J’ai l’impression que ce vent d’autan dure depuis… une éternité. Hier, des rafales incroyables, pendant le vide-greniers. Il fallait retenir certains objets, coucher les vases, démonter les portants de vêtements. Des boîtes de puzzle s’envolaient, semant leurs pièces un peu partout sur la place… on en rit au début, un peu plus longtemps si on a un bon moral, mais certains ont plié bagage avant midi. Nous (pour l’association « les arts au soleil ! »), nous avons tenu le coup jusqu’à 15 heures un peu passées, mais lorsque quelques gouttes de pluie se sont fait sentir, nous avons fini par déclarer forfait, avons tout ramassé, et sommes parties (Élisabeth, Nadine et moi) au chaud devant un thé et une croustade ! Mais nous avons récolté de quoi payer les affiches du festival et quelques flyers, ce qui n’est pas mal.
Aujourd’hui, le vent est toujours là, et la semaine a commencé tristement. Même si cet événement nous a permis de retrouver de nombreux amis, le départ d’un jeune de 33 ans est toujours triste et difficile à admettre, surtout quand on est une mère (je suppose que c’est pareil pour les pères). Il est des fois où le retour à la maison (selon la sagesse aborigène) se fait bien trop tôt et bien douloureusement.
Retour vers Rome, un mercredi 27 avril un peu gris. Quelques « incontournables » au menu du jour, dont le Panthéon. Mais nous commençons par un musée, celui du palais Altemps, un des 3 ou 4 palais-musées disséminés dans la ville, faisant partie du Musée National Romain. pas très loin de l’appartement. Petites rues pavées, églises et curiosités tout au long du chemin, comme toujours dans la ville. Magnifique cour, et là encore des salles très aérées, claires, avec dans le palais, les plus belles collections de sculptures antiques rassemblées au XVIIème siècle. Et quelques œuvres d’un artiste contemporain. Je ne vais pas davantage jouer les guides touristiques, mais ne manquez pas ce musée si vous aimez les statues antiques ! Déesses et dieux, éphèbes et angelots, barbares et romains bataillant, frises ou restes de fresques, plafonds et salon d’étude, loggia décorée, chapelle, rien ne manque, même pas une collection de ce qu’on pourrait appeler « des yoyes » (mais de luxe), des nids à poussière, quoi ! (après coup, je crois que j’ai raté le théâtre, qui devrait se trouver en sous-sol, mais je ne me souviens pas d’avoir vu des escaliers descendre…)
Nous nous offrons un retour vers la place Navona, passons devant le Palais Madama (bien gardé par policiers et militaires, c’est le Sénat en fait), petit arrêt à l’église St Louis des Français pour le Mathieu du Caravage et le décor très kitsch du lieu,
et arrivons au Panthéon… Les musées n’étant pas fermés, comme lundi, on aurait pu croire que la répartition des touristes dans la ville était plus fluide… pffff, tu parles ! mais bon, nous faisons consciencieusement le tour intérieur, saluons les rois, reines et empereurs du lieu, admirons l’oculus, et ressortons… aïe la pluie !
Bon, nous en profitons pour manger quelques parts de pizzas, et lorsque la pluie se calme, nous redémarrons. Changement de programme, car tout de même la pluie ne semble pas décidée à s’arrêter complètement, donc via les musei Capitolini (heureusement, à Rome, on a vraiment le choix pour les jours de pluie…). Piazza della Minerva et son éléphant porte obélisque, au coin d’une ruelle un immense pied en pierre, et nous voici au Capitole.
Il faut reconnaître que les musées de nos jours, du moins la plupart, ont fait d’énormes progrès dans la présentation de leurs richesses. Que ce soit à Londres, Reykjavìk, Paris, Rome, Bayonne, Toulouse, bref, un peu partout. Donc, nous voici dans la première partie, le musée des Conservateurs. Rencontre avec les Horaces et les Curiaces, quelques déesses, un gamin s’enlevant une épine du pied, et bien sûr, la Louve et les jumeaux, les Oies du Capitole, une Vénus de plus,
Et Marc-Aurèle, dans sa cage de verre !
Et des restes de statues monumentales… (le gardien n’a pas vraiment apprécié notre mise en scène, mais avouez que c’est amusant. Non ?)
Avant de passer au musée du Nouveau Palais, et après l’étage de la pinacothèque, où je suis allée faire un petit coucou à ma Marie-Madeleine préférée, nous faisons une pause au café tout en haut (et dehors, il pleut toujours…).
Vue sur les ruines de Marcellus, sur Rome, sur les Victoires ailées du monument « meringue » à VERDI (Victor Emmanuel Re D’Italia, bien sûr, pas le compositeur, même s’il a été l’emblème de cette Italie en train de se réunifier).
Quand on est dans le second musée, après le passage en sous-sol, on remonte quelques marches, et on a droit à une vue sur les forum romain depuis l’étage, avec plan et explications…
Puis nous replongeons dans les trésors capitoliens… Stèles funéraires dans le sous-sol qui mène d’un musée à l’autre, et à l’étage, Vénus du Capitole, Dyonisos et autres marbres ne nous laissent pas… (oui, le jeu de mots est tentant, mais je ne le ferai pas !) insensibles.
Retour Via Giulia la tête pleine de tous ces personnages d’antan que nous côtoyons depuis ce matin ! Mais ce soir, ici, maintenant, nous allons retrouver des personnages bien actuels, pour un concert de musique de chambre à l’auditorium Saint Pierre des Cuisines. Belle soirée en perspective, et bonne soirée à vous !
Un petit moment de répit, entre la préparation des panneaux, à installer ensuite sur les routes, pour le prochain Marché des Créateurs (et coller de grandes affiches avec le vent d’autan, c’est pas de la tarte !) et la préparation du repas du soir… alors je replonge dans les souvenirs romains ! Ce lundi 25 avril, le temps n’était pas annoncé très beau, alors nous changeons le programme, et partons au Vatican. J’aurais mieux fait de garder le mercredi comme prévu. D’abord parce que nous nous sommes gelés à faire la queue le long des murs du Vatican (oui, je trouvais que l’entrée n’était pas donnée, alors en plus y ajouter la réservation internet, zut, ça faisait pas mal…), ensuite le lundi tous les autres musées étant fermés il ne reste que le Vatican, et donc les touristes s’y retrouvent (presque) tous ! Bon, pas grave. Surprise, l’entrée est moins chère que prévu : j’étais allée sur le site romemuseum.com (28,50 €). J’avais bêtement oublié d’aller sur le site direct : vatican.va où le tarif est le même que sur place (16 € + 4 € de réservation). La réservation évite tout de même une stupidement longue attente… C’est le début de la journée, le genou est encore en forme, nous montons par l’escalier. Tout le long, une exposition sympa sur les bateaux.
En sortant du métro, nous nous guidons sur les statues de la basilique, qu’on aperçoit au-dessus du mur d’Aurélien, et dès que nous passons la porte San Giovanni, nous découvrons cette imposante basilique, et… le Saint Escalier. Je passe sur ce Saint escalier, que les fidèles montent encore à genoux de nos jours… je reste sceptique sur le fait que ce serait celui qui a été gravi par Jésus dans le palais de Ponce Pilate… à Jérusalem… mais la foi ne se discute pas. Bref. La basilique, porte en bronze, les « armes » de la papauté partout, au plafond, sur le sol, sur les murs, superbe nef, fastueuse décoration, mosaïques dorées dans l’abside et statues monumentales des apôtres. C’est dimanche, c’est Saint Jean de Latran, donc messe chantée, avec du monde, une chorale en toge rouge, des odeurs d’encens.
Comme il n’était pas tard, nous décidons, après avoir repéré les trajets du bus, de nous arrêter aux thermes de Caracalla. Oui, le bus était direct, mais circulaire, donc nous brinquebalons de la via Appia (récupérée après encore une petite marche dans la campagne…) au terminus, puis du terminus aux thermes. Où nous nous trouvons coincés dans la circulation par une course cycliste ! Mais nous nous en sortons, et arrivons enfin à ces fameux thermes. Magnifiques ! Panneaux explicatifs bien fichus, mosaïques. D’accord, ce sont (encore) des ruines, mais que c’est imposant ! Belle « piscine », sauna, vestiaires, salles de repos, de sport, de massage (on imagine…).

Il y a 44 ans, c’est dans cette ville que nous nous sommes rencontrés, Raymond et moi.
Le soleil est toujours là pour notre dernière vraie journée. Nous espérons bien pouvoir profiter dimanche d’une bonne demi-journée, mais la météo annonce de la pluie…
Une journée de balade ici et là, dans Cannaregio, puis San Marco… après tout, c’est le Carnaval, et les costumés sont si fantastiques à découvrir ! Mais nous commençons par du lourd : une fonderie de bronze. Dans Cannaregio, oui oui. Près de la lagune, au cas où ? Nous avions déjà vu cette fonderie (
Nous notons les horaires de visite de la Scuola Grande di San Marco (l’hôpital, en fait, mais on visite l’entrée et les salles du haut, où se cache le musée de la médecine), nous y reviendrons le lendemain. Un « vide-greniers » se tient sur la place, sur le côté de l’église, nous y faisons un tour, et j’y trouve quelques perles de Murano… vraies anciennes ou fausses ?, elles sont jolies, le vendeur est sympa, tant pis, je prends… Après la pause goûter chez Rosa e Salva, nous passons par les petites rues pour admirer le petit palais della Tete, dressé comme un vaisseau sur les rii… avant d’arriver sur le Campo Santa Maria Formosa. Un beau groupe de costumés pose sur les escaliers du palais Grimani. De jeunes garçons jouent au foot dans un coin de la place. Un des costumés ne résiste pas à l’appel du ballon…
Le musée Correr… à ne pas manquer, non plus ! Les appartements impériaux, les richesses du musée, l’Histoire de Venise, tableaux, sculptures, la bibliothèque monumentale, autant de trésors à découvrir, et pourtant je me suis toujours promenée dans ces salles très tranquillement, à croire que peu de personnes ont l’idée de le visiter…
Fin d’une belle journée presque printanière… sinon estivale ! Porte ouverte, jardinage, taille des rosiers, nettoyage des yuccas, pendant que Raymond taillait la treille. Les violettes sont déjà là…
Enfin, nous quittons le Rialto pour San Rocco. Une merveille, que je ne me lasse pas d’aller voir à chacun de nos passages… la salle du haut est magique, tout simplement.
