Ô Toulouse…

24août_Toulouse rue de la BourseQuelques heures « en ville », avec Viera, avant son retour à Kiev. C’est vrai qu’elle commence à bien connaître Toulouse, et je me demandais ce que j’allais pouvoir lui faire découvrir ! Mais j’ai trouvé. D’abord un tour à la librairie « Ombres Blanches », avec ses coins et ses recoins, jusqu’à son annexe dans la petite rue Mirepoix. Ouf ! pour le moment, il semble que cette belle librairie ne soit pas en voie de disparition. Puis nous voilà parties dans les petites rues du vieux Toulouse, en évitant soigneusement la rue St Rome 😉 (ce qui n’est pas évident). Je découvre (il est vrai que je ne suis pas allée baguenauder dans Toulouse depuis longtemps) quelques boutiques amusantes au passage, et quelques grafs !

Côté architecture, le quartier offre de beaux choix… l’hôtel Delfau (la boutique du Pastel), l’hôtel d’Assézat, quelques beaux immeubles anciens rénovés,

la maison de l’Occitanie dans la rue Malcousinat et la superbe fenêtre gothique de la cour,

les maisons et l’église de la Dalbade dans la rue du même nom…

La chaleur et l’heure nous ont obligées à revenir vers le centre (dommage pour les quelques beaux Hôtels de cette rue) en essayant de gommer le triste parking du marché des Carmes. Maison Empire place de la Trinité, puis halte rafraîchissement sur la jolie place Salengro (qui nous a permis d’entendre bien malgré nous les déboires sentimentaux de deux demoiselles assises à la table à côté…)

 

( Je ne sais si Viera a eu le temps ou le courage de repartir montrer les hôtels de la rue de la Dalbade à ses élèves, le lendemain, car la canicule ne favorise pas la curiosité…). 24août_Toulouse place Wilson

Mais voilà, il était temps de rentrer, une dernière photo avant le retour, place Wilson : j’avais complètement oublié de vérifier les réglages de l’appareil… la faute à la chaleur ! Goudoulin ne m’en voudra pas trop, j’espère…

Vous (re)prendrez bien une petite manif ?

Non, je ne vais pas à chaque manif poster des photos, vu qu’en ce moment c’est au moins une par semaine, sans compter les « Nuits debout »… mais aujourd’hui, j’avais pris mon appareil photo, malgré un temps incertain. Et finalement, à peine quelques gouttes de pluie, toutes petites, je suis sûre que certains ne l’ont même pas remarqué 😉 . Au départ comme à l’arrivée, la police était là, histoire de nous rassurer…

Moi, je trouve qu’une manif ne peut pas se faire en restant toujours au même endroit, avec les copains, on a trop l’impression d’être juste entre nous. En plus, au début, on est toujours inquiet, il semble n’y avoir que peu de monde, et puis quand ça démarre, qu’on commence à regarder derrière soi, si on est devant, on se sent beaucoup plus entouré…_DSC1585_10877 Alors on part « à l’envers », voir si on rencontre des amis, si les jeunes sont là (oh oui, ils étaient là !), et sur le bord du trottoir, le long du marché des boulevards et en attendant la vague des lycéens et étudiants, certains faisaient une lecture de textes très sérieuse…

On trouve même des Cédétistes, un peu perdus mais bien là, et arrivé au bout ou presque, on réalise que vraiment vraiment la colère est là, et que nous sommes nombreux (958 selon la police ?) et déterminés… Au hasard de mes aller-retour, du début au milieu, du milieu à la fin de la manif, quelques images de slogans, fou-rires, discussions, du monde et encore du monde, et des couleurs.

Et les immeubles, le clocher de Saint Sernin, regardent défiler cette foule bariolée, bruyante, avec sérénité… depuis que les boulevards existent, ils ont tellement vu passer de manifs…

Allez, demain ou après-demain, je vous raconte mes deux journées en Basquaisie, ce sera plus calme !

Géométries urbaines.

Une petite heure « en ville », à Toulouse, une visite dans Grenade… les lignes se croisent, les volutes entourent des statues sans pudeur, les fresques rococo voisinent avec les vitrines rectilignes, la pierre et la brique magnifient les ferrailles style Eiffel de l’ancien magasin « au capitole »,

la façade « art déco » de l’ancien site de « La Dépêche » (enfin, pas si vieux, puisque je l’ai connu là… 😉 ), pierres blanches et boiseries pour l’élégance grand style d’un porche, comme à Paris les immeubles « bourgeois » ont parfois remplacé les anciens hôtels, et les immeubles des années 70 ont avalé les champs et bois du Mirail…

A Grenade, on restaure la halle, on remet à l’honneur la maison commune, mais dommage, on ne peut y grimper…

Lignes droites, balcons en courbes, toits en coupoles, bandeau blanc des frises sur les briques de la ville rose… de la bastide à la ville, urbanisme d’hier et d’aujourd’hui…

Qui peut dire que c’était mieux avant, ou que ce sera pire demain, ou….

Vive le 1er mai !

Si le premier mai est devenu depuis longtemps cette fête internationale des travailleurs que nous connaissons et fêtons aujourd’hui, on trouve aussi chez les Celtes cette date ! Le 1° mai était la date à laquelle on passe de la saison sombre à la saison claire. Depuis 1889, elle célèbre les combats des travailleurs, en mémoire du 1° mai 1886 de Chicago. Histoire avec un grand H ou anecdotes, mélangeant les genres, le muguet en est devenu l’emblème, depuis les Celtes jusqu’à nos jours, en passant par le Moyen Age ! 1°mai_2334

Tant pis pour celles et ceux qui pensent et disent bien fort « ça ne sert à rien », tant pis pour celles et ceux qui préfèrent « honorer » Jeanne d’Arc ce jour-là (la pauvre s’en passerait bien, si vous voulez mon avis), moi j’aime ce jour-là aller marcher avec les « copains », celles et ceux qui croient encore en l’Humain, au vrai partage des richesses, et qui essaient de faire vivre encore et encore la solidarité. L’occasion de rencontrer des ami/e/s perdus de vue, discussions avec l’un, avec l’autre, ambiance détendue et chaleureuse bien plus que revancharde et excitée… 1°mai2014_2353

C’est aussi l’occasion de (re)découvrir la ville… un beau portail par ci, des balcons ouvragés par là, un bar que l’on ne connaissait pas… détails qui, au détour d’une discussion, accrochent l’œil quelques secondes, vous font rester quelques pas en arrière où vous rencontrez d’autres personnes, et c’est reparti…

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J’aime cette matinée de marche, pour toutes ces raisons.

Je souhaite que ce 1°mai vous apporte tout le bonheur possible, et puisque ces brins de muguet représentaient déjà sous les Celtes un porte-bonheur, qu’ils continuent encore longtemps !

Une après-midi à Toulouse

Les vacances en famille se terminent bientôt, sur un bilan « globalement positif » 😉 ! Après la tradition pascale, la visite de quelques villages, la visite à la ferme, restait la visite « à la ville », la grande, Toulouse.Toulouse_2251 Galembrun est finalement idéalement situé, ni trop loin ni trop près de la ville mais suffisamment éloigné. D’accord, la circulation y est tellement calme qu’à peine arrivé à la périphérie de la grande ville on a l’impression d’étouffer, mais tout de même l’habitude n’est encore pas totalement perdue, et on arrive à destination sans trop stresser !!! Et donc, hier, nous voici partis pour une mini visite de Toulouse. D’autant que, qui dit visite d’une ville dit non seulement Histoire, bâtiments et musées mais aussi… les magasins rencontrés sur le chemin d’un monument à un autre. Et on aura beau prendre les ruelles les plus petites, on débouche toujours un moment ou un autre sur une plus grande rue bordée de magasins. Je ne sais pas si vous avez remarqué, que l’on soit à Paris, à Toulouse, à Rome, ou même à Moscou, on retrouve les mêmes marques de magasins, je trouve ça complètement idiot. Les pays n’ont plus aucune identité. Non, non, je ne parle pas là en nationaliste exacerbée, je sais bien que maintenant la fameuse mondialisation permet à tout un chacun, de quelque pays qu’il soit, d’acheter les mêmes chaussures, les mêmes fringues, je sais bien qu’on ne voyage pas pour faire les magasins 😉 , mais ce manque de variété est assez désolant. Bref. Hier donc, nous voici partis à Toulouse. Il y faut plus d’une journée même pour ne visiter que les incontournables ! Et nous n’avions que quelques heures, dont une partie dédiée au Musée des Augustins. C’est dire si ce fut du rapide. Capitole, incontournable, trop souvent négligé, et pourtant… les salles municipales sont belles, amusantes : la salle des mariages avec ses peintures des « âges de la vie », où seul le monsieur semble vieillir, toujours accompagné de jeunes demoiselles toutes plus vives les unes que les autres…, la salle Henri Martin et ses tableaux sur les saisons, sa balade sur les bords de Garonne, et enfin la salle des Illustres toute de faux ors et faux marbres, mais somptueuse. Et ne pas oublier la statue d’Henri IV dans la cour…

Les Jacobins, où l’Histoire se télescope, des Dominicains envoyés remettre sur le droit chemin les Cathares aux armées napoléoniennes qui transformèrent en écuries les chapelles décorées… le spirituel et le terrestre, dans les couleurs des vitraux… et le fameux « palmier ».

L’hôtel d’Assézat, cour, balcon à encorbellement, statues, fenêtres à meneaux. L’Ostal d’Occitània bien caché dans une petite rue du vieux Toulouse, ancien Hôtel de Boysson, cours intérieures, briques rouges et fenêtres ouvragées. Et sur les murs de la maison du Compagnonnage, les petits lapins, image des coursiers des Maîtres…

Et le Musée des Augustins, merveilleux musée. Le choc en arrivant dans le cloître au jardin de style Moyenâgeux, une rangée de gargouilles hurlant dans le vide, et l’orgue de la chapelle magnifique, les statues de terre cuite , les tableaux, les sculptures des salles tout autour du cloître, avec l’attendrissante Vierge de Grasse.

Et après le grand et majestueux escalier, l’arrivée dans le salon rouge aux murs couverts de peintures… grandioses, comme cette entrée de Mehmet II à Constantinople, ou plus intimes, ou un peu osées,

ou… merveille et surprise du jour, le pont du Rialto tout ensoleillé… L. Guardi-Rialto_2181pendant quelques secondes, je suis repartie dans ma ville fétiche… et tant pis si dehors la pluie était de retour, la journée n’en a pas perdu pour autant son atmosphère de bonne humeur !

couleur Toulouse

chapelle des Carmélites

C’est amusant, j’avais pensé ce « cahier d’idées à partager » (c’est plus joli que blog, non ?) articulé surtout autour de Venise. Et en regardant les « tags » (celui-là, je le garde, il me plaît bien), ces sortes d’étiquettes en fin d’article, je vois que Toulouse a davantage la cote… Allons donc à Toulouse encore une fois !

Toulouse et les couleurs… Parce qu’il n’y a pas que la brique qui donne des couleurs à Toulouse, ni les restaurations des beaux immeubles aux balcons désormais bleus (merci, Françoise, pour le rappel !), de tous les bleus. Il y a aussi ses décorations, ses peintures. Celles des églises, dont les murs intérieurs étaient, dit-on, peints de haut en bas, un peu comme la cathédrale d’Albi (joyau s’il en est !). On rencontre d’ailleurs, par-ci par-là, de belles fresques un peu effacées,

dans la rue du Taur une belle entrée de porche, hélas parfois fermée au voyageur curieux, et juste à côté, rue du Périgord, la magnifique chapelle des Carmélites (encore beaucoup de bleus…),

des salles superbes au Capitole, salles qu’il ne faut pas manquer d’aller visiter, l’Histoire de Toulouse comme un livre d’art sur les murs,

au hasard des rues de ce « vieux » Toulouse, près de la place du Capitole, un décor de ce qu’on appelle « les années 30 »,

ou encore des sculptures mêlant pierre blanche et briques, rappelant que quelques riches hôtels étaient là bien avant les immeubles XIX° des boulevards ou les immeubles qui s’installent maintenant autour de la ville (quand ce n’est pas au milieu de beaux vieux immeubles… mais ça, c’était avant !)

De Saint Sernin au Capitole, et jusqu’aux bords de Garonne, levez le nez, ouvrez les yeux, prenez le temps de regarder et… rêvez ! imaginez !

des portes…

Palais de l'Ermitage« une porte doit être ouverte ou fermée », hélas, maintenant elles sont plus souvent fermées, et parfois bien fermées, empêchant les curieux de découvrir des richesses architecturales de notre patrimoine, empêchant surtout le vandalisme que certains se plaisent à pratiquer… chez les autres ! Il y a peu, devant l’impossibilité de traverser notre petit Marguestaud devenu (presque) géant, j’ai emprunté un chemin et me suis retrouvée dans la cour d’une ferme. Nous avons ainsi pu discuter, la fermière et moi, des passages quelque peu désinvoltes de certains randonneurs, cyclo-crosseurs, cavaliers… heureusement, elle ne m’attendait pas injure aux lèvres et fusil chargé, bien qu’elle m’ait avoué en avoir eu parfois envie, tellement certaines personnes sont sans-gêne. Entre personnes de bonne volonté, on arrive toujours à parler, c’est heureux ! Mais tout cela est bien dommage, dans nos campagnes, des murs entourent les fermes, des grillages délimitent les cours, les chemins deviennent des propriétés privées, et dans les villes des verrous cachent définitivement les anciennes cours, les vieux escaliers.

Portes d’ailleurs, portes d’ici… humbles ou royales, c’est toujours un appel à l’imagination, quelles mains ont un jour poussé cette porte ? quelle personnalité se cache derrière cette entrée accueillante ? pourquoi celle-ci est-elle rébarbative, celle-là prête à s’effondrer, cette autre un appel à entrer, ou celle-ci un refus de tout échange ?????

D’Écosse, de Russie, d’Islande, d’Égypte, d’ici ou d’ailleurs, portes de villes, d’églises ou de maisons, habillées ou nues, elles nous tentent avec leurs ferrures, leurs heurtoirs élégants, leurs tags à déchiffrer, parfois nous impressionnent par leur décoration ambigüe…

J’ai lu un jour : « le voyageur est curieux, le touriste est indiscret »… Soyons des voyageurs, restons des curieux discrets et respectueux, et peut-être les portes sauront-elles s’ouvrir un peu plus ???

Les couleurs de Toulouse…

Les couleurs de Toulouse…

009_06fév14_564Certes, Toulouse est rose… du moins c’est ainsi qu’elle est surnommée.

Mais Toulouse est aussi la cité de la violette, fleur discrète s’il en est, envahissante lorsqu’elle se sent chez elle… et dans notre jardin, il est des endroits où elle s’épanouit avec un tel bonheur qu’il est difficile de ne pas en écraser quelques fleurs ! En ce moment, elle est là, et c’est elle qui m’a invitée à vous parler un peu de sa cité… pas en historienne, je n’en suis pas capable, mais en curieuse gourmande de découvertes !

Toulouse pourrait aussi être bleue, elle qui fut un temps reine du Pastel, à la Renaissance, parée d’hôtels construits à la demande des Maîtres Pasteliers de l’époque, et dont les portails, les cours (lorsqu’un code ne les interdit pas au curieux, hélas !), offrent sculptures et décors dignes de palais… Mais voilà, on la dit rose ! A juste titre, je le reconnais bien volontiers, briques des églises, briques des vieilles maisons, briques des quais de Garonne, somptueuses au soleil couchant, c’est vrai, Toulouse ne peut que revendiquer ce surnom !

Quelle que soit la couleur qu’on veut lui donner, rouge et noire pour le rugby, bleu pour les pasteliers (fleurs jaunes, mais dont les feuilles vertes macérées donnent tous ces bleus si tendres, voir ce lien :  http://www.bleu-de-lectoure.com ), violette pour les amoureux discrets, rose pour les cartes postales à l’usage du touriste, prenez le temps de la découvrir, du cœur de la ville jusqu’aux bords de Garonne, 080_23nov10_581 des petites rues autour de Saint Étienne jusqu’aux bords du canal, levez les yeux, soyez curieux, poussez les portes lorsqu’elles le veulent bien, vous découvrirez des richesses d’architecture, des plus grandioses au plus intimes, et vous n’aurez qu’une envie, revenir !

ici…

Qu’on ne s’y trompe pas, je rêve d’aller voir ailleurs, certes, mais j’aime mon coin de campagne, entre Gers et Lomagne, ses petites villes environnantes, et la « grande ville » proche : Toulouse. Une colline boisée en face , des champs aux couleurs variées selon la saison ou les cultures (de notre côté, ce sont plutôt des coteaux, et même si, pour faciliter le passage de leurs monstrueuses machines agricoles, les paysans ont arraché les haies, les vallonnements les empêchent de trop abîmer la campagne), un bois au bout des champs, un ruisseau dans le « vallon »… même par temps gris, je ne me lasse pas de « mon » paysage, de « mon » petit pays ! Les oiseaux y sont encore nombreux, de temps en temps les hérissons traversent le terrain (je n’ose pas dire jardin…), l’herbe est verte, et aucune grande route ne vient nous encombrer les oreilles. !

Quant à « la ville », qui osera dire que Toulouse n’est pas une belle ville, avec ses richesses architecturales, ses cours cachées (hélas, de plus en plus inaccessibles aux baladeurs curieux), sa vie…

Donc, bien sûr que je suis heureuse de vivre ici, de marcher dans cette campagne, de respirer un air pas encore trop pollué (quoique… lors des épandages de pesticides, mieux vaut rester chez soi…), de grimper et descendre dans ces collines, dans ces bois. Mais heureuse, aussi, d’aller découvrir tous ces ailleurs qui me font rêver…