’un autre monde…

Il y a aussi celles qui ont décidé de se faire remarquer… pour faciliter les recherches des usagers… mais aussi juste pour le plaisir d’éclairer la rue, de faire pétiller les yeux des passants !

Voilà, ce sont « mes » portes, et je n’ai pas fini d’en rencontrer, comme elles n’ont pas fini de me surprendre, me questionner, m’inviter. Lac Mouriscot_2829Mais je ne pense pas vous étonner si je vous dis qu’aux grilles monumentales de palais je préfère cette entrée découverte au bord d’une maison de ma Basquaisie .

Enfin, plutôt que de jouer à l’indiscret lorsqu’une porte est entr’ouverte, faisons nôtre ce proverbe tunisien : « la politesse est une clef d’or qui ouvre toutes les portes », et peut-être les occupants de la maison nous ouvriront en grand leur chez eux ? Nous découvrirons alors peut-être non seulement des trésors d’architecture, mais aussi des trésors de convivialité et d’amitié ?

fantastique nature !

Galembrun champ_2610

 

De retour du repérage pour notre prochaine randonnée, autour de Galembrun. Si d’ici une semaine madame Météo ne nous bombarde pas de pluie, peut-être pourrons-nous passer le Marguestaud… mais pour le moment, nous avons droit aux chutes du Marguestaud, et sauf bottés on ne le passera pas. Et des bottes pour randonner, ce n’est pas tout à fait ça ! J’ai donc dû (encore une fois) rebrousser chemin, et trouver une autre solution. Mais là n’est pas l’objet de cette page, non, si j’ai mis en titre « fantastique nature », c’est que j’ai fait quelques intéressantes rencontres.

Dans le champ voisin de la maison, partie à la recherche de l’orchidée à tête d’araignée (ophrys aranifera), j’ai trouvé une nouvelle orchidée sauvage, qui n’était pas apparue jusque là. Je ne sais pas son nom, il faut dire que les orchidées sauvages sont incroyablement nombreuses, et toutes avec des noms impossibles à retenir… Tenez, cette serapias vomeracea, avouez, drôle de nom tout de même ! un nom bien à la ressemblance de cette orchidée, figurez-vous, qui semble effectivement vomir ! Il y a aussi cette autre orchidée au rose mauve resplendissant, et celle-là, je la retrouve un peu partout dans les environs. Dommage, si les insectes semblent beaucoup l’apprécier, elle ne semble pas apprécier notre terrain, pourtant voisin…

Par contre, ma belle orchidée araignée, a bel et bien disparu. Ou je suis arrivée trop tard ? Ou trop tôt ? Mais la nouvelle est bien rigolote, genre princesse à qui une sorcière aurait jeté un sort, condamnée à voir sortir de sa jolie bouche des rubans tout frisottés…

Et puis et puis… une bellissima demoiselle perchée tantôt sur des ronces, tantôt sur des branches de genêts m’a accompagnée un bout de chemin, quelle merveille toute en délicatesse ! Sans oublier cet insecte aux couleurs du Stade, cette charmante butineuse, et ce papillon difficile à saisir…

Heureusement, l’agriculture intensive est un peu freinée dans mon petit coin de campagne par des (petits, mais combien accueillants) bois, par des collines, et ainsi restent encore préservées quelques beautés de la nature, devant lesquelles j’espère que nos enfants, nos petits-enfants et nos arrière-petits-enfants pourront s’extasier encore de longues années…Galembrun31mai14_2671 et moi continuer à admirer ce rouge si beau des coquelicots ! J’espère !