Vous (re)prendrez bien une petite manif ?

Non, je ne vais pas à chaque manif poster des photos, vu qu’en ce moment c’est au moins une par semaine, sans compter les « Nuits debout »… mais aujourd’hui, j’avais pris mon appareil photo, malgré un temps incertain. Et finalement, à peine quelques gouttes de pluie, toutes petites, je suis sûre que certains ne l’ont même pas remarqué 😉 . Au départ comme à l’arrivée, la police était là, histoire de nous rassurer…

Moi, je trouve qu’une manif ne peut pas se faire en restant toujours au même endroit, avec les copains, on a trop l’impression d’être juste entre nous. En plus, au début, on est toujours inquiet, il semble n’y avoir que peu de monde, et puis quand ça démarre, qu’on commence à regarder derrière soi, si on est devant, on se sent beaucoup plus entouré…_DSC1585_10877 Alors on part « à l’envers », voir si on rencontre des amis, si les jeunes sont là (oh oui, ils étaient là !), et sur le bord du trottoir, le long du marché des boulevards et en attendant la vague des lycéens et étudiants, certains faisaient une lecture de textes très sérieuse…

On trouve même des Cédétistes, un peu perdus mais bien là, et arrivé au bout ou presque, on réalise que vraiment vraiment la colère est là, et que nous sommes nombreux (958 selon la police ?) et déterminés… Au hasard de mes aller-retour, du début au milieu, du milieu à la fin de la manif, quelques images de slogans, fou-rires, discussions, du monde et encore du monde, et des couleurs.

Et les immeubles, le clocher de Saint Sernin, regardent défiler cette foule bariolée, bruyante, avec sérénité… depuis que les boulevards existent, ils ont tellement vu passer de manifs…

Allez, demain ou après-demain, je vous raconte mes deux journées en Basquaisie, ce sera plus calme !

Vous prendrez bien un peu de manif ?

31 mars 2016… DSC_1457_10817« on » l’attendait. Sera-t-elle importante ? Les gens ne vont-ils pas se lasser ? Voilà, on commence à avoir les réponses. Non, non, et non, pas de lassitude. On marche encore, on tient encore les banderoles, on sort les parapluies s’il le faut, mais on y est. Là, bien présent, bien vivant. Avec les copains, avec les collègues, avec les enfants parfois, et même avec nos amis à quatre pattes. Je ne peux vous parler que de Toulouse, ce matin. Les premiers ont démarré à 10h30, les derniers sont arrivés vers 14 heures… plus de 3 heures de manif, bien compacte, énergique. Je n’ai pas eu le courage de faire, comme souvent, le trajet depuis la tête de manif jusqu’à la fin, c’était vraiment trèèèèès loin.

Alors j’ai marché, un peu avec les uns, un peu avec les autres, des territoriaux à l’EDF (ou ce qui était l’EDF), en passant bien sûr par le spectacle. Pris des photos de face, de dos, de près et de loin, distribution de drapeaux, recherche de copines, sourire de retraité, discussions de collègues…

A Arnaud-Bernard, le cortège a dû se séparer pour passer de chaque côté des massifs du rond-point…

Les pancartes, les banderoles passent, cheminots, au loin La Poste (bon, on n’aura pas de courrier aujourd’hui…), les garages (tiens, des nouveaux ?), les hôpitaux, Airbus, 4 copines avec leur banderole perso, les territoriaux…. et tant d’autres !

La pluie s’est invitée vers 13 heures, on a ouvert les parapluies, mis les capuches, et on a continué.DSC_1482_10827.JPGLa Garonne a regardé passer tous ces marcheurs sur le pont des Catalans, imperturbable sous la grisaille, les statues du jardin Raymond IV n’ont pas bronché !, et l’arrivée prévue sur la place saint Cyprien était bien gardée…

Je ne sais si les forces de l’ordre ont dû intervenir, mais elles étaient là, guettant au départ, surveillant à l’arrivée, bottées, casquées, boucliérisées, harnachées comme des va-t-en-guerre, barrant la route, frôlant la provocation. Car franchement, ces salariés ne devraient-ils pas être à nos côtés plutôt que face à nous ? Personnellement, je ne me sens pas vraiment en sécurité quand je les vois ainsi.

Si quelqu’un peut me dire à quelle heure les derniers sont arrivés… moi, je n’ai pas eu la patience de les attendre, mais si j’entends dire « Toulouse, 562 manifestants selon la police », c’est certain, j’aurai du mal à le croire !