Patrimoine en Beaujolais

Patrimoine en Beaujolais

Suite et fin (enfin !) de notre petit circuit de septembre 2022, je vous emmène pour une journée dans les Pierres Dorées, en Beaujolais. Et ça tombait juste sur la journée du Patrimoine. Mais même si nous allons dans ce coin depuis plus de 40 ans, les découvertes ne manquent pas ! Ce 17 septembre, visite du Manoir de la Garde à Jarnioux, datant de 1643.

Situé dans le département du Rhône, dans la partie des « Pierres Dorées », le village de Jarnioux ne se contente pas d’un simple manoir, mais comporte, sur la colline en face, un château, ancien château-fort fondé à la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe siècle, profondément remanié du XVe au XVIIe siècle, et entre les deux un ancien réseau de chemin de fer secondaire (1898-1934) à voie métrique, constitué de deux lignes, dont le tracé se situe intégralement dans le département du Rhône (une de ces fameuses et nombreuses lignes qui maillaient notre pays il y a longtemps). J’ai un peu raté la photo de cette voie ferrée, devenue voie verte, mais de la terrasse du manoir on avait une belle vue sur le château de Jarnioux.

Le manoir est un bel ensemble de bâtiments en pierres dorées : une chapelle (en rénovation), une orangerie, une immense salle à la charpente impressionnante (le cuvage), des caveaux, des jardins en terrasse, un panorama sur les monts du Lyonnais, un lieu presque magique !

Bon, j’ai raté toutes les photos de la salle du cuvage, j’en glisse deux prises sur le site du manoir. Car le manoir se loue pour des réceptions, mariages, etc ( https://www.manoirdelagarde.com/ ), organise « les journées des plantes rares » (en avril je crois). Mais moi j’ai tout de suite imaginé un concert de musique de chambre dans cette salle…

L’intérieur est tout aussi intéressant, même si seules deux pièces étaient visibles (et les photos pas simples à faire) : fresques à la chaux, mobilier ancien…

Et cette fois, contre la maison de nos amis, pas de kiwis mais des figues…

Prochaine « mise à jour » : retour vers le passé, juin 2022, balade dans un beau village du Gers. A bientôt !

18 ans en 40…

Si vous passez dans la rue Alsace-Lorraine, à Toulouse, vous ne verrez cette plaque que si vous la cherchez et levez les yeux. Pourtant, elle marque le premier acte de Résistance à Toulouse, celui de six jeunes de 18 ans, membres des Jeunesses Communistes. _DSC0939Le 5 novembre 1940, Toulouse se prépare à accueillir le Maréchal Pétain, nouvellement installé à la tête du gouvernement de Vichy, et dont c’est la première sortie officielle. La ville a un air de fête, les Toulousains sont nombreux dans les rues et manifestent leur joie. Tous ? Non. Un petit groupe de jeunes communistes, a décidé de faire une action d’éclat.  Angèle, Jean, Yves, Marcel, André, Robert écrivent, impriment des tracts, et mettent au point une machine qui les enverra dans la rue, du haut d’un immeuble. Et lorsque le cortège arrive, une pluie de tracts tombe du haut des toits du 13 de la rue : « La jeunesse de France ne veut pas du Maréchal félon ». Les officiels mènent l’enquête, et les 6 amis sont vite arrêtés, emprisonnés, torturés, envoyés dans des camps. Mais ils entrent dans l’Histoire ce 5 novembre 1940, avec ce qui est l’une des premières actions spectaculaires de la Résistance (d’autant plus méritoire pour ces jeunes qu’il était alors interdit au PCF d’agir contre le régime de Vichy, dans le cadre du pacte de non-agression germano-soviétique).

Cet acte de résistance est honoré chaque année à Toulouse. Et ce matin nous étions devant le 13 de la rue Alsace-Lorraine, puis à la Mairie de Toulouse, pour renouveler le souvenir. Les jeunes communistes étaient présents, les moins jeunes aussi, les ami-e-s, Françoise et Robert Bettini, toutes et tous réunis dans une ambiance où les mots Résistance, Liberté, Fraternité, Solidarité se veulent encore et toujours présents, et trouvent encore et toujours de l’écho.

Angèle Bettini-del Rio est partie retrouver son mari et leurs camarades il y a un an presque jour pour jour. Mais nous n’oublierons pas.201505081449-full

https://www.ladepeche.fr/article/2015/05/08/2101041-angele-bettini-j-ai-toujours-cru-a-la-victoire.html   et   https://criminocorpus.hypotheses.org/14008