Je reviens, bientôt…

Je dois avouer que ces derniers jours m’ont plutôt bousculée. Difficile de faire la part des choses entre l’émotion, le voyeurisme des medias (enfin, de certains….), écoeurée par les images non-stop que la télé essayait de nous faire prendre pour de l’information, révoltée contre cette barbarie, désorientée par ces haines, sidérée de voir côte à côte tous ces gouvernants pleurant des larmes de crocodile sur une situation qu’ils ont eux-même créée avec leurs guerres au nom de leur prétendue civilisation et leurs armes vendues à tire-larigot, saturée par ces carrés noirs… bref, j’ai eu du mal, tant physiquement (retour des crampes, de la douleur au genou, petit tournis) que psychologiquement (mal pour ces personnes froidement assassinées, mal pour leurs familles). Il y a eu, fort heureusement, quelques écrits qui me semblaient correspondre à ce que je ressentais et « analysais » (à ma façon basique…), mais ne savais pas exprimer. Parmi eux, celui-ci, du vendredi 16 janvier, le billet de Jean-Emmanuel Ducoin dans l’Humanité, intitulé « Hypocrites » :

« Liberté-Egalité-Fraternité » a connu un éclat retrouvé. Mais il y a un  » mais » que nous ne tairons pas. »

Peuple. Il y a des moments, dans la vie d’une République originelle comme la nôtre, où nous attendons que surgisse de l’obscurité l’éclat d’une lumière, une forme de sursaut qui, en tant que sursaut, veut creuser l’espoir et non les tombes. Les médias dominants et les puissants qui les cooptent ou les financent nous ont tellement répété ces dernières années que la « société française » (de quoi, de qui parle-t-on ?) cherchait son « identité » dans les méandres de ses illusions perdues (lesquelles ?) que beaucoup de citoyens de France se sont égarés en impuissance faute de se remémorer des choses simples et fondamentales. Le « Liberté-égalité-Fraternité » titré en une de l’édition spéciale de l’Humanité, un certain dimanche 11 janvier, n’était pas un rappel à l’ordre ronflant ou inutilement donneur de leçons. Bien au contraire. Ce titre, que notre rédaction ne sort pas tous les quatre matins, signifiait juste que par notre ici-et-maintenant se jouait une partie de notre ici-et-demain. Que la réponse démocratique au surgissement d’un événement hors norme devait être si importante, si puissante, qu’il était impensable de ne pas y jeter toutes ses forces, même celles qui venaient à nous manquer. Ainsi, affirmons-le massivement. Dans les rues de France, cette devise Liberté-égalité-Fraternité a connu un éclat retrouvé, une gravité sincère et peut-être même une réalité sociale et populaire que nous n’imaginions pas d’une telle ampleur. Face à l’histoire, oui, l’histoire, ce gros mot objet de tant de railleries, la société française a été à la hauteur du rendez-vous. Enfin, soyons précis : le peuple a été à la hauteur. Le peuple par millions, le croyez-vous. La sincérité contre le calcul. L’émotion contre l’émotionnel. L’union populaire contre l’union nationale et/ou sacrée. La liberté d’expression contre l’obscurantisme. La politique contre la guerre des civilisations. Non ! il ne s’agit pas là d’une vision idéalisée de ce que nous avons tous vu, mais bien – malgré les complexités et l’analyse des conséquences – de l’apparition d’une France citoyenne que nous n’attendions pas aussi combative à l’heure de défendre l’essentiel.

Citoyens. Mais il y a un « mais » que nous ne tairons pas, puisque les non-dits de cette nature ne guérissent pas les contradictions. L’expression du malaise qui suit n’enlèvera rien à ce qui vient d’être écrit plus haut. Car vous aussi, sans doute, avez-vous éprouvé ce malaise, plus ou moins confusément, ce qui ne vous a pas empêché de descendre dans la rue en toute conscience. Oui, vous aussi, vous avez sûrement pensé à l’expression « bal des hypocrites », peut-être même pire, en voyant le spectacle affligeant des récupérations. Ils pleurent des « amis » mais ils ne l’étaient pas. Ils pleurent mais crachaient sur Charb. Ils pleurent mais serrent la main à Netanyahou. Ils pleurent mais ne levaient pas le petit doigt pour sauver Charlie Hebdo du naufrage financier annoncé. Ils pleurent mais reçoivent Fifille-là-voilà à l’Élysée. Ils pleurent mais déroulent le tapis rouge à l’oligarchie financière. Ils pleurent sur nos libertés en danger mais préparent un Patriot Act bien poujado-zemmourien. « L’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu », disait La Rochefoucauld. Un jour – mais ce jour n’est-il pas arrivé ? – il nous faudra tenter de répondre à la question qui heurte de plein fouet tout ce que nous sommes et tout ce nous essayons de bâtir chaque jour : pourquoi en sommes-nous arrivés là ? En attendant, nous avons déjà une certitude, et celle-là se conjugue au futur : le peuple citoyen peut garder la main et maintenir tous les hypocrites sous sa surveillance. Il ne tient qu’à lui, qu’à nous. Oublions l’union nationale ; concentrons-nous sur l’union des citoyens. (http://www.humanite.fr/hypocrites-562888 )

Et quelques autres, que vous pourrez trouver sur ma page face book : https://www.facebook.com/bbordasilvand

13janvier2015_4857Il y a eu tout de même ce beau et lumineux moment, mardi dernier, ciel bleu, soleil, une heure dans mon coin de terrasse préféré avec un bouquin, des mots-croisés, et ma tisane de début d’après-midi aux senteurs indiennes… Mais je vais revenir bientôt à mes ailleurs et ici, je vous avais promis une autre couleur bretonne, elle viendra. En attendant, cette semaine qui débute sera Bisontine puis Caladoise. A bientôt !

PS : pour de bêtes raisons d’internet capricieux, cette page commencée le 16, ne paraît que ce 19 janvier… j’espère…

Noël

Souvenirs..25déc08_4640. et réalités…

Sans vouloir jouer les « de mon temps », j’avoue être assez sidérée de la transformation de cette fête religieuse en fête de la (sur)consommation. Villes (et parfois maisons) rutilantes de lumières à une époque où il serait peut-être plus intelligent de faire des économies d’énergie, magasins obsédés par la vente à tout prix et à tous prix, le Père Noël travailleur précaire par nature ( 😉 ) de plus en plus précarisé, les enfants, hurlant de peur à la vue de cet homme en rouge tout barbu, et dont les parents veulent absolument une photo « mais non, regarde, il est gentil le monsieur » avant que cet épisode se transforme en fessée et cris des parents qui en veulent à leur bambin de ne rien comprendre… Mais où est passée cette fête paisible et pleine d’espérance de mes toutes jeunes années ? Combien fêtent réellement la naissance d’un enfant qui devait révolutionner un monde, selon ce que raconte une certaine religion ?

Il n’est plus besoin de « croire », et cette journée fériée obligatoire pour tous est devenue une course à la démesure. Celles et ceux qui se réclament de la laïcité se gardent bien de dénoncer l’emprise de la religion sur ce coup-là… Il n’y a qu’à voir les parkings des grandes surfaces pris d’assaut, les chariots débordant de cadeaux, de nourriture, la surenchère des présentateurs de produits dans les magasins, pour comprendre que tout est faussé ! En fait, nous sommes passés d’un enfant pauvre né dans une crèche, à un bonhomme dépensier barbu et obèse…

A-t-on vraiment besoin d’une fête à date fixe pour se retrouver en famille ? Mais je me dis qu’au moins une fois par an, grâce à cette date, les liens familiaux se reforment, et, croyant ou non, si, ne serait-ce qu’une ou deux heures, un petit moment de paix est passé sur notre Monde, il justifie effectivement que Noël continue encore et encore… Et peut-être peu à peu la raison va-t-elle reprendre les rennes… 😉 , non, je blague, les rênes bien sûr… et freiner ces débauches de consommation auxquelles beaucoup trop de gens se croient obligés, sous prétexte de traditions ?

Moi, ma tradition, c’était un bon chocolat chaud au retour de la messe de minuit, et le lendemain matin, surprises ! Des surprises qui feraient bien sourire les enfants d’aujourd’hui, et pourtant nous en étions heureux. J’ai souvenir d’un réveil (mais comment donc avaient fait mes parents ?) avec dans notre chambre une armoire neuve, et dans chacun des trois tiroirs une orange (nous étions 3 sœurs)…déc14_4644 et ce fut une joie de ranger chacune ses affaires ce jour-là dans « son » tiroir ! J’ai souvenir d’un après-midi de Noël où nous sommes partis en patin à roulettes de la maison vers la grande plage de Biarritz (5 km environ…), et retour, toutes fières sur nos patins à courroies ! J’avoue, je suis un peu nostalgique de ces Noël simples, et même si depuis j’ai égaré mes croyances sur les chemins de la vie, j’aimerais que les souvenirs de Noël de mes enfants et petits-enfants restent dans leurs mémoires des moments de lumière et de tendresse…25déc13_4641   Joyeux Noël à tous !

Chats

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Les chats et la Mathusine, c’est toute une histoire ! Nous avons toujours eu des chats, plus ou moins campagnards, plus ou moins vadrouilleurs, des roux, des tigrés, des noir et blanc, des panthères, de fières princesses et de vaillants combattants… certains sont arrivés petits, d’autres se sont peu à peu incrustés.

Fin de vacances, et Minette reste chez nous fin août… une chatte grise habituée aux appartements citadins mais qui a vite trouvé la campagne à son goût !10août14_4536 Oui mais… pas la maison, impossible de l’y faire entrer après le départ des vacanciers, et impossible de comprendre pourquoi. Elle a préféré aller s’installer dans la maison mitoyenne, la partie « junior » de la Mathusine, d’où elle vient nous faire de temps en temps un petit coucou, surtout quand il faisait encore bon le matin et que je prenais mon petit-déjeuner sur la terrasse, pour avoir un petit morceau de beurre… pas trop de problèmes de cohabitation avec Noiri, le costaud du quartier, et hôte depuis sa naissance (ou pas loin) de la Mathusine junior. Et assez futée pour avoir compris que si elle était dehors et que personne ne lui ouvrait une porte elle pouvait pousser celle de la chatière ! (ce que n’a toujours pas compris ce brave Noiri…).

Et puis notre voisine, Germaine, a dû être hospitalisée, installée dans une maison spécialisée, et Mounette, adoptée après avoir erré dans le quartier, n’avait plus d’endroit où aller. Quand elle avait débarqué d’on ne sait où, lorsqu’elle entrait chez nous dans le jardin, elle n’allait pas plus loin que la réserve de bouteilles de gaz, et nous l’avions surnommée Butagaz 😉 ! Nous l’avions fait opérer, et elle allait d’une maison à une autre (le coin ici n’est pas très peuplé, il faut dire, et plutôt calme), jusqu’à ce que Germaine la laisse un jour entrer chez elle… Depuis plus de deux mois, Germaine n’ouvre plus sa porte, et tant qu’il a fait à peu près bon, Mounette avait repris ses habitudes baladeuses, mais là, avec le froid, elle a peu à peu mis une patte dans la maison, puis deux, puis quatre, s’est risquée à avancer dans la cuisine, puis dans le séjour, où elle a trouvé « son » fauteuil et s’est bien installée !

Et allez donc essayer de comprendre quelque chose : maintenant que Butagaz se sent chez elle, voilà que la Minette-Grisette vient nous retrouver, timidement pour l’instant, mais…

On dit qu’on ne caresse pas un chat, c’est lui qui accepte de se laisser (ou non !) caresser, mais je connais peu de personnes qui résistent à l’envie de glisser la main sur leur fourrure… Un chat aurait 7 vies, un chat serait indépendant, vénéré par le Égyptiens au temps des Pharaons, diabolisé en Europe au Moyen-Age, synonyme de chance en Asie, célébré par Cocteau, Anouilh, Baudelaire, Desnos, Rostand, et tant d’autres…, que n’a-t-on dit, écrit, sur cet animal !

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 Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin;

(Baudelaire, les Fleurs du Mal)

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 Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Étoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

 

Certains ont « un chat dans la gorge », ont « d’autres chats à fouetter », se contentent d’une « toilette de chat », écrivent « comme un chat » ou se réveillent « dès potron-minet »… j’aime bien l’expression japonaise qui dit « j’ai deux chats dans les chaussettes mais pas le mot dans la tête« , mais le plus simple est toujours d’appeler un chat un chat !

Et chez nous, ils et elles ne sont pas les rois ou les reines, mais pas loin… vous connaissez quelqu’un d’autre, vous, qui ronronne quand vous lui caressez la tête ?

Retour sur images…

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Retour sur ce mois de novembre, un mois entre sourire et tristesse… Le mois commençait pourtant dans la joie, Magali réussissait brillamment sa thèse de médecine, la compagnie de Guillemette donnait son premier spectacle à Toulouse (certes, une petite salle, mais un petit pas hors de nos frontières rurales…),

l’atelier « histoire de l’Art pour les enfants » du mois était complet et plein de couleurs…

Et puis au milieu du mois, le départ de Marie-Claude. Qui nous a tous secoués, arrivant après une belle semaine passée avec elle à Venise en octobre.

Une fois de plus, nous nous sommes retrouvés en famille, avec nos amis aussi, au cimetière de Besançon. Se mêlaient ce jour-là les souvenirs de parents, d’un ami… les mois de novembre de ces dernières années n’ont pas été tendres pour nous. Il est vrai aussi que nous arrivons à un moment de notre vie où nous enlevons davantage d’adresses dans notre carnet que nous n’en ajoutons… les retraités sont peut-être des privilégiés, mais… ils n’ont plus 20 ans, ni 40, et ils ont même plus de 60 ans…

Quelques jours après, nous retrouvions nos amis pour notre traditionnel passage dans le Beaujolais, et là aussi, au milieu des sourires, de la joie de se retrouver, parfois se mêlait de la tristesse, un peu de regret, celui de ne plus pouvoir partager ces moments avec l’un, avec l’autre, partis « ailleurs », si cet ailleurs existe.

Cluny sous le soleil (pour plus de photos sur cette journée, vous pouvez aller sur l’article précédent : Cluny, une balade dans le temps), dégustations dans des caves, soirées spectacles bon enfant dans des salles sans prétention, mais dans une ambiance tellement amicale !

Sur la route du retour à la maison, un beau ciel de fin de mois de novembre, lui aussi partagé entre sourire et tristesse, douceur mélancolique… et, à l’arrivée, les 4 700 kg de bois pour les cheminées à ranger….

et cette fin de journée à Galembrun, toute bleue, promesse de lendemains meilleurs ?ciel du soir_25nov14_4431

En campagne…

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Dernier repérage hier après-midi du circuit de la randonnée « campagnarde » de demain dimanche 28 septembre. Je me suis régalée. Tranquillement, à mon rythme, c’est-à-dire en m’arrêtant pour photographier les arbres, les premières feuilles jaunies, les papillons (et là, il faut beaucoup de patience !!!), les reflets d’ombre et lumière dans le ruisseau, bref… la campagne ! Demain, il faudra probablement beaucoup moins flâner, même si dès le départ je précise bien que nous ne faisons pas une compétition, qu’on est là pour respirer, pour regarder ! Et comme souvent, je finirai bonne dernière une fois la presque fin du circuit arrivée… mais je m’en moque bien. Cette fois, je n’ai pas oublié de marquer les embranchements de la boucle, en décorant de jolis rubans verts quelques branches par-ci par-là.

Dès le départ, on peut faire le tour du circuit avec le regard, premiers coteaux, premier bois tout en bas, vallée et coteau qu’il faudra ensuite regrimper, puis redescendre et remonter…

Ligne de crête de Naples, re-descente dans la vallée, retrouver et longer le Marguestaud et ensuite re-grimper, d’abord par un champ empli de papillons et de fleurs d’automne, puis à travers le bois jusqu’au (faux) plat de fin de circuit. Et dans nos petits bois, le plus court chemin n’est jamais le plus droit… tellement on trouve de petites combes infranchissables !

Ombre et soleil, notre petit Marguestaud nous offre au passage quelques beaux reflets

Dans le bois de Galembrun, après la première descente (plus vraiment ombragée depuis que les haies ont disparu pour faire toujours plus de place aux engins de plus en plus énormes qui travaillent dans les champs), les arbres nous offrent leurs ombrages bienvenus…

Par-ci par-là, quelques lumineuses couleurs nous rappellent que l’automne est là, malgré le beau temps… couleurs magnifiées par le soleil ! Perles et collier de rubis, feuilles d’or, chardon tout échevelé…

Lorsqu’on quitte l’ombre de la forêt, sur la route de Naples, les bas-côtés réservent quelques surprises pour qui aime marcher en dilettante…

Et, avant le retour dans le bois, de l’autre côté de la vallée, juste après avoir passé le Marguestaud, c’est le plaisir des yeux : des centaines de papillons sniffant les derniers sucs des fleurs, se poursuivant, s’envolant en tourbillonnant, dans un champ que j’ai toujours vu en jachère, pour le bonheur des amateurs d’insectes ! Mais… patience recommandée !

Nous voici presque revenus au village… encore un petit bois, avec cette fois un sentier « tortillonnard », sur lequel on finit par se demander si un jour on va en voir la fin, ou si on ne s’est pas trompé de sens… C’est sûr, il serait plus simple de continuer à grimper droit devant, mais… entre les combes et les murs de ronces, mieux vaut suivre gentiment le sentier pour être certain d’arriver sur le chemin du retour sans encombre, et découvrir du haut de la crête le circuit que nous venons de terminer !

sept14-arrivéeN’hésitez pas à venir nous rejoindre pour la randonnée de demain, mais vous pouvez aussi noter les randonnées de 2015, printemps et automne autour de Galembrun : le 6 avril, le 25 mai et le 27 septembre.

A bientôt ?