Un tour d’Islande, 9 : chez Jules

Bon, l’automne n’a pas vraiment compris qu’il avait encore 1 bon mois devant lui avant de s’installer… orages, pluie, vent, zut, quoi, c’est l’été ! 23juin15_Snaefellsness_7963Du coup, fraîcheur pour fraîcheur, je retourne en Islande pour une avant-dernière page. Nous voici donc à côté du volcan de Jules Verne, le Snaefellsjökull. Mais oui, « Voyage au centre de la Terre », c’est là. Nous allons tourner autour de ce glacier souvent ennuagé, embrouillardé. Un ciel plutôt gris au départ, mais qui peu à peu retrouvera ce bleu particulier à l’Islande quand il fait beau. Nous avons décidé la veille, dans notre mini chalet de Miklaholt, de prendre la petite piste qui traverse le champ de lave de Berserkjahraun (ce n’est pas pour frimer que je donne les noms, d’abord je ne les sais pas par cœur et je vérifie sur la carte, mais c’est au cas où une/un des lectrices/lecteurs de ce journal aurait envie d’y faire un tour), où, avis aux campeurs, on peut encore planter sa tente. A condition de trouver un endroit plat. Mais il y en a, car nous avons vu au moins trois endroits occupés, bien au calme, c’est le moins qu’on puisse dire. Montagnes noires, rouges, mousses argentées, lacs, la piste est tout à fait accessible aux véhicules « normaux », et les paysages sont absolument superbes. On est seul au monde… ou presque, car par-ci par-là quelques moutons traversent tranquillement la piste… mais comme ni eux, ni nous, ne sommes pressés, pas de problème ! Petite histoire : cette piste aurait été tracée par deux géants, les Berserkir, pour l’amour de la fille d’un fermier… mais pas très sympa, celui-ci assassina ensuite les deux géants pour permettre à sa fille d’épouser un copain à lui !

Premier village après la piste, Grundarfjördur. Zut, la pluie… le brouillard… dommage, j’avais souvenir de montagnes en pains de sucre, que nous ne verrons pas… Un centre des Sagas rassemble café, petit restaurant, musée, et s’est bien agrandi, ajoutant même un film sur la vie du village, mais il n’y a plus la reconstitution de la maison d’une famille de pêcheurs vers le début du XXème, dommage. On peut y passer un très agréable moment, et les enfants ne sont pas oubliés avec un chouette coin de jeux… Arrêt (toujours avec panneau explicatif) devant le Kirkjufell (un piton surnommé le mont de l’Église), à la sortie du village.

Belle église « en triangles » à Olafsvìk, intéressante.

Arrêt recommandé par un guide à Rif pour une soupe de poissons. Le guide ne mentait pas, accueil très souriant, une cuisine familiale, mais pas facile à trouver bien que le village soit minuscule.23juin15_Rif_7953 Hellissandur est un tout petit port, avec un musée des traditions devant lequel trône une sculpture de pêcheurs père et fils… enfin, on peut imaginer ! Dans le champ de lave derrière le musée, un terrain de foot bien vert a réussi à s’installer malgré les rochers…

Et on entre dans le parc national du Snaefellsjökull. Nous ne sommes pas de grandes « trekkeuses » et donc ne nous sommes pas risquées sur le glacier, ni au cœur du cratère ! Nous avons tranquillement suivi la route, admiré la belle plage dorée de Skardsvìk,

pris des pistes, pour aller jusqu’au phare qui domine la falaise aux oiseaux de Svörtuloft,

traversé des champs de trolls, jusqu’à la belle plage noire de Djùpalònsandur,

admiré le beau profil d’une montagne dont je n’arrive pas à trouver le nom… Hreggnasi, peut-être ?

continué vers le sud pour gagner l’antre de Bàrdur, l’esprit gardien du Snaefells, falaises plongeant dans la mer, milliers d’oiseaux nichant, cherchant leur nourriture, criaillant, tournoyant…

et finalement rejoint notre maisonnette. Le long de la route, les prairies vertes ont succédé aux champs de trolls de la péninsule.

24juin15_Miklaholt_7991Dernière nuit dans ce gîte, un peu surprenant au premier abord (lits superposés pour 6 personnes de moyen à pas gros gabarit + un grand lit double, dans 3 chambres, un salon et un petit coin cuisine où il est difficile de manger à plus de 4 !), mais confortable, et très clair.

Enfin, quand je dis « nuit », tout est relatif, car quelle que soit l’heure, 8 heures, 22 heures, minuit, il fait jour… nous sommes en juin !

Le lendemain, nous partons pour notre dernière étape, Reykjavìk. Arrêt près d’une rivière de pêche, réservée…,

puis à Akranes,

et la capitale est en vue, autour de laquelle je vais tourner près de deux heures sans savoir par où y entrer…

25juin15_Reykjavìk_7998Mais nous avons fini par retrouver la rue de « chez Monique », poser nos valises, et partir pour une balade en ville !

Un tour d’Islande, 8 : Vatnsnes et l’arrivée à l’Ouest

Bientôt ce tour d’Islande sera terminé… j’ai revécu ce circuit avec beaucoup de plaisir, j’ai retrouvé des émotions, des sensations vécues pendant ce voyage. Mais il n’est pas tout à fait fini !21juin15_la route du jour_7866

Nous voici donc arrivées à Hvammstangi, port de la péninsule de Vatnsnes. Le village est agréable, maisons sur la colline au-dessus du port, un café calme et coquet avec des pâtisseries maison et de bons chocolats, jolis jardins souvent décorés, lupins en pleine floraison.

Mais ce dimanche 21 juin, l’été avait décidé de se montrer tout en gris pour notre tour de la péninsule. Comme dans beaucoup d’autres ports, et même si ce n’est plus d’actualité…, le séchoir à poissons, le hangar où il semblerait que du requin soit en train de se transformer, sont installés à côté du port.

Deux figures de phoques sculptées dans du bois flotté nous rappellent que les phoques sont ici chez eux.. . même si on les chasse parfois encore ? En tout cas, les balades en bateau vers les lieux de vie des phoques paraissent assez rentable…

La route longe la côte, plages de sable noir, rochers, collines escarpées, beaucoup de petits arrêts possibles (et nous n’en avons manqué aucun !), signalés, expliqués : le lieu de rassemblement des chevaux Hamarsrétt, histoire de savoir lesquels sont à qui,

des plages et rochers où phoques et eiders cohabitent,

une belle pierre historique en mémoire aux poètes et particulièrement à Gudmundur Bergthorsson (né sur la péninsule),

Je n’ai pas su trouver le chemin menant à Hindisvìk où nous aurions pu rencontrer toute une colonie de phoques, et comme c’était marée haute Hvitserkur avait les pattes dans l’eau… mais nous avons trouvé une ferme isolée qui vendait ses pulls, mitaines, robes, bien sûr fait maison en vraie laine qui gratte…

Et nous sommes arrivés à Borgarvirkì, immense cratère transformé en forteresse vers le 9ème siècle, spectaculaire ! Du haut de ses « remparts », une vue circulaire fantastique sur l’océan et le fjord, les lacs, les montagnes de l’intérieur. Un cratère bien chaotique, roches basaltiques, où là aussi des fleurs têtues s’accrochent.

La boucle est bouclée lorsque nous revenons à la route 1, après avoir longé lacs et prairies.21juin15_péninsule de Vatnsnes_7892 Le lendemain, ce sera la fin des fjords du Nord, sous un magnifique ciel bleu, puisque à Bùdardalur (joli centre d’information – café, qui préparait une exposition sur Eric le Rouge) nous obliquerons vers la côte Ouest et Stykkisholmur, laissant pour une autre fois les fameux fjords de l’Ouest… qui d’ailleurs n’étaient peut-être pas encore tous accessibles. Laxà un peu partout sur la route-piste, bleus déclinés dans toutes les tonalités, une église blanche et rouge au milieu des prairies…

Des myriades d’îles et d’îlots dans la grande baie de Breidafjordur, que nous admirerons du haut du rocher de basalte Sùgandisey qui protège le port de Stykkisholmur.

22juin15_notre gardien à Miklaholt_7916Route vers notre hébergement pour deux nuits, que nous trouvons avec un peu de peine, et après une rencontre insolite… Hélas, lors de la traversée de la péninsule, par l’intérieur, le ciel est passé du bleu pur au gris… si la brume ne s’était pas mise de la partie, nous aurions depuis Miklaholt une vue très dégagée sur la côte, les lagunes…, mais nous serons bien gardées toute la nuit, par le labrador de la ferme !

Un tour d’Islande, 7 : d’Akureyri à Hvammstangi

8août15_prunes du jardin_7687

Journée pluvieuse pour ce samedi d’août… un peu de fraîcheur était bien nécessaire ! Les 8 kg de prunes du jardin (et il en reste dix fois plus…) sont rangés en confitures dans les bocaux, je n’ai plus de coins pour coller mes photos dans les albums (oui, je préfère les albums qu’on feuillette aux albums sur ordinateur), les mots croisés commencent à s’embrouiller dans ma tête, alors je replonge dans l’Islande.

Non, ce n’est encore pas « suite et fin », mais ça viendra forcément bientôt…

Pour le moment, c’est pause à Akureyri, un tour dans la ville. Étonnantes rencontres sur la rue piétonne. Une belle salle de concerts – conservatoire, avec une exposition colorée dans le hall, vue sur le port par les grandes baies du restaurant, un violoniste et un pianiste répétant pour le concert du soir. De jolies maisons, pas d’immeubles. Une grande librairie. De bien beaux tags sur les murs…

Nous y passons la nuit, puis cap vers le port de Hvammstangi, dans la péninsule de Vatnsness. Nous passons donc d’un fjord à l’autre, Eyjafjördur, Skagafjördur, Hùnafjördur, et enfin Mìdfjördur… (vous l’avez sûrement compris, « fjördur » = fjord… simplissime !). La route 1 suit une rivière (à saumons certainement), et au pied de monts enneigés une ferme à l’ancienne aux toits bleus, la maison de Jonàs, est l’occasion d’un arrêt photos

puis nous allons jusqu’au bout du fjord suivant, histoire de faire autre chose que suivre LA route, et traversons de petits villages ports, dont celui de Saudarkròkur, où nous nous sommes posé quelques questions sur notre connaissance des crustacés…

… avant de retraverser un morceau de péninsule vers encore un autre fjord. Arrêt à Blönduos : un restaurant « familial » indiqué sur un guide, et un musée des tissages et des traditions. Un musée bien calme, où nous étions les seules visiteuses.

Et, bien sûr, encore une Laxà… presque bleue sous le soleil (timide) retrouvé.

A nouveau la 1, jusqu’à ce qu’un panneau et deux accueillants personnages bien colorés nous signalent que c’est là qu’il faut tourner pour Hvammstangi.

21juin15_Hvammstangi, notre maison_7686

Agréable maison d’hôtes, gazon et nains de jardin, un joli petit port, et le point de départ pour la péninsule aux phoques, et autres curiosités… le lendemain.

Balade du jour

6août15-Lachapelle_7617Il y a parfois des journées qui ressemblent à des bulles de savon, légères, irisées… et au soir desquelles vous êtes tout simplement « bien ». Ce jeudi en faisait partie. Pourtant rien de particulier, une balade vers le Gers, au programme tranquille : des amis, et faire découvrir à Viera, en vacances ici pour quelques jours, le village de Saint Clar et son « Estiv’ail », puis le village de Lachapelle (dont je vous ai déjà parlé il y a un an…), et – décision de dernière minute – la visite de la Maison du Pastel à Lectoure. La vieille maison de Corinne et Philippe était toujours aussi accueillante, avec son jardin en étage, leurs hôtes toujours aussi pleins de gentillesse. « Estiv’ail » n’est pas aussi important que le concours de l’ail de la fin août, mais tout de même, le village était bien vivant, tourin servi par les agriculteurs de Mauroux, producteurs d’ail, de Floc, de charcuteries régionales, un groupe pour animer les rues et le repas sous la halle : les « Kassla Datcha », du Turbo Klezmer selon leur annonce… Comment, vous ne savez pas ce qu’est le tourin ? Alors, il y a le tourin à la tomate, dans les Landes, et là c’était le tourin à l’ail, autrement dit une soupe… ail revenu dans de la graisse de canard, eau, farine, oeuf…

Petites routes tournicotant pour aller vers Lachapelle, dans le Tarn et Garonne. Minuscule village, un vieux château (fermé) au sommet d’une colline, entouré de quelques maisons, et sur le chemin menant à la chapelle, le jardinier topiaire sous son parasol nous attendait… une église comme un théâtre à l’italienne, toute d’or et de balustrades, plafond peint, faux marbre, Sainte Quiterie, quelques touches de bleu pastel…

Bleu qui nous a finalement entrainés jusqu’à Lectoure, à la Maison du Pastel, pour une visite commentée sur le pastel, ou Isatis Tinctoria. Visite toujours aussi intéressante, la boutique est reposante avec tous ses tons de bleus… grandes cuves où un tissu blanc se transforme en bleu sous nos yeux, en quelques minutes, grâce aux feuilles vertes d’une plante à fleurs jaunes… alchimie étonnante…

Mais pour des détails, et si vous n’avez pas l’occasion d’aller jusqu’à Lectoure et l’ancienne tannerie où s’est installée la Maison du Pastel, allez faire un tour sur leur site : http://www.bleu-de-lectoure.com , ou sur leur page Face Book : https://www.facebook.com/pages/Bleu-de-Lectoure/399152196878599 . Et puis, tant qu’à vous donner des sites, celui de Lachapelle : http://www.lachapelle82.fr , car vraiment cet endroit mérite largement un petit détour ! Nous avons ensuite fait un tout petit tour dans Lectoure, ville qui mérite aussi un détour… la maison des clarinettes, la fontaine Diane ou Hountélie, les vieilles maisons en belle pierres blanches, et où même les serpillères chantent le pastel…

Retour par les routes du Gers, bien virevoltantes, champs de tournesols fatigués sous la chaleur, ou moissonnés, parfois déjà labourés.

Et à l’arrivée, quelques brasses pour se rafraîchir ! 8août15_travaux_7644

Car, même pendant les travaux de rénovation de la plage autour de l’eau, la baignade continue…

Un tour d’Islande, 6 : en route vers Akureyri

19juin15_route vers Akureyri_7561

Une journée de voyage bien tranquille, même pas 100 km, mais finalement j’en ai ajouté un peu, non pas parce que je me suis trompée de route ou que je suis partie en sens inverse, mais parce que le petit port de Grenivìk et la route-piste pour y aller semblaient plus intéressants que suivre la route1 sans se poser de question ! Nous voilà donc embarqués tout d’abord vers Godafoss. Encore une chute ! Oui. Et on a beau en voir et en avoir vu plus de dix, rien à faire, c’est toujours aussi stupéfiant. D’autant plus, ce jour-là, que le ciel était d’un bleu magnifique, et qu’il faisait 17°. Cette première halte de la journée a été le départ de toute une série de « petites » découvertes heureuses, parfois imprévues, jusqu’au point d’orgue : l’arrivée en vue d’Akureyri sur la rive de l’Eyjafjord. Donc, disai-je, Godafoss, la cascade des dieux. Peut-être moins impressionnante que Dettifoss ou Gullfoss ? Un chemin tranquille pour accéder au bord du précipice (là oùThorgeir jeta ses sculptures païennes de dieux nordiques, après avoir déclaré le pays chrétien… on retrouve cette histoire en « BD antique » au Musée National, à Reykjavìk), des anémones, des myrtilliers, des rochers bien sûr… et les cascades, somptueuses.

Nous avons ensuite décidé de pique-niquer au bord d’un lac où les montagnes jouaient au miroir parfait…

Puis avons choisi de quitter la route 1 pour aller jusqu’à Grenivìk. Une superbe idée ! On se serait presque cru dans les Alpes, vallées entourées de sommets encore enneigés, des fermes, des moutons, des sapins…19juin15_vers Grenivìk_7570 Et après quelques km de route-piste, un petit port tout calme, Grenivìk. L’Eyjafjördur d’un bleu intense, les montagnes sur l’autre rive bleutées, un petit musée sur la vie des pêcheurs autrefois, tenu ce jour-là par un jeune garçon très fier de cette Histoire.

Nous avons profité de la halte pour nettoyer la voiture qui, après tous ces kilomètres de semi-piste ET les moucherons de la veille, en avait bien besoin ! D’autant que nous allions « à la capitale du Nord » !

Mais les découvertes n’étaient pas terminées, car sur la route il y avait Laufàs, une ancienne ferme domaniale aux toits gazonnés, des murs en tourbe, façades en grosses pierres, avec son église coquette, entourée de champs bien verts au bord du bleu de l’Eyjafjördur.

19juin15_Eyjafjördur_7595

 

 

Plus qu’une vingtaine de kilomètres au-dessus du fjord, le fjord à traverser,

 

et nous arriverons à Akureyri… lumineuse sous le soleil de cette journée toute bleue !19juin15_Akureyri_7594

Un tour d’Islande, 5 : Myvatn

18juin15_rikmy et bitmy de Myvatn_7560

Que de découvertes en une journée ! La région dite « Myvatn » est extraordinaire.

Alors, oui, il y a des moucherons, et s’ils sont bien agaçants, il suffit de vous envelopper d’une écharpe dans le style touareg, et le tour est joué.

Alors, non, je n’ai pas acheté ce filet d’apiculteur pour me protéger de ces charmantes bestioles, peut-être la saison n’était-elle pas à son apogée côté moucherons, toujours est-il que vraiment nous n’en avons pas saisi l’absolue nécessité. D’autant que myflugur, rikmy et bitmy voletaient surtout dans le coin de Stukustadir lors de notre passage, et presque pas ailleurs.

Première halte de cette journée autour du lac Myvatn, royaume des oiseaux : le musée des oiseaux, à l’ouest de Myvatn. Une construction intéressante qui abrite, dans ce milieu privilégié pour les oiseaux (et les saumons, ne pas oublier la rivière Laxà, une de plus, mais paraît-il la plus fameuse pour saumons et truites saumonées, qui coule dans l’ouest de Myvatn) la collection de Sigurgeir Stefansson. Certes, ils sont empaillés (très joliment, reconnaissons-le), mais on y trouve toutes les espèces qui vivent en Islande, et vous en rencontrerez ensuite certains dans les environs, mais cette fois « en vrai ».

C’est d’ailleurs ce qui s’est passé. Nous avons fait le tour de Myvatn d’ouest en est, en partant vers le sud, et sous un ciel bien bien gris, même un peu pluvieux, nous sommes arrivés à Skùtustadagigar. Sentiers balisés, bien entendu. Des pseudo-cratères, des îlots, le lac, les moucherons, la bruine, les herbes, les mousses, des algues sur le bord du lac, les arbustes en bourgeons, la terre noire, le silence… à peine troublé par les cris d’oiseaux, d’une famille de cygnes tout au fond, et… quelques bus déversant des touristes déguisés en apiculteurs. Non, je ne me moque pas, je comprends que ce soit agaçant ces bestioles qui volètent autour de votre visage, mais pour faire les 100 ou 200 mètres de sentier qui montent vers le sommet, je trouve que c’est un peu exagéré.

Bref. Nous continuons notre circuit, vers l’est : formations de lave, lacs, et… une vraie forêt, à Höfdi ! Sentiers balisés, mais pas que… il faut croire que certains visiteurs ont laissé de mauvais souvenirs dans ce site extraordinaire, car voici la pancarte qui nous accueille : 18juin15_Myvatn_7529La pluie ayant enfin décidé de prendre du repos, nous en profitons pour marcher tranquillement sous les bouleaux, épicéas, rencontrant de temps en temps une minuscule clairière fleurie. Pique-nique sur un promontoire, vue imprenable sur le lac, les petites îles, les klasar (colonnes de lave)… et, lorsqu’on se tourne vers Dimmuborgir, sur les monts enneigés… Un moment de grâce.

18juin15_Myvatn Dimmuborgir_7538Puis c’est Dimmuborgir, « les châteaux noirs », un immense et fantastique champ de lave, sillonné de sentiers (là aussi, des bleus, des rouges, des tranquilles et des plus compliqués…) qu’il vaut mieux ne pas quitter, car les fissures sont nombreuses, et parfois bien camouflées sous ces arbustes rampants pour cause de vent… mais la température (relativement douce ce jour-là) ne décourage pas les insectes, récoltant le pollen sur les bourgeons. Il paraît que dans ces formations bizarres on rencontre les pères Noël Islandais, et je crois bien en avoir reconnu un, déguisé en rocher !

Nous avons fait la boucle de l’église, une balade d’une heure, tranquille, qui nous a entraînées au milieu de champs chaotiques, de pics étonnants, de crevasses, et d’une arche effectivement semblable à un porche d’église.

Ensuite, direction la route 1, vers la zone géothermique et le Nàmafjall. Là, finis les tons noirs et sombres des roches ou de la terre, ce sont presque des dunes dignes du Sahara (enfin… j’imagine, n’y ayant jamais mis les pieds…), dorées, un peu ocres. Et  au pied de ces montagnes, Hverir : paysage lunaire (là aussi, j’imagine…), marmites de boue, colonnes de vapeur, fumeroles, dépôts de minéraux… du bleu, des bleus, du jaune soufre, de l’ocre… et l’odeur bien sûr !!! Odeur de soufre, que nous avions un peu oubliée depuis notre arrivée sur l’île. On la sentait à Reykjavìk, à Seltùn, puis Selfoss, ensuite, le long de la côte, elle avait disparu, pour réapparaître ici, dans la région de Myvatn et à Husavìk. Mais bon, ce n’est tout de même pas insupportable, pas plus que les moucherons 😉 . Et même, tiens, pour faire bonne mesure, nous avons plongé dans les eaux bleues des bains chauds de Myvatn ! Un régal… (désolée, je n’avais pas pris mon appareil…)

Le retour « à la maison », à Husavìk, semble plus court, nous retrouvons les boursouflures de lave, la route-piste, les fermes-serres chauffées, et le port.18juin15_retour à Husavìk_7559

La prochaine étape, c’est Akureyri, la capitale du Nord.

J’ai pris beaucoup de plaisir à revoir cette journée avec vous… et je dois vous avouer que, encore une fois, j’ai gardé quelques découvertes à faire à Myvatn pour… mon prochain voyage en Islande !

Festivités villageoises et estivales

Une pause dans mon tour d’Islande, loin d’être terminé, pour aller faire un tour dans les villages voisins. C’était hier, un dimanche campagnard, avec des amis. Une fête à Launac, une autre au Burgaud… festivités d’hier et d’aujourd’hui…

Musique à fond la caisse (on se demande pourquoi autant de violence) pour tous, et mousse pour le bonheur visiblement des grands et des petits. Tout le monde avait l’air de bien s’amuser, j’ai un peu de mal à comprendre le but du jeu, mais ce doit être une question de génération… en tout cas, c’était l’occasion de faire des photos.

Au Burgaud, il y avait une fête « paysanne », exposition de tracteurs anciens (ça change des expositions de vieilles voitures ! moi, j’ai beaucoup aimé), vide-greniers, dans un grand champ… bonjour les coups de chaud si on n’a pas pensé au parasol… Nous ne sommes pas restés au concours de labour, il faisait vraiment trèschaud !

Il y avait aussi un artisan qui fabriquait de vrais balais d’autrefois, des « cordes à veaux », des piquets… et une vraie « foire à la pezouille » au milieu du vide-greniers.

Les villages sont plein de belles idées pour faire découvrir la vie locale, et c’est tant mieux ! Bon mois d’août !

Un tour d’Islande, 4 : de Pêcheur d’Islande à Husavìk

Encore quelques kilomètres grisailleux (et certains pluvineux) dans les fjords de l’Est avant de traverser vers ceux du Nord… C’est un peu dommage de ne pas avoir de soleil, on a beau dire que « ça a son charme sous un ciel gris », tout de même j’aimerais bien voir cette partie de l’Islande avec un peu plus de soleil ! Donc, à refaire, là aussi 😉 !

Nous longeons la côte par la route 1, de fjord en fjord, de petit port en petit port,

et arrivons à une des curiosités du jour la « Steinasfn Petru » (le jardin de Petra). Petra, une dame qui mérite bien son nom, puisqu’elle a passé sa vie à chercher, trouver, ramasser et collectionner les cailloux de sa région. Et lorsqu’elle a dû partir en maison de retraite, ses enfants, au lieu de bazarder tous ces/ses cailloux, ont fait un musée… sa petite maison, son jardin, tout est joliment entretenu, et pour les amateurs de pierres c’est un véritable paradis !

Dans ce village de Stödvarfjördur, nous avons aussi trouvé (comme dans pratiquement tous les petits villages Islandais) une coopérative, vendant des ouvrages faits par les habitants lors des longs jours hivernaux : de gros pulls, des osselets, des boutons en corne, des gants, des chaussons, de décorations de Noël, etc etc… L’accueil y est toujours sympathique, et au moins vous achetez des pièces uniques. Sans compter que vous faites vivre toute une communauté. Nous y avons vu aussi un hébergement un peu particulier : une église transformée en gîte… dommage, c’était fermé et nous n’avons pu le visiter. Le port suivant est Fàskrudsfjördur (oui, désolée, je ne sais pas comment traduire sur mon clavier le D qui se prononce comme un des deux « th » anglais, et ces D, il y en a beaucoup, alors, pardon pour les puristes de la langue islandaise…). Donc, ce port, je voulais m’y arrêter vraiment, bruine ou pas. Parce que c’est celui de « Pêcheur d’Islande ». En soi, le village est un village comme les autres, rien de bien particulier, si ce n’est que les noms des rues sont écrites en Islandais ET en Français. Il a tout de même été fondé par des marins pêcheurs Français. Et puis, bon, un peu de chauvinisme, de nostalgie, pourquoi pas ? Un café sympa, près du port, genre chalet, sert la soupe du jour et de beaux hamburgers faits maison, l’accueil est gentil, et on vous glisse d’entrée des documents photos en français sur la table pour patienter…

Montagnes embrouillardées, falaises, rochers, et bien sûr oiseaux et moutons, seront nos rencontres entre deux ports, jusqu’au moment où nous prendrons la route « de l’intérieur » vers Egilsstadir.16juin15_vers Egilsstadir_7473 Sur la route, des panneaux annoncent des passages de rennes… que j’ai guettés en vain ! Pas de rennes en juin. Mais de la neige, oui. Et des bourgeons glacés. Et… le soleil pour notre arrivée à Egilsstadir. Un beau centre des sagas (en fait des boutiques où on peut acheter des souvenirs, un peu partout les mêmes d’ailleurs, rien à voir avec les « marchés coopératifs » des villages), avec quelques jolies œuvres d’artistes, un grand lac où vivrait un cousin de Nessie l’Ecossaise, une église tout en haut, dans laquelle une chorale répétait. Un gros bourg calme et agréable.

Que nous avons quitté le lendemain, pour aller jusqu’à la prochaine halte de deux nuits : Husavìk. De belles couleurs dans les montagnes, des moutons bien sûr, des cascades, et la neige, et les panneaux annonçant des rennes. Mais toujours pas de rennes !

Arrêt bien sûr à Dettifoss, encore une chute spectaculaire, mur d’écume, roches, paysage lunaire où les arbres essaient de pousser, mais ne peuvent pousser qu’à l’horizontale… mais ils sont têtus, et s’accrochent à la moindre anfractuosité !, plantes profitant du moindre abri, et toujours ces cailloux sur lesquels les mousses tracent comme des dessins aborigènes. Nous y retrouvons un peu de monde, alors que depuis Jökulsarlòn nous ne voyons plus guère de touristes (sauf au jardin de Petra), quelques fous de randonneurs à vélo que nous trouvons bien courageux sur ces routes… mais peu de voitures. Dettifoss, Selfoss, deux très belles cataractes au milieu de roches, de sable noir…

Je voulais faire le tour de la péninsule de Tjörnes, en prenant une route-mi-piste, hélas, elle est encore fermée à la circulation et je n’ose pas me risquer. Donc, retour sur la route 1, et nous arrivons à Husavìk en passant par Reykjahold. Chaos de roches boursouflées, un peu comme ces craquelures sur les moelleux au chocolat… en tout cas, c’est surprenant et beau. Une série de serres illuminées avant de rejoindre la côte, nous sommes encore sur une zone chaude de l’île.

Et nous arrivons à notre hébergement. Une villa bien coquette mais… en travaux ! Alors, là, inquiétude… tout se passait bien côté hébergements, trouvés sur internet, qu’allait-il se passer ? Tout simplement nous voici logés sur le port, dans une ancienne usine refaite à neuf, grandes chambres, vaste salon, cuisine nickel, salles de bain (heu, là, juste sans plus). Vue imprenable sur les anciens voiliers baleiniers (pour touristes), sur le port, sur les monts enneigés de l’autre rive du fjord. Tout est bien qui finit bien !

17juin15_Husavìk_7506

Balade, un petit verre de blanc en apéritif pour les copines, et demain sera une autre journée de découvertes : Myvatn et ses moucherons, ses bains chauds, ses rochers, ses champs de lave et ses marmites de boue bouillonnante sont au programme.

Un tour d’Islande, 3 : glaces et fjords

14juin_Skaftajellsjökull_7403En route pour trois nouvelles journées islandaises. Au fait, j’ai oublié de mettre les dates de ce voyage, c’était du 10 au 26 juin dernier. Juin est, paraît-il un des 2 mois les plus secs pour ce pays… ce qui ne signifie pas qu’il n’y pleut pas ! Et nous allons en savoir quelque chose au cours de la partie « fjords de l’est », où brume, bruine et brouillard ont fait partie de nos journées. Un proverbe Islandais dit « s’il ne fait pas beau où tu te trouves, attends encore un peu et ce sera pire »… Soyons juste, ce n’est pas tout à fait ce qui s’est passé. Le bleu du ciel apparaissait assez souvent, même s’il était fugace. Et la vraie pluie ne nous a ennuyées que 3 ou 4 jours sur les 15 jours de voyage.

Nous voici donc arrivées à Svinafell, tout près du Vatnajökull. Deux nuits sur place, pour profiter du parc de Skaftafell, de ses balades, et de quelques échappées près des glaces. Premier arrêt, tout au bord du Svinafellsjökull. Un peu de chemin-piste, un petit parking, un sentier qui part, un portillon à pousser (comme on n’est pas des moutons, on y arrive 😉 ), et…

14juin_parc de Skaftafell_7413Ensuite, Skaftafell, avec ses balades pour sportifs de tous niveaux : une « verte » toute tranquille qui mène au pied d’un lac glaciaire et du Skaftafellsjökull (bizarrement, celle-là, je ne l’ai jamais faite… ce sera pour la prochaine fois !), des bleues, des rouges et des noires (pas encore toutes ouvertes celles-là). Nous choisissons de monter jusqu’aux vieilles fermes, Sel, d’où l’on domine l’immense plaine de cendre noire striée de myriades de ruisseaux. Des fermes des années 1800 restaurées par le Muséum National, où vous entrez sans frapper, et où vous pouvez laisser courir votre imagination… Trois maisonnettes en pierres, aux toits engazonnés, à côté les unes des autres, des chambres au-dessus de la maison réservée aux animaux, une partie cuisine/repas/bureau, et une dernière peut-être servant d’entrepôt. Une architecture que l’on retrouve dans d’autres lieux, parfois transformées en petit musée, parfois restaurées pour y vivre, rarement abandonnées. Nous avons rencontré, quelques jours plus tard, une équipe de ces ouvriers très spécialisés, qui nous disaient parcourir le pays pour remettre ces vieilles fermes en état, et cela semble tout de même assez récent.

Donc, nous voici aux Sel de Skaftafell, et de là nous sommes parties pour la deuxième balade du jour (bleue, 5 km), vers Svartifoss. D’un côté la grande plaine noire aux reflets argentés des rivières, de l’autre le glacier, les pics enneigés. Un sentier bordé de myrtilliers (dommage, ce n’était pas la bonne saison…), et comme toujours bien balisé, pour ne pas trop contrarier cette flore qui s’entête à s’installer malgré les dures conditions climatiques !

Et la cascade de Svartifoss, tombant sur des centaines de « tuyaux » d’orgues basaltiques.

Après un passage au seul restaurant du coin (la station service, bien agrandie depuis mon passage d’il y a 5 ans), direction Jökulsarlòn. Le lac glaciaire de James Bond (Meurs un autre jour), et même de Lara Croft : Tomb Raider. Impossible de décrire la beauté du lieu. Même les dizaines de bus et les centaines de touristes qui en descendent n’arrivent pas à gâcher le site. Il faut dire que c’est immense, et que la plupart des personnes restent groupées au même endroit : le point de départ des bateaux amphibies qui leur font faire un tour sur le lac. Ce qui laisse aux curieux et aux petits groupes beaucoup de place ! Glace bleutée, parfois striée de noir, eiders et phoques nageant tranquillement au milieu des blocs de glace tandis que les mouettes criaillaient et tournoyaient entre ciel et glacier, galets décorés de lichens multicolores… Un lieu magique. Je n’exagère pas. Pour peu que le soleil se mette de la partie, c’est encore plus féérique. Ce n’était pas le cas ce jour-là, mais que ce lieu est beau même sous un ciel gris !

Sur la route du retour « à la maison », arrêt souvenir au bord du Breidarlòn, autre lac glaciaire où nous avions campé il y a quelques années… transformé par le tourisme, lui aussi, même si cela se limite à une cahute et des sentiers. Mais il semblerait qu’une randonnée allant de ce lac à Jökulsarlòn soit maintenant balisée… encore un projet pour la prochaine fois 😉 !

Le lendemain, nous repassons par Jökulsarlòn, mais côté océan. Plage de sable noir, blocs de glace entraînés par la marée descendante du lac vers l’océan, une autre féérie !

Ensuite, cap sur les fjords de l’est, jusqu’à notre hébergement du soir : Berunes. Un peu de ciel bleu, beaucoup de brume sur les monts et les falaises, rochers noirs habités de centaines de mouettes, une grande famille de cygnes, la gourmandise du jour : le hùmar (rien à voir avec notre homard, ce sont des langoustines en fait) de Hòfn (pour une fois, nous sommes allées dans un vrai restaurant !)

et… la pluie jusqu’à notre arrivée à Berunes. Mais là, quelle jolie surprise ! J’avais bien vu que c’était un hébergement classé « écologique » etc, mais je n’étais pas préparée à ça :

Une vraie maison, la ferme familiale d’autrefois transformée en gîte super accueillant. Bon, d’accord, j’avais demandé « no bunk bed », et ils avaient oublié… on nous a proposé un autre hébergement, dans une maisonnette, plus luxueux et sans lits superposés !, mais où on ne pouvait pas cuisiner (le restaurant de la ferme semblait très chouette, c’est vrai), donc nous nous sommes contentées d’une petite chambre d’autrefois dans la vieille ferme, mais c’était tellement chaud, coquet, paisible, et les colocataires anglais, espagnol, bien sympas. 15juin15_fjords de l'Est_7440Pour se faire pardonner leur oubli, les propriétaires nous ont apporté des crêpes le lendemain matin, pour le petit-déjeuner !

Tant pis pour la grisaille du dehors, il faisait doux à Berunes… (une adresse à retenir, pour le prochain voyage : http://berunes.is )

Un tour d’Islande 2 : cercle d’or et côte sud

Le « cercle d’or »… de quoi rêver, non ? En fait, c’est le nom attribué aux trois sites les plus connus d’Islande. Est-ce à dire qu’il faut les ignorer, sous prétexte de dizaines de bus débarquant des dizaines de touristes tout au long de la journée ? NON, certainement pas. D’abord, parce que ces sites sont impressionnants. Ensuite parce que si vous ne pouvez rester que 4 jours en Islande, l’Histoire et la Nature se retrouvent dans ce circuit d’une journée. Une chute d’eau sauvage et démesurée. Le jaillissement d’une source chaude, et oui, le fameux geyser… qui au fil du temps (merci les touristes qui jetaient des cailloux dans son « réservoir », l’obstruant et l’empêchant de jaillir) a laissé la place à un geyser moins impressionnant mais plus régulier parait-il, Strokkur. Et Thingvellir, où fut fondé le premier parlement démocratique, l’Althing, immense vallée d’effondrement causée par l’écartement des plaques eurasienne et nord-américaines (qui d’ailleurs continuent à s’écarter de quelques millimètres chaque année…).12juin_0071_vers Thingvellir_7391    Avec comme boussole le glacier Langjökull ! Donc notre troisième journée était consacrée à cette découverte. Départ tranquille (après une petite erreur d’aiguillage de ma part… et ce ne sera pas la seule du voyage ! Jérôme, on ne se moque pas de sa sœur aînée s’il te plaît.), vers l’intérieur des terres. Champs verts, quelques tourbières, et tout au long du trajet le glacier Langjökull en ligne de mire. J’avais encore en tête le récit de H. Laxness « La cloche d’Islande », qui se passe pour une bonne partie dans cette région, et je n’ai pas été étonnée de rencontrer dès le départ deux voyageurs « antiques » !

Nous avons commencé par Geysir. Un grand champ bien délimité, encore en entrée libre (vu le nombre de touristes qui passent, peut-être un jour y aura-t-il un guichet à l’entrée ?), où le fameux Strokkur lance son jet d’eau brûlante toutes les 5 ou 10 minutes. Une magnifique bulle bleue qui semble comme respirer prévient l’arrivée du jet, parfois un peu ridicule, mais il lui arrive d’être impressionnant. Toute la zone regorge de « réservoirs » d’eau bleue fumante, entourés de terre rouge ou ocre. Le centre touristique juste en face s’est bien agrandi, d’ailleurs un peu partout en Islande, près des centres d’intérêt, les boutiques et restaurants ont fleuri, bien adaptées aux lieux, il faut le reconnaître, mais démontrant aussi combien le tourisme devient important économiquement dans le pays… par moments, je me suis demandé si les personnes ne préféraient pas se promener dans les boutiques plutôt que d’affronter la fraîcheur extérieure, choisir des cartes postales d’un Strokkur majestueux plutôt que d’attendre patiemment qu’il daigne s’épancher sous leurs yeux… pourtant, quelle que soit la hauteur de son jet, voir cette nature encore si peu domestiquée est vraiment extraordinaire !

La suite logique c’est Gullfoss. Superbe double cascade, grondement assourdissant (bien plus que celui du geyser), effrayante même par sa grandeur, qui plonge dans un ravin que l’on devine derrière le mur d’écume… Quel que soit le temps, gardez vos cirés, impers, capuches, car vous n’en reviendrez pas secs… Un site classé réserve naturelle après bien des péripéties, menace de barrage sur la rivière par des investisseurs étrangers (déjà, en 1920…), accord heureusement tombé à l’eau – c’est le cas de le dire !

Et j’avais gardé Thingvellir pour terminer cette journée. Un site magnifique. Les Vikings avaient bien choisi leur endroit pour installer leur Parlement. Coulées de lave moussue, lacs, cours d’eau, failles rocheuses, bois…  Devenu le premier parc national du pays, c’est un endroit à la fois sauvage et calme, majestueux, où j’ai ressenti une âme. Oui, cela semble un peu bêta, mais c’est ainsi. Il faut dire qu’entre jugements pour sorcellerie, noyades de femmes « coupables d’adultère » (mais les messieurs, eux ????), et autres joyeusetés, le lieu doit en garder quelques souvenirs. Bref, malgré toute cette Histoire, étonnamment, c’est un site calme et reposant. Beaucoup d’oiseaux, de fleurs sauvages, la rivière Öxara, des cascades…

Bon, mais le Cercle d’Or n’est pas toute l’Islande ! Donc, nous voilà reparties vers notre prochaine étape, Svìnafell, au pied du grand Vatnajökull. Enfin, ce glacier étant aussi vaste que notre Corse, dire « au pied » du glacier est peu précis… disons que nous étions un peu après le parc national de Skaftafell. Mais pour y arriver, il y a eu tellement à voir ! Et sous un ciel bleu magnifique. Chutes d’eau vertigineuses, falaises « éléphantesques » (oui, je ne sais pourquoi ces falaises me font penser à des éléphants 😉 ), oiseaux nicheurs (c’était la pleine période), plages de sable noir, de galets, arches dignes d’Etretat (mais en noir…), trolls figés dans l’océan, orgues basaltiques, volcans enneigés (dont le fameux Eyjafjallajökull), plaines de cendres, prairies verdoyantes, champs de lave moussue, cascades, moutons, mouettes et macareux… La nature n’est jamais figée, en Islande, on la sent vivre. C’est vrai qu’elle est omniprésente. Imaginez, à peine 380 000 habitants sur un pays de 103 000 km2, il reste de la place pour la nature ! Bref, les arrêts ont été fréquents, et les yeux et le cœur enthousiastes tout au long des 280 km.

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L’arrivée à notre halte pour deux jours, une maison au toit bleu, au pied d’une cascade, entourée de prairies et de moutons, sous le soleil, a couronné la journée !